De la Kabbale, par Isidore Isou, lettriste

Créateur du lettrisme, Isidore Isou (1925-2007), peintre, cinéaste, dramaturge, romancier, fait aujourd’hui l’objet d’une très belle publication aux éditions belges La Lettre volée, sous la direction du galeriste Eric Fabre – créateur à Bruxelles du Garage Cosmos -, ayant fait le choix pour présenter le poète né en Roumanie dans une famille juive traditionnelle d’une…

Lait noir de l’aube, par Paul Celan, poète

« Il est temps que la pierre consente à fleurir. » (Paul Celan à Ingeborg Bachmann) Un très grand respect s’attache au nom de Paul Celan, l’un des plus importants poètes de langue allemande du XXe siècle, né en 1920 à Czernowitz, capitale de la Bucovine alors roumaine, et mort à Paris en avril 1970, après s’être…

A l’Est de nulle part, par Fabio Ponzio, photographe

« Le personnel des administrations, les manières et les visages des concierges jusqu’à ceux des directeurs, tous me regardaient comme des paysans parvenus. La police, les services secrets, les fonctionnaires du parti avaient beau être grossiers et contents d’eux, c’étaient encore à moitié des paysans. A force de les dresser, on ne leur avait guère enlevé…

Le dernier Noël d’un couple criminel, par Anton Roland Laub, photographe

© Anton Roland Laub Last Christmas (of Ceaucescu) est un bel objet éditorial conçu en Allemagne par Kehrer Verlag. De couverture rouge en simili cuir, ce pourrait être un maroquin ministériel, ou l’un de ces petits livres à contenu idéologique pour endoctrinement rapide. D’un humour froid, voire glaçant, proposant des images de la banalité inscrite…

Les régions du monde de l’esprit, par Eric Dessert, photographe

Il y a en histoire de l’art des anomalies, des oublis, des dénis, des présences fantômes la rendant passionnante pour les chercheurs d’or et de confins. Il y a des noms qui s’imposent, et qui pourtant s’amenuisent de ne pas trouver de relais critiques ou institutionnels à leur hauteur. J’ai déjà évoqué ici l’œuvre de…

Divagations, à propos d’une pandémie, par Cioran, écrivain (4)

Pour y voir clair, pour ne pas être seuls à réfléchir, pour être ensemble, et pour ne surtout pas en rajouter dans les commentaires oiseux, j’ai proposé à quelques amis ou connaissances de choix d’intervenir dans L’Intervalle à propos de la pandémie virale que nous vivons actuellement, et des mesures exceptionnelles que nous supportons quant…

Revue LITTERall, une anthologie annuelle de littératures allemandes

  En ces temps messianiques, et de tranquillité pour la planète, un peu de littérature allemande nous fera le plus grand bien. Je reçois comme un cadeau la revue LITTERall, que je ne connaissais pas, et m’empresse de la dévorer de l’intérieur de la caverne boisée où je suis reclus. Que demander de plus profond…

La peinture et le mal, par Adrian Ghenie, peintre, et Yannick Haenel, écrivain

  « Il arrivera, plus tard, que Ghenie fasse exploser sa palette, et qu’elle se mette à gicler de toutes les couleurs comme un soleil mutant. » La société est folle, malade, infernale. Les démons peuplent les rues, ou les salons feutrés, occupent des places importantes dans les cabinets ministériels, les conseils d’administration, les maisons…

Gitans, de Josef Koudelka, mémoires d’outremonde

On les a vues et revues, elles se sont déposées en nous, participent du chaudron de notre inconscient visuel. Elles ont été prises entre 1962 et 1971 en Tchécoslovaquie, en Roumanie, en Hongrie, en France, en Espagne, et sont toujours aussi magistrales, neuves, inouïes. Il faut les montrer, continuer à les faire circuler, en parler….

Brancusi, jamais vu, par Dan Er. Grigorescu, photographe

« Les choses ne sont pas difficiles à faire, ce qui est difficile c’est de nous mettre en état de les faire. » Vous avez peut-être prévu de vous rendre à Bruxelles pour l’exposition Brancusi ayant lieu au Bozar. C’est très bien, nécessaire, important, mais il y a mieux encore, beaucoup mieux, beaucoup plus jeune,…

Les majorettes, Georgette, par Isabelle Detournay, photographe

Isabelle Detournay est une artiste sensible à l’humanité des personnes qu’elle photographie, à leur énergie, à leur lumière. Son regard est frontal, mais jamais de pure extériorité. Les êtres qu’Isabelle Detournay rencontrent pourraient en effet être elle-même, dans son village natal, dans une école d’apprentissage, ailleurs encore. La photographie n’est pas pour elle un art…