Quand Yannick Haenel avait quarante ans, le 23 septembre 2007, nul ne se doutait qu’à Paris, près de huit ans plus tard, des dessinateurs seraient assassinés, dans leur bureau de travail, par des islamistes radicalisés prétextant le blasphème pour dissimuler leur misère morale et leur besoin de meurtre. Quand Yannick Haenel avait quarante, dans le…
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La béance, la voix, la mort, par Yannick Haenel, écrivain
Ecrit à la demande de Yann Robin, qui a composé à partir de ce texte une pièce de musique, créée le 12 mai 2018 au théâtre de la Criée de Marseille dans une mise en scène d’Arthur Nauzyciel (récitante soprane Elise Chauvin), Papillon noir est un monologue féminin composé par Yannick Haenel. Il y est…
Reprendre vie, par Barbara Stiegler, philosophe, chercheuse, gréviste
« A partir du 17 novembre, je bascule. » Chacun avec nos armes, nous allons devoir reprendre vie, vite, ou continuer à dénaître. La catastrophe écologique en cours et la violence du néolibéralisme au moment de son naufrage imposent de penser les conditions d’une vie nouvelle, bien plus large que les restrictions et les polices…
Lettre à Samuel Beckett, par Yannick Haenel, écrivain
J’ai reçu de Yannick Haenel copie d’une lettre écrite pendant le confinement pour Samuel Beckett, texte lu un soir pour la radio-télévision belge. Il est inédit en français. Je vous le transmets, sans commentaire, comme on se passe le feu en silence, alors que gagnent les ténèbres. « Montreuil, le 1er mai 2020 Cher Samuel Beckett,…
Une allumette, par Linda Tuloup, photographe
Le confinement était là, qui nous réduisait souvent, parfois nous agrandissait, en silence, en solitude, en degrés de sapience. On ne vivait plus, il fallait vivre, on pouvait craindre quelquefois de s’éteindre, ou de ne pas se réveiller. Certains inventaient des rites, des gestes de désensorcellement, des passes magiques. Chaque jour, dans ces moments où…
Un récit, précédé d’une note et suivi d’un commentaire, par Yannick Haenel, écrivain
Je suis en deuil, on dit cela. Ce moment est un appel de la mort, très puissant car il se présente comme apaisant. Si j’arrive à écouter ce chant, sans me laisser ensorceler d’une façon ou d’une autre, ou peut-être en me laissant ensorceler pour, finalement, renaître, j’aurai vécu une expérience. Sinon ? Rien de…
Possession Immédiate, des éclats de joie, par John Jefferson Selve et ses amis
Quelque chose va se produire, se produit, nous sommes trop tristes, trop isolés, trop malades, trop inquiets. Il nous faut des astres, et des brassées de rires, et des mains à serrer, et des bouches à aimer. « C’était une nuit extraordinaire, écrit Jean Giono. Il y avait eu du vent, il avait cessé,…
La peinture et le mal, par Adrian Ghenie, peintre, et Yannick Haenel, écrivain
« Il arrivera, plus tard, que Ghenie fasse exploser sa palette, et qu’elle se mette à gicler de toutes les couleurs comme un soleil mutant. » La société est folle, malade, infernale. Les démons peuplent les rues, ou les salons feutrés, occupent des places importantes dans les cabinets ministériels, les conseils d’administration, les maisons…
Venus in furs, par Linda Tuloup, photographe, et Yannick Haenel, écrivain
« I am tired, I am weary / I could sleep for a thousand years / A thousand dreams that would awake me / Different colors made of tears » Quand on les connaît, quand on les a connues, il n’est pas possible de ne plus les rechercher sans fin, chaque jour, à chaque instant….
L’œil du revolver et les larmes de sperme, une lecture de Georges Bataille, par Anne-Lise Broyer, photographe
Dans les années 1960-1970 et dans la première moitié des années 1980, la revue d’avant-garde Tel Quel, dirigée par Philippe Sollers et Marcelin Pleynet, a décidé de reclasser l’ensemble de la bibliothèque, remplaçant le mot littérature par celui, bien moins suspect de récupération bourgeoise, d’écriture, et mettant en avant des noms jusqu’alors cachés par la…
Dame à la licorne, joi d’amor, par Yannick Haenel, écrivain
« Il faudra se laisser aller à l’aventure ; et vivre personnellement le trésor. » Il fait froid, très froid, d’un froid spécial touchant aussi bien l’espace que le temps, créant une sorte de paralysie générale. Il y a foule sur les boulevards, mais vous constatez pourtant qu’il n’y a personne. Vous ouvrez la porte…
La présence, entéléchie de l’apparaître dans la poésie et l’art moderne, par Pascal Dethurens
« Qui peut se passer de tout obtiendra tout, car alors il sera logé au cœur du vivant. » La notion de présence est centrale dans la poésie et l’art moderne. Pascal Dethurens, professeur de littérature à l’Université de Strasbourg, en a fait le sujet d’un livre savant et savoureux, L’Emerveillement. Comment rencontre-t-on le réel…