A Radovan Ivsic, poète – du temps que les surréalistes avaient raison (1)

Jusqu’à son dernier souffle, André Breton rechercha et accueillit les signes d’un ordre secret du monde, mystérieux et évident, dont le surréalisme fut le nom. Mouvement d’une ampleur considérable – tous les continents touchés en quelques décennies – né à l’époque du triomphe de l’asphyxiante raison (la barbarie de la Première Guerre mondiale dans le…

Je suis une force du Passé – Pasolini chantier (2)

Issue de l’Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Lyon, la revue semestrielle Initiales est véritablement enthousiasmante, tant dans son contenu que dans sa forme : textes denses et hétérogènes, iconographie variée, mise en page de grande qualité. Son dernier numéro (n°7) intitulé sobrement P P P (on se souvient d’un M D,  Marguerite Duras, qui fit…

Pasolini chantier (1)

Pier Paolo Pasolini au travail à Tor di Schiavi, derrière Centocelle, Rome, 1961. Ó Angelo Pennoni / Paolo Iannarelli Pour tous les amoureux de Pasolini, la publication par les éditions Macula en deux volumes du scénario original d’Accattone et d’un dossier analytique de plus de 160 pages rédigé par d’éminents spécialistes de son esthétique/historiens de…

Sarajevo, un poème d’Yvon Le Men

Yvon Le Men est un poète dont la sincérité touche au vif, et dont les mots paraissent aujourd’hui d’autant plus précieux que l’époque est folle. Son art, qui paraît aussi simple qu’il est maîtrisé, relève d’une grande culture. Faisant son métier d’homme comme il construit son oeuvre, avec humilité et conviction, il a bien voulu…

Soleil couchant, voici nos poitrines, ou la poésie du révolutionnaire Victor Serge

Ecrivain internationalement reconnu, mort pourtant dans la plus grande pauvreté au Mexique en 1947, Victor Serge, anarchiste belge, puis fervent marxiste, fut l’un des révolutionnaires les plus insultés/calomniés du siècle par la police stalinienne et d’obédience stalinoïde, voyant en ce partisan de Trotski un ennemi de première catégorie. Ayant adhéré au parti communiste russe en…

La littérature à l’estomac des tordus, naïfs et crétins du Nord

Voici un livre impossible, monstre, rabelaisien, totalement dingue, hilarant et de gai savoir, Cadavre grand m’a raconté, une anthologie de la poésie des fous et des crétins dans le Nord de la France. On t’appelle maintenant, cher Nord dégénéré, Hauts-de-France, le petit doigt sur la couture du pantalon, mais baisse ton froc camarade, détends-toi, et,…

La peau de l’ours de l’Indien Seneca

Né à Brooklyn (New York) en 1931, Jerome Rothenberg est l’un des plus importants poètes nord-américains actuellement en activité. Fruit d’un séjour de deux ans dans la réserve indienne des Senecas, Journal seneca est un mythant, c’est-à-dire un poème/chant où la page est à l’écoute de l’immémorial, espace singulier où le chant rencontre le conte…

Le plus grand poète du siècle

Voici un livre très agréable à lire, intelligemment composé, joliment édité, retraçant les vingt-quatre heures ayant précédé la blessure par éclat d’obus de Gui de Krostrowitzky, dit Apollinaire, dit Kostro pour ses hommes, le 17 mars 1916, vers seize heures, dans une tranchée de première ligne, au lieu-dit le Bois des Buttes. L’auteur de Calligrammes…

Je ne peux cesser de me souvenir

On connaît mal, voire pas du tout de ce côté-ci de l’Atlantique, la poésie chicano/a nord-américaine, écrite soit en anglais, soit en espagnol, soit dans un mélange des deux, et « non sans qu’y apparaissent des mots savamment incrustés du nahuatl, langue des Aztèques », selon les termes de la préface très éclairante du premier recueil publié…

A propos de Sylvain George, par Valérie Dréville

Avec le cœur chaud et les lèvres froides Valérie Dréville est une comédienne d’exception – sa présence illumine le dernier long métrage de Pascale Breton, encore en salle actuellement, Suite armoricaine – dont l’intégrité et l’implication dans le travail sont une évidence pour qui a eu la chance un jour de la voir jouer sur…

Hannah Arendt, la poésie permanente

On ne s’attendait peut-être pas à découvrir, chez l’auteur des Origines du totalitarisme, une poétesse convaincue. Pourtant, de 1924 à 1961 (procès Eichmann), Hannah Arendt écrivit « plus de soixante-dix textes et aphorismes poétiques », tous rédigés en allemand, et de nature le plus souvent élégiaque. « Qu’est-il resté de toi ? / Pas plus qu’une main , /…