Gare au gorille, par Clémentine Schneidermann, photographe

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© Clémentine Schneidermann

Clémentine Schneidermann est une jeune artiste très douée, choisie par le festival ImageSingulières pour photographier, à sa façon poétique et délicatement documentaire, la ville de Sète.

Inscrivant son regard et ses pas dans ceux de Georges Brassens, rencontrant ses amis et ses sosies, se rendant dans ses lieux favoris, la photographe vivant entre la France et le Pays de Galle a fait, essentiellement au format carré, le portrait d’une ville cinégénique au caractère populaire et volontiers anarchiste.

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© Clémentine Schneidermann

On peut se rendre au cimetière déposer une gerbe de fleurs, ou une pipe allumée, sur la tombe du chanteur anticonformiste, mais mieux vaut le retrouver vivant, parmi les chats de rue, dans l’ombre d’un palmier radieux, à la devanture d’un bar tabac.

Ici, Brassens est un nom de code, celui d’une métaphore filée disant l’esprit libre de la ville, sa joie de vivre, sa sensualité immédiate.

La cime d’un pin est la moustache d’un poète soulevée par le vent, la veste en jeans du passant l’habit de scène du travailleur des mots.

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© Clémentine Schneidermann

*Une guitare, un cabaret, un tatouage : Brassens est là, partout, habitant signes et intersignes.

C’est un regard mélancolique à l’heure du marché, deux anciennes discutant le bout de gras à la fenêtre, une mamie en baskets appuyée sur le pilier d’un glacier.

Toutes ont été jeunes, ont rêvé du grand amour, ont adoré les bancs publics.

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© Clémentine Schneidermann

Brassens est partout, nous fixant sans ciller, nous jugeant peut-être : gare au goriiiille !

On retrouve ici ce qui fascinait dans I called her Lisa Maria (Chose Commune, 2018), livre consacré aux fans d’Elvis Presley : la force de l’invisible informant le présent, le dialogue entre les vivants et la mort,  le profane accédant à la sphère du sacré.

Quelles différences entre la personne et le personnage, entre la réalité et le mythe, entre la photographie et la vie ?

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© Clémentine Schneidermann

A propos du travail réalisé par Clémentine Schneidermann à Sète, Christian Caujolle parle élégamment  de « cueillette modeste et d’aspect léger ».

En effet, de douceur et de calme, son esthétique s’apparente à un chant murmuré, tel un hymne discret, célébrant dans une palette en demi-teinte, sans recherche appuyée d’exotisme, la ville méditerranéenne.

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© Clémentine Schneidermann

On se promène dans ses images en souriant, la vie n’y est pas grandiose, le bonheur n’en demande pas tant.

Flotte en ces pages le lien des chansons disparues, dans une mélancolie sans drame.

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Clémentine Schneidermann, Sète #20, texte de Christian Caujolle, Le bec en l’air, 2020, 96 pages

Exposition de Clémentine Schneidermann à la Chapelle Haute (Sète), du 12 septembre au 11 octobre 2020

ImageSingulières 2020

Le Bec en l’air

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© Clémentine Schneidermann

Site de Clémentine Schneidermann

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Se procurer Sète #20

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