Une Zone image dans le Loir-et-Cher, par le photographe Mat Jacob et Monica Santos, commissaire d’exposition

 

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Drowning World Submission from Gideon Mendel for the Robert Gardner Fellowship in Photography.

Au fin fond du Loir-et-Cher, à Thoré-La-Rochette, se trouve un vieux moulin, acquis par le photographe de l’agence Tendance floue Mat Jacob et sa compagne, Monica Santos, qui ont décidé d’appeler le domaine où il exerce son pouvoir d’enchantement « Zone i ».

« Zone i » comme image, inachevée, infinie, inondable, immersive, imprévisible, inachevée, imminente, intemporelle, idéaliste, immodérée, illuminée, iconoclaste.

« Zone i » comme Icare, comme utopie.

Laissé à l’abandon depuis des décennies, bénéficiant, tout est possible, parmi dix-sept autres sites sélectionnés, du Loto du Patrimoine 2019 mis en œuvre par Stéphane Bern, le Moulin de la Fontaine reprend vie pour devenir un espace dédié à l’image et à l’envie de se réunir.

Rénové, il est conçu comme un espace de rencontres, de savoir vivre, d’échanges, de résidences, telle une moderne abbaye de Thélème : fais ce que tu voudras, mais si possible ensemble.

Prévu pour une ouverture de mai à octobre, s’y exprimera le parlement élargi des vivants pour qui l’image n’est pas un fétiche, mais une fenêtre, une proposition poétique, une rage de témoigner, de comprendre et de partager.

Voici donc une nouvelle enthousiasmante : de la culture, mais surtout pas en pot, comme prévenait Nicolas Bouvier.

Les trois dimensions de l’écologie annoncées par Félix Guattari y trouveront naturellement leur place : écologie relationnelle, écologie environnementale, écologie subjective.

Accéder à l’émancipation par une approche libre et commentée de l’image.

Le samedi 4 mai aura lieu un premier événement, alléchant, intitulé « Rencontres Images et Environnement » : on y débattra en bonne intelligence.

Une buvette, des concerts, un espace de restauration, des enfants sauvages accueillis bras ouverts.

Le vendredi 23 juin aura lieu le vernissage d’une exposition de Sarah Moon, La Sirène d’Auderville.

Que demande le peuple ?

Rien.

Tout.

Affiche ZONE I.mminente_bd_DEF

Pourquoi avoir choisi de quitter Paris pour le Loir-et-Cher ? Vouliez-vous reprendre vie au contact de la nature, créer d’autres lignes de sens ?

Nous avons voulu produire une rupture dans le ronron et le traintrain de la vie parisienne… Paris est une ville magnifique, mais elle est extrêmement égoïste, les Parisiens sont des gens magnifiques, mais ils sont otages de leur ego, de leurs névroses et de leurs problèmes d’argent. Donc tout ça est triste… Ici, les choses sont plus simples (à part la bureaucratie, mais c’est une maladie hexagonale). Nous cherchons du sens et un réceptacle pour nos envies de « faire » et de donner à voir. La nature n’est plus abstraite, nous l’avons cherchée et nous l’avons trouvée au Moulin de la Fontaine, au côté de trois îles, sur le Loir. La nature s’immisce dans notre quotidien et impose son rythme. L’association que nous avons créée, Zone i, est dédiée à l’image et à l’environnement. C’est un lieu que nous voulons engagé, autant dans l’artistique que dans l’écologie.

Moulin de la Fontaine.

Par qui êtes-vous aidés concrètement dans votre projet ?

Nous avons programmé cinq événements en 2019. Le planning est chargé et nous ne bouclons pas le budget, mais il faut noter la réceptivité et la confiance de certaines institutions, associations locales et surtout bénévoles, sans qui nous ne pourrions rien faire. L’accueil a été formidable.

Il y a l‘Agglomération Territoires Vendômois, la Mairie de Thoré-la-Rochette, le Programme Leader (Europe), La Région Centre-Val-de-Loire, la SAIF, Figures Libres, Les Promenades Photographiques, Le Comptoir des Cocottes, et de nombreux voisins, et bénévoles du réseau associatif local.

Par ailleurs, le Moulin de la Fontaine a été nominé au Loto du Patrimoine de la Mission Stéphane Bern. Cela veut dire que nous pourrons compter sur un financement qui permettra la restauration des moulins dans le courant de l’année prochaine, et ainsi d’accueillir le public dans de bonnes conditions. De plus, la couverture médiatique liée à cette attribution peut faire venir un large public

A quelles difficultés vous confrontez-vous ?

Travailler trop et être chaque jour confronté à la matière, mais c’est mieux que l’inverse.

Pourquoi n’ouvrir votre lieu que de mai à octobre ?

Parce qu’il y a encore des saisons et elles ne nous permettent pas d’accueillir dans de bonnes conditions.

De quoi allez-vous vivre ? N’est-ce pas suicidaire ?

On ne sait jamais trop de quoi est fait l’avenir et dans nos métiers, on ne sait jamais de trop de quoi on pourra vivre les prochains mois. Concernant le suicide, il y tellement d’autres méthodes plus efficaces… Alors, nous sommes contraints de cultiver l’optimisme.

Propos recueillis par Fabien Ribery

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La Sirène d’Auderville, exposition des photographies de Sarah Moon dans le cadre des Promenades Photographiques de Vendôme, du 15 juin au 22 juillet 2019 – vernissage le 23 juin

Zone i

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