Mais où sont passées les palombes ? Pays basque, par Hélène David, photographe

le

©Hélène David

« Les gens de la terre ne sont pas assez savants pour penser de travers. J’ai lu cette phrase dans un livre sur les paysans. »

Publié sous trois couvertures de formats et papiers différents et jolie reliure écolière fil rouge, Buru Beltza, d’Hélène David, est une exploration géopétique du territoire basque.

Cet ouvrage comprenant des images de l’auteure, des documents d’archive et des poèmes traduits en français se présente comme un gros cahier de recherches foisonnant et multiple.

©Hélène David

Il y a ainsi dans Têtes noires de l’ethnologique, de l’anecdotique, du scientifique, du mythologique, du polyphonique.

Les images sont saisissantes – ciels, mers, nuages, animaux, formations géologiques.

On s’approche de la grotte d’Harpéa et de ses plis anticlinaux, le chaos est organisé, pas loin de là il y a des pottocks, les Basques viennent de très loin, on ne connaît pas vraiment l’origine de leur langue.

Des paroles d’habitants parsèment Buru Beltza, la brebis est un repère dans le paysage, sa laine une nuée douce.

©Hélène David

Le pays de Quint est merveilleux, mais ne révélez cela qu’à vos amis les plus proches.

Collines très vertes, humidité, terre des morts.

« Si tu vends la terre, tu vends le cimetière. La terre n’est pas à vendre. Terre vendue, terre perdue. Lur saldua, Lur galdua. »

Composé de douze chapitres comprenant photos et textes (concernant les sols, les animaux, l’histoire du peuplement, les broussailles…), le beau livre d’Hélène David offre du Pays basque une vision riche, complexe, éloignée de tout pittoresque.

©Hélène David

C’est une œuvre certes informative, mais avant tout ouverte à l’imaginaire, à l’interrogation, au gai non-savoir.

On y navigue au gré de ses désirs, suivant l’ordre des pages ou de façon aléatoire, tout va.

L’écrivaine Itxaro Borda a inventé des séries de haïkus : « Un épais brouillard / Dévore la montagne / Sons de cloches », « Epine dorsale / Verte du sentier rouge / Cailloux blancs », « Des rivières / Naissent du ventre calcaire / Des Arbailles »

Les têtes noires apparaissent de nouveau, vigoureuses, drôles, grégaires.

©Hélène David

On saigne quelquefois les bêtes, il faut du sang pour un dîner de gala, ou simplement le repas du soir.

Ouvrage issu d’une enquête documentaire approfondie, Buru Beltza est un livre où l’émotion et le respect envers la terre basque sont palpables.

Tout n’est pas expliqué, il y a du silence entre les images et les pages, et un mystère outrepassant toute tentative d’épuisement d’un lieu.     

Hélène David, Buru Beltza, Têtes noires, recueil de paroles Hélène David, postface et haïkus Itxaro Borda, accompagnement à l’écriture des textes Sophie Crepon, relecture de la langue basque Pantxoa Etchegoin, photogravure Guillaume Geneste, édition Céline Pévrier, sun/sun éditions, 2026, 152 pages

©Hélène David

https://helenedavidphoto.com/

https://sunsun.fr/

https://sunsun.fr/editions/buru-beltza-tetes-noires/

Laisser un commentaire