L’Exorciste lit Marcel Proust, par William Friedkin, cinéaste américain

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« J’ai épousé Jeanne Moreau en 1977 dans une mairie parisienne. Moreau était l’une des actrices les plus respectées de sa génération, et l’assistance comptait des célébrités : Jacques Chirac, bientôt maire de Paris, et nos témoins, le réalisateur Alain Resnais, qui m’avait présenté Jeanne, et sa femme, Florence Malraux, la fille de l’écrivain André Malraux. »

C’est peu croyable, et pourtant ?

Le réalisateur américain William Friedkin, second mari de Jeanne Moreau, fut un lecteur passionné de l’œuvre de Marcel Proust, que lui fit découvrir sa belle épouse, lui en lisant chaque jour des passages dans sa vaste propriété de l’arrière-pays de Saint-Tropez.

Imagine-t-on l’auteur de French Connection, de L’Exorciste et de Police fédérale Los Angeles lire et relire pendant plus de dix ans les sept volumes du monumental A la recherche du temps perdu ?

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Publié dans le magazine du New York Times, Dans les pas de Marcel Proust (Editions La Pionnière aujourd’hui) atteste avec beaucoup de sincérité d’un voyage effectué, après lecture de l’ensemble des biographies et essais disponibles, sur les lieux où vécurent l’écrivain et ses personnages, à Illiers-Combray, dans l’appartement du 102 boulevard Haussmann à Paris – qu’occupe désormais une banque internationale -, au Ritz, au lycée Condorcet où le romancier fut élève.

Faut-il comme le pense Sainte-Beuve connaître la vie de l’écrivain pour apprécier l’œuvre, ou convenir avec Proust qu’il y a une disjonction radicale ?

Au Musée Carnavalet, William Friedkin découvre une reconstitution de la chambre du maître, « dont un paravent chinois à sept panneaux ».

« L’appartement d’origine boulevard Haussmann était spacieux mais surchargé de meubles, il comprenait des doubles vitrages et des rideaux de satin bleu matelassés, tirés en permanence. Le couvre-lit était également en satin bleu et il y avait un lustre, qui n’était jamais allumé quand Proust travaillait. La seule lumière venait d’une lampe verte à longue tige, posée sur la table de chevet. »

Le fétichisme serait-il l’un des corolaires de l’amour de la littérature ?

Etudiant les secrets du temps dans sa chambre calfeutrée, Proust est un empereur vivant au centre d’une cité interdite.

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Tenter de l’approcher comme on tend la main vers le feu paraît donc une tentation naturelle, comme de le réinventer aux côtés de l’exubérante Sarah Bernhardt dans une mystification littéraire, ainsi que s’y emploie Nicolas Ragonneau imaginant dans Proust, Commercy 1915 la correspondance que le médecin major Maurice Vendôme aurait pu avoir durant la Première Guerre Mondiale avec sa sœur au sujet du convalescent Proust, blessé par éclats d’obus à la bataille de Verdun – et mourant quelques semaines plus tard des suites d’une mauvaise bronchite.

Le docteur – lettre datée du 10 octobre 1915 : « Mais je t’avoue que je ne comprends pas par quelle aberration un asthmatique dans son état a pu se retrouver au front, d’autant qu’il a plus de 45 ans.. »

A chacun de creuser le mystère.

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William Friedkin, Dans les pas de Marcel Proust, préface de Jérôme Prieur, traduit de l’américain par Nicolas Ragonneau, Editions La Pionnière, 29 pages

Maurice Vendôme, Proust, Commercy 1915, lettres choisies et annotées par Nicolas Ragonneau, Editions La Pionnière, 28 pages

Editions la Pionnière

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Se procurer Dans les pays de Marcel Proust

Se procurer Proust, Commercy 1915

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