Le miracle du vivant, par Walt Whitman, écrivain

« JE CHANTE le corps électrique, / Ceint des foules de ceux que j’aime comme je les ceins, / Qui n’ont de cesse que je les suive, que je leur réponde, / Que je les décorrompe, que je les charge à plein de la charge de l’âme. // Qui doutera que ceux qui corrompent leurs corps…

Poèmes au Round Up, par Christophe Esnault, écrivain

La nef des fous (détail), vers 1500, Jérôme Bosch « Soyez au courant / De la catastrophe / Avant tout le monde / Evoluez au cœur de l’événement » Commencer la journée avec les idées noires de Christophe Esnault est la meilleure façon de ne pas la rater, comme lorsqu’on ouvre un album d’André Franquin. L’auteur d’Espèce…

Le dieu du Mikado, par Erri De Luca, écrivain

« Certains voient la vie comme un fleuve, certains comme un désert, d’autres comme une partie d’échecs avec la mort. Moi, je la vois sous forme d’un jeu de Mikado en solitaire. / A l’origine, la chute des quarante et un bâtonnets servait à interroger le destin. On lisait la réponse dans la forme du tas. »…

Extension du domaine de la photographie, par le collectif Maladita

Pedro ©Maladita Aurélie Bay et Nathalie Hannecart forment le collectif Maladita, dont l’ambition est d’explorer le médium photographique dans une dimension expérimentale, joyeusement irrévérencieuse, partageuse, émancipatrice. Comme chez Gao Bo et Linda Tuloup, les pierres, émulsionnées de présences physiques, volent.   Les peaux se rencontrent, l’impermanence voue les formes humaines faisant corps avec la matière minérale…

Dans la grande maison, par Natalie Malisse, photographe

©Natalie Malisse  Espace de protection, la maison peut aussi être le lieu des plus effroyables drames. Composé d’images en nuances de gris, La grande maison, de Natalie Malisse, est un livre pudique et subtil évoquant les violences intrafamiliales en huit clos. Rien n’est appuyé, et les ombres n’ont pas besoin d’être accentuées pour souligner puissamment…

The popular crown, par Martin Parr, photographe

Drôle, irrévérencieux, tendre, voici Martin Parr en majesté avec United Kingdom, ouvrage publié sous couverture rose par Louis Vuitton Malletier dans la collection Fashion Eye. Martin Parr photographie un pays qu’il aime, un peuple qu’il aime, une fantaisie qu’il aime. La vie est un spectacle permanent, une incongruité voire une absurdité de tous les instants,…

Namur, jungle septentrionale, par Pierre Rahier, photographe

©Pierre Rahier  Qui connaît la forme de sa ville, aussi mouvante que fumées ? Namur, située à la confluence de la Meuse et la Sambre, apparaît au premier abord comme une ville quiète, plutôt prospère, abritant un beau musée conservant des œuvres érotiques de Félicien Rops. J’y suis allé plusieurs fois, je me suis attardé dans…

Charlot, politique du corps anarchiste, par Rose Vidal, écrivaine

Rires d’enfant, admiration d’adulte. Dans un livre brillant, informé, très bien écrit, publié dans la collection « Icônes » des éditions Les Pérégrines, Rose Vidal approche en une dizaine de chapitres vifs le phénomène Chaplin. Il y a Charlot, corps anarchiste, déstabilisant tout autour de lui, et Chaplin, que l’on dit communiste quand il était internationaliste, le…

De profundis, la revue comme philocalie

© Juliette Vallejo Revue de pensée, d’écriture et d’art, De profundis est aussi un espace de réflexion théologique d’obédience chrétienne (orthodoxe/catholique). On y lit dès les premières pages les propos de frère Jean-Christophe de Nadaï, rédigé à Saint-Etienne-du-Mont, église dédiée le 25 février 1626 par Jean-François de Gondi, premier archevêque de Paris, oncle du cardinal de…

Lettres aux surréalistes, par Pierre Drieu la Rochelle, écrivain

« Le surréalisme, c’était la révélation, ce n’était pas la révolution. » Trois lettres aux surréalistes, du grand Pierre Drieu la Rochelle, est un volume passionnant, très bien édité et présenté par Bertrand Lacarelle. On place quelquefois l’auteur du Feu follet (portait sublime de l’ami Jacques Rigaut) du côté des idéologues, mais, à bien lire ses arguments,…

Petit tas d’ordures, vie bouleversée, par Gaëlle Obiégly, écrivain

Chiffonnier, avenue des Gobelins, Paris,1899, photographie Eugène Atget « Le chiffonnier, qu’on appelle plutôt biffin actuellement, ne se résout à la mort de rien. Il marche, il marche, il marche. Quand il s’arrête, c’est pour fouiller les poubelles et les tas d’ordures. Ce fut le métier de mon ancêtre, venu de Pologne, quand il vint s’exiler…

Traverser le semblant, par Fanny Lambert, écrivain

©Anne-Lise Broyer « Intimité et pudeur pour fronder. » L’amour arrête-t-il le temps, le coupe-t-il ou le densifie-t-il ? Le désir nous sépare-t-il ou nous unifie-t-il ? On se quitte, la main devient sans emploi, et la bouche, et la palpitation rapide des veines, mais il reste l’écriture. L’automne arrive, il va falloir faire avec le froid. Je lis…