Eden, île scandinave, par Karl Henrik Edlund, photographe

©Karl Enrik Edlund

Effectuées entre 2004 et 2020, les photographies du livre Eden, de Karl Henrik Edlund, évoquent un domaine appelé ainsi par un grand-père défricheur ayant construit un royaume à taille humaine sur l’une des îles de l’archipel d’Åland, qui en comporte près de sept mille.

En des images de belle lumière et de paix, un petit-fils rend hommage à son aïeul, décédé en 2020.

Eden est une œuvre de délicatesse et de respect, envers chaque être, chaque chose, chaque lieu.

Le livre commence par l’image d’une cabane dans les arbres, petit paradis pour enfants se rêvant Robinson.

Il y a non loin de l’échelle qui y conduit des nappes d’eau, et une végétation épanouie.

©Karl Enrik Edlund

©Karl Enrik Edlund

On pourrait être sur les rives du Mississippi avec Tom Sawyer, mais non, nous sommes entre la Finlande et la Suède, dans un espace secret.

Tout est calme, doux, fécond.

L’eau dialogue avec les roches qui conversent avec les mousses et les végétaux du sous-bois attenant.

La plupart des photographies sont en noir et blanc, rappelant, sans appui de nostalgie, le temps heureux de la jeunesse.

La proue d’une barque, des étamines répandues sur un tissu, le présent est un passé, le passé est un présent, l’avenir est une illusion.

On se réunit pour danser, on joue ensemble lors de fêtes populaires, quelqu’un a sculpté un phoque de pierre.

©Karl Enrik Edlund

Il fait bon, la lumière est résurrectionnelle, il n’y pas de meilleur abri que la confiance envers la vie.

On pourrait être au matin du monde.

En un certain sens, on y est.

Les traces d’un feu, des lichens, des floraisons.

Un peu de neige, des ombres, une barque.

Un adolescent radieux, un oiseau mort, un brochet.

Eden fonctionne par adjonction de signes, de traits épiphaniques, de rais lumineux.

©Karl Enrik Edlund

Tout est stable et tout flotte, la conscience est en éveil, comme les sens.

Il y a équivalence entre la main, l’herbe, le parpaing, les chaussettes qui sèchent, la moire liquide où glissent les âmes.

Parce qu’ici tout est vibration dans l’unité, échos paisibles, œuvre du divin.

Un serpent s’avance, il ne fait pas peur, il est simplement superbe.

Le péché originel n’existe pas encore.

Karl Henrik Edlund, Eden, éditing and design Karl Enrik Edlund, Gösta Flemming, Journal (Sweden), 2022 – 500 copies

©Karl Enrik Edlund

https://journal-photobooks.com/products/karl-henrik-edlund-eden

©Karl Enrik Edlund

https://www.henrikedlund.fi/

Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Avatar de AnneSol Glr AnneSol Glr dit :

    Trés beau mais 350E, c’est un peu cher. Dommage…

    J’aime

Laisser un commentaire