
©David Tatin
Amitiés sauvages, de David Tatin, est un essai visuel sur notre relation et interconnexion au vivant.
Comprenant des images de nature hybride, et des tirages relevant de procédés anciens (cyanotype, tirage lith ou approchant), cet ouvrage singulier propose une méditation très belle, très riche, sur la place de l’humain au sein de la nature.
Pauvre humain semblant en exil quand tout resplendit de présence : les bois, les montagnes, les ciels, les astres, les surfaces aquatiques.
Nous marchons, arpentons, randonnons avec effort, quand les autours, par exemple, s’appuient sur le vent.

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Entrer en amitié avec le sauvage, c’est accepter de perdre son hubris, et chercher l’unisson entre le battement de notre cœur et celui du vaste espace qui nous environne.
Ne pas trop penser, ou pas du tout, être là, en conscience, dans le souffle.
On respire ensemble, on se regarde, on se laisse basculer.
Amitiés sauvages est le portrait effleuré de quelques femmes et hommes ayant tissé des liens avec le vivant, ne pouvant rester passifs face au désastre écologique en cours.

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Relié à la Suisse pour une lecture aisée, c’est un livre de grande beauté calme accordant une place prépondérante à la lumière comme source vitale.
Bijan, qui est franco-iranien, regarde planer les vautours en Provence, pensant aux onagres de Perse.
Morgane élève des vaches en montagne, « une race atypique qui pâture en forêt ».
Lionel est amoureux des forêts : « le voilà tous sens ouverts, silencieux, attentif, aussi ancré et légitime que la mousse aux écorces. »

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David Tatin photographie des grottes, des densités végétales, des troupeaux d’ânes, des nuits bleutées, des mares, une impression de monde premier, inentamé.
Lauriane connaît les secrets de la Sainte-Victoire, elle y emmène les cœurs purs.
Le naturaliste Guillaume observe les oiseaux d’un marais ouessantin.
Laurent court seul sur les sentiers arpentés, retrouvant peut-être en lui une sorte de part animale.
Pluie d’étoiles filantes, jumelles, chevreuil.

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Libellule, grenouille, serpent.
Renard, pierrier.
Florence est la gardienne d’un espace protégé.
Pierre a 70ans, il surfe, rien de mieux.
Gregory quant à lui « est manœuvre dans une société qui produit des huiles essentielles dans le Lubéron. »
Marion s’enchante de la vie revenue sur les terrils du Nord.
Thibault enseigne à sa fille Charline l’art de photographier les animaux.

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En vélo, Eliane s’émerveille de ce qu’elle voit, sent, respire.
Amitiés sauvages – titre oxymorique – mêle les portraits et les paysages dans un ensemble témoignant d’une grande sérénité et d’un respect immense envers les éléments naturels.
Entrer en amitié avec un chien, une chouette, un homme ou une femme de passage.
En postface, le philosophe Guillaume Bagnolini écrit très justement : « Développer des amitiés sauvages suppose avant tout un déplacement du regard. Il s’agit de quitter une posture de surplomb pour entrer dans une manière d’être au monde qui reconnaît l’épaisseur, la sensibilité et l’agentivité des autres vivants. »
Par son art de l’attention au sensible, le livre de David Tatin fait du bien, et donne espoir.

David Tatin, Amitiés sauvages, introduction et textes David Tatin et Jean-François Azens, essai philosophique Guillaume Bagnolini, design Bureau Process, 2026

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