Chansons du temps qui ne passe pas, Aragon vivant

« Reviens de nulle part / N’importe où je t’attends » Je vis une passion amoureuse déçue, très douloureuse puisque j’ai tout quitté pour en accomplir la promesse. Je cherche, j’erre, je m’effondre, j’écris quatre articles par jour (j’en ai une cinquantaine en attente, ne vous inquiétez pas, je peux disparaître un moment), je regarde les murs,…

A l’abri de Melancholia, par Gaël Bonnefon, photographe

©Gaël Bonnefon Aux jours inoubliables, de Gaël Bonnefon, publié par sun/sun (Céline Pévrier), est structuré par le principe de l’image manquante, et même des images manquantes. Composé de photographies en couleurs (2009-2021) et en noir & et blanc – les images sont issues d’ateliers ayant eu lieu en 2018 avec des enfants habitant dans le…

Une civilisation des gravats, par Bruce Bégout, philosophe

« Dans cette histoire fluctuante et discontinue, ce qui nous intéresse avant tout, c’est le moment présent, celui de l’architecture à bas coût et de son impossibilité actuelle de former des ruines. Les entrepôts en tôle à bardage qui prolifèrent à l’abord des villes et constituent un élément fondamental du paysage contemporain, et plus généralement toutes…

Tirer les freins d’urgence, pour un écosocialisme, par la revue de(s)générations, et Marine Lanier, photographe

©Marine Lanier « Il nous manque aujourd’hui un manifeste, « une proposition communiste qui donnerait à une mobilisation générale l’appui de figures et de réalisations concrètes », comme l’ont fait Marx et Engels en 1848. Sortir du capitalisme ne veut pas dire ne plus produire ou ne plus travailler, ni faire disparaître la violence et la domination. Les…

Les sables et les suies du temps, par Ben Capponi, photographe

©Ben Capponi L’un des grands sujets de l’art aujourd’hui est celui de la disparition du monde, de ce qu’il reste de ses points d’intensité non médiatisés, de sa quiétude, de son ordre spontané non vicié par les dispositifs d’expropriation mis en place par les structures de contrôle et de domination. En travaillant avec les beautés…

Les jours de haute solitude, par Tereza Zelenkova, photographe

©Tereza Zelenkova Il y a des livres sur lesquels il me faut écrire immédiatement, parce que l’émotion est trop belle, trop intense, trop violente. Parce que je veux la partager, et que c’est comme si ce qui apparaissait soudain, à peine ouvert, était de l’ordre d’un miracle, ou d’un don très précieux, impensable, magique. Mais,…

Duras intime, lettre à Michelle Porte, réalisatrice et amie

India Song, 1975, Marguerite Duras « Le temps a pris la forme de l’espace » (Proust, Contre Sainte-Beuve) Auteure de deux films consacrés à Marguerite Duras (1914-1996), Les Lieux de Marguerite Duras (1976) et Savannah Bay, c’est toi (1984), Michelle Porte fut pendant trente ans (1966-1996) l’une de ses grandes amies, adaptant au cinéma en 2004 pour…

La guérilla de la vieillesse, par Claudio Magris, écrivain

« Toute la vieillesse, du reste, se résume à cela : avancer pour reculer, s’engager en territoire inconnu pour se soustraire à la réalité qui presse de toutes parts, anguleuse et envahissante. » Il faut la littérature, la poésie, les formes artistiques, pour penser le beau et le désastre, la grâce et le démoniaque, la faveur et l’échec….

La présence, l’absence, par Claude Batho, photographe

 ©Claude Batho Morte jeune à 46 ans, en 1981, Claude Batho a laissé une œuvre intemporelle. En 2014 paraissait, aux éditions GwinZegal, en collaboration avec le Musée Nicéphore Niépce, une monographie superbe de son œuvre aux nuances de gris touchant l’âme. On peut penser au mage Boubat, mais la singularité de Claude Batho est d’avoir…

La Mayenne, en silence, par Gaëtan Chevrier, photographe

©Gaëtan Chevrier Il y a trop de bruit, trop de bavardages, trop de faux-semblants partout. Trop de luxe, trop de misère, trop de chic. En sa façon silencieuse, et d’approche précautionneuse du paysage, Les collines boisées, livre de Gaëtan Chevrier, publié aux éditions Sur la Crête (Nantes), est une superbe réponse à l’orgueil et au…

Esprit, es-tu là ? par Bogdan Konopka, photographe

©Jacqueline et Bogdan Konopka Bogdan Konopka est parti bien trop vite, à soixante-six ans, en 2019. Sa passion était intacte, et son regard plus sûr que jamais. Heureusement, son œuvre, représentée notamment par la galerie Les Douches à Paris, est aujourd’hui portée, protégée, diffusée par son épouse Jacqueline Konopka, dont la générosité et la foi…