Frères humains qui après nous vivez, par Frédéric Cornu, photographe

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© Frédéric Cornu

Ils sont à la fois fantomatiques, et très présents.

Ce sont les personnages d’une pièce de Claude Régy, et des êtres de chairs rencontrés par Frédéric Cornu qui les a photographiés.

On ne voit que leur visage, surgissant de l’Erèbe, d’une nuit primordiale, du chaos génésique.

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© Frédéric Cornu

Ils s’appellent Huguette, Laureline, Angélique, Francine, Catherine, Dominique, Christelle, Titine, Fatiha, Coralie, Léone, Eliane, Pascal, Astrid, Frédéric, Christophe, Abdelramane, Patricia, Martine, Stéphane, Jessy, René, Myriam, Laurent, Pierre, Joël, Merrouch, Jean-Luc, Francine, Maryline, Jean-Marc, Michèle, Marie-Claude, Sylvie, Alexandre, Nicolas, Gaël, Patrick, Malika, Renée, William, Marie, Chantal, Pierre, Valérie.

Sans patronyme – laissons cela aux banques, aux organismes officiels, aux usuriers -, ils sont le peuple, unique et multiple.

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© Frédéric Cornu

François Villon les interpelle encore : « Frères humains qui après nous vivez, / N’ayez les cœurs contre nous endurcis, Car, si pitié de nous pauvres avez, / Dieu en aura plus tôt de vous merci. »

En chaque visage, chaque singularité de traits, repose l’humaine condition, et la responsabilité pour chacun d’en répondre, d’en prendre soin, d’entrer en discussion.

Etres pour la mort, ils sont d’abord pour la vie, ici et maintenant, sans béquille idéaliste, dans la fatigue de leurs yeux, dans la malice ou l’amertume de leur bouche, dans la tension ou l’abandon de leur peau.

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© Frédéric Cornu

Frédéric Cornu a intitulé sa série Dans l’Ombre, qui est aussi un livre aux éditions Light Motiv, paraissant conjointement à son travail consacré au projet du canal Seine-Nord, La ligne d’eau (lire mon article du 5 juillet 2020), à l’occasion de la réouverture de L’Institut pour la Photographie (Lille) où l’artiste est exposé.

Dans la rencontre des visages, la question de la juste distance s’avère essentielle, afin que chacun se sente respecté, et que la pudeur ne soit pas froissée.

On pourrait imaginer un dialogue avec les esthétiques de Marc Pataut et de Philippe Bazin, tous deux également maîtres du portrait, et construire ainsi le plus beau des chœurs antiques.

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© Frédéric Cornu

Le silence, premier des partages, et la stupeur des visages assemblés ouvriraient alors les possibilités d’un monde commun.  

« Ainsi chez Cornu, analyse dans son beau texte introductif informé par l’histoire de l’art, Pierre van Tieghem, la course d’une existence âpre cristallisée sur les visages est-elle transcendée par l’affirmation d’un élan de vie sublimée par la foi en la vie pour elle-même. »

Modèles et photographe en ont conscience, l’art du portrait est bien un embaumement, permettant au corps/imago de traverser les âges et les effondrements, donc une puissance de vie, et de reconnaissance.

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Frédéric Cornu, Dans l’ombre, texte de Pierre van Tieghem, éditions Light Motiv, 2020

Site de Frédéric Cornu

Editions Light Motiv

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© Frédéric Cornu

Institut pour la Photographie

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Se procurer Dans l’Ombre

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