Fixer des vertiges, par Clarisse Gorokhoff, écrivain

J’ai découvert Clarisse Gorkohoff, et ses deux livres parus chez Gallimard (De la bombe, Casse-gueule), par l’entremise du photographe Frédérick Carnet, à travers un texte écrit pour accompagner l’une de ses séries, Les faces cachées (présentée dans L’Intervalle). Clarisse Gorokhoff est un écrivain de nécessité, cherchant par le travail de la phrase et des thèmes…

Une autre Aurélia, journal d’une disparition, par Jean François Billeter

« Jusqu’à la fin nous sommes restés dans l’ignorance de ce qui se préparait. Comme dans les mythes grecs, les dieux nous ont préservés de la connaissance. Je tiens cela pour une chance insigne. » Dans Une rencontre à Pékin (éditions Allia, 2017), le sinologue Jean François Billeter a raconté son double coup de foudre pour la…

La pensée de jouvence de M. le béni, fou de joie

Dans un essai magistral, L’Axe du Néant, paru en 2003, le philosophe et romancier François Meyronnis a su exprimer comme personne avant lui l’esprit de la collection L’Infini (Gallimard), qui accueillait son texte : diagnostic du nihilisme en sa puissance de ravage planétaire, mais aussi pari sur la merveille,  l’ivresse du rien, constituant l’envers d’une force…

Anatole France mdr ta race, six mois en France, par Jérôme Ferrari

Vivant désormais en Corse, après quelques années de vagabondages du côté du golfe Persique, l’écrivain et philosophe Jérôme Ferrari, prix Goncourt 2012 pour Le Sermon sur la chute de Rome, ne distingue pas la pratique de la pensée de celle de la littérature, dont la dimension politique, par-delà le conte, est chez lui évidente. Recueil…

Les Moments Littéraires, revue minuscule et nécessaire

La persistance, dans le paysage dévasté de la critique sensible, de la revue de qualité Les Moments Littéraires est une excellente nouvelle. Difficile à trouver, Les Moments littéraires pourrait n’être qu’une revue pour happy few (trois cents exemplaires à se passer sous le manteau ou faire venir par la poste), mais telle n’est pas seulement…

Le Spleen de Téhéran, et les merveilleux nuages, par Jafar Panahi

Il y a chez les cinéastes iraniens contemporains (Abbas Kiarostami, Jafar Panahi, Asghar Farhadi, Moshen Makhmalbaf) comme un goût de l’errance (de préférence en voiture), de la mise en abyme (vertige borgésien des récits) et de la métaphysique (l’arbitraire d’un emprisonnement n’est pas impossible) faisant des œuvres de ces artistes de vrais objets de fascination…