
©Guillaume Noury
« Un souffle monte. Mes cuisses prennent feu. Dans la montée, des images se mettent à galoper. Les mots se décomposent et toutes mes pensées vont et viennent dans un ballet rapide. Elles se succèdent et se remplacent, avant de disparaître dans un lieu qui est probablement l’oubli. » (Zoé Cosson)
La Vallée est plus qu’une vallée, c’est une fiction.
C’est une Atlantide recouverte de végétaux, un espace mental ouvert au fantastique.
Les images du livre La 7eme Vallée, de Guillaume Noury, sont en noir et blanc, d’une matière relevant de l’onirisme.

©Guillaume Noury
Ce vingt-septième volume publié par Sur la Crête éditions (Jérôme Blin & Gaëtan Chevrier) propose une méditation sur le sentiment recherché d’isolement, loin des humains suffrages, mais avec les pierres, les ciels et les bêtes.
On pourrait ici arriver, comme Lenz, la tête à l’envers, et repartir lavé de nos migraines sociales, et, peut-être, de notre manque de foi.
Pluie d’étoiles, cataractes du temps, quelqu’un nous regarde, c’est une vache, ou quelque créature mythologique.

©Guillaume Noury
Guillaume Noury repère des indices, des cercles étonnants, un tunnel, une lumière spéciale.
Passent des ailes dans la nuit.
Vision d’une clairière donnant la sensation de pouvoir disparaître à chaque instant.
Présence fantomale des fleurs, d’une rivière, de poissons quiets.
Il se passe des choses étranges en cette septième vallée, située quelque part dans les Pyrénées.

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Mais, au fond, existe-t-elle vraiment ?
Format carré des images, concentration du regard, surface magique.
Il ne faut pas craindre Erèbe, ni le majestueux hululement de la chouette vers minuit.
On s’avance dans une forêt dessinée au fusain de l’objectif, on se prend la main, il est possible que l’on revienne différent, transformé, métamorphosé, par notre marche en ces confins.
Ce sont plus que des territoires géophysiques, ce sont, selon la belle expression de Kenneth White, des finisterres de l’esprit.
Tout semble intact, à la fois ancien et neuf.

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Pour entrer en cet univers de nuages et de spectres, il faut les mots de la romancière, scénarise et cinéaste Zoé Cosson : « Parfois, un gouffre s’ouvre à mes pieds, au détour d’un chemin. D’autres fois, je dois franchir des coulées de pierres sournoises, et ces surfaces mouvantes se déplacent en même temps que moi. »
Le sentiment poétique de l’existence s’est intensifié, La 7eme Vallée nous perd pour nous offrir la chance de nous retrouver, très intimement, au contact de ce qui outrepasse toute mesure humaine.

Guillaume Noury, La 7eme Vallée, texte Zoé Cosson, traduction en anglais Anna Kiff, Sur La Crête éditions, 2026 – 250 exemplaires
https://guillaumenoury.format.com/

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