Paris à la sauvette, par Fabien Beauger, photographe

© Fabien Beauger « Je vis à Paris entre ébahissement et effarement. Paris est ma ville, ma matière première, mon terrain de jeu privilégié, l’endroit où j’ai les yeux partout. » Déviation est le premier livre photographique, autoédité, de Fabien Beauger, une ode à Paris très libre, presque punk. © Fabien Beauger Tout n’y est pas parfait,…

Les frissons calmes de Bruges-la-Morte, par Georges Rodenbach, écrivain

Fernand Khnopff Bruges-la-Morte, de l’écrivain symboliste belge Georges Rodenbach (1855-1898) fut l’un des livres importants de mon éveil à la littérature. Parce que la langue est superbe et qu’y passe une femme, telle la Gradiva, marchant sur la lisière entre la vie et la mort. Parce que la ville est ésotérique – pensons au Zénon…

Euthanasie, vers la douceur, par Catherine Rombouts, photographe

© Catherine Rombouts « Elle souffrait de la maladie de Charcot, dans sa forme bulbaire. » Pas de dolorisme, de pathétisme facile, mais de la lumière, des clairs-obscurs pudiques, des crépuscules apaisés, de la vie, de l’espoir. Le grand jour, de la photographe Catherine Rombouts, est un livre éminemment touchant, troublant, important, traitant dans la plus grande…

Pudeurs adolescentes, par Jérôme Blin, photographe

Avec L’entretemps, superbe livre de portraits d’adolescents du photographe Jérôme Blin, les éditions Sur la Crête montent en puissance. Une couverture à rabats d’un bleu céruléen, des coulures presque tachistes, une sensation d’effritement dans l’idéal, comme une vision des troubles, mélancolies et beautés adolescentes. Une reliure à la bodonienne, des pages blanches, des images qui…

La Reine de la patate, odyssée québécoise de la frite, par Françoise Chadaillac, photographe

© Françoise Chadaillac « Y’a pas un Québécois qu’y a pas une patate frite dans l’cœur… » Mes dernières excellentes frites en photographie datent du début de l’année 2019, avec la parution de l’ouvrage Platteland du Belge Simon Vansteenwinckel (j’en signe le texte) aux bien-nommées Home Frit’ Home Editions. © Françoise Chadaillac Autre géographie, autre époque –…

Frères humains qui après nous vivez, par Frédéric Cornu, photographe

© Frédéric Cornu Ils sont à la fois fantomatiques, et très présents. Ce sont les personnages d’une pièce de Claude Régy, et des êtres de chairs rencontrés par Frédéric Cornu qui les a photographiés. On ne voit que leur visage, surgissant de l’Erèbe, d’une nuit primordiale, du chaos génésique. © Frédéric Cornu Ils s’appellent Huguette,…

Les détraquages zen d’André Velter et Ernest Pignon-Ernest

Annoncer la couleur, d’Ernest Pignon-Ernest et André Velter, est un livre (Actes Sud), comme son titre malicieux ne l’indique pas, en noir & blanc et nuances de gris. Pour leur dix-neuvième production en commun, le peintre et le poète ont dialogué, sans que l’on sache qui précède qui, si l’image produit le texte ou si…

Jeter des pierres au vent, par Federico Garcia Lorca, proses inédites

« Rien de plus antipoétique que le lien logique entre deux objets de quelque espèce qu’ils soient. Il faut briser les amarres des liens visibles et invisibles. Il faut laisser les objets et les concepts aller librement où ils veulent, qu’ils luttent, qu’ils volent pour que le monde soit plus amusant et que puisse exister la…

Melancholia, ma belle, ô ma torture, par Antonio Jiménez Saiz, photographe

C ©  Antonio Jiménez Saiz Après Elite Controllers (2016), No nos Aprenden a morir (2018), et une dizaine de fanzines réalisés généralement en une nuit, dans l’urgence de la création, voici le troisième livre d’Antonio Jiménez Saiz, tant de poussière, et moi si sourd. C’est une œuvre de glas, un face à face terrible avec…

Les secrets du tirage, par Guillaume Geneste, maître d’art

Colette © Guillaume Geneste « Je trouvais magique de voir que, sur une même feuille de papier à lettres, il était possible d’écrire un poème et de faire apparaître une photographie. » Le tirage à mains nues, de Guillaume Geneste, est le grand livre qu’il manquait en France sur l’art du tirage. Premier ouvrage essentiellement de textes…

La joie comme profondeur, par Jean Ferrero, photographe, collectionneur

Man Ray © Jean Ferrero « Il y a des adultes qui jamais n’ont été des enfants. » (Jacques Prévert, Spectacle, Gallimard, 1951) La quatrième de couverture claque comme une gifle donnée à notre époque mortifère : « Jean Ferrero, né en 1931, aura fait tous les métiers. Tour à tour haltérophile, modèle nu aux arts décoratifs, photographe professionnel,…

En bords de mer, par Robert Doisneau, pêcheur d’images

« J’ai dix-sept ans, je suis maigre et mal fringué. J’apprends un métier sans avenir. Le décor qui m’entoure est absurde. Quand je montre mes photos à mon entourage, ils sont tous d’accord, c’est de la pellicule gâchée. M’en fous, je continuerai quand même. Un jour peut-être il y en aura pour trouver dans mes images…