Photographie, une ambition française, un entretien avec Michel Poivert, historien de l’art

Ecrire l’histoire des cinquante dernières années de la photographie française est un travail considérable, presque impossible, et pourtant hautement nécessaire, tant les courants et pratiques se sont diversifiés durant cinq décennies. Avec son opus magnum, 50 ans de photographie française. De 1970 à nos jours, publié chez Textuel, l’historien de l’art et commissaire d’exposition Michel…

L’œil du revolver et les larmes de sperme, une lecture de Georges Bataille, par Anne-Lise Broyer, photographe

Dans les années 1960-1970 et dans la première moitié des années 1980, la revue d’avant-garde Tel Quel, dirigée par Philippe Sollers et Marcelin Pleynet, a décidé de reclasser l’ensemble de la bibliothèque, remplaçant le mot littérature par celui, bien moins suspect de récupération bourgeoise, d’écriture, et mettant en avant des noms jusqu’alors cachés par la…

Eh quoi ! Tout est sensible, par Sabrina Biancuzzi, photographe

L’Arcane sans nom est le huitième livre des éditions nonpareilles, fondées par Anne-Lise Broyer. Un esprit de délicatesse guide ces ouvrages, pour qui l’exploration du Jadis est une manière de volupté. Quels chemins des Arcanes à l’Arcadie, d’Ariane à Hermès Trismégiste ? Quels chemins pour le temps retrouvé ? L’appareil photographique, boitier de mélancolie selon…

To leave and return, Journal à rebours, par Nicolas Comment

Journal à rebours est une ballade photobiographique de Nicolas Comment. Si le titre fait songer au livre de Joris-Karl Huysmans, son auteur n’est pas Des Esseintes le décadent, qui choisit ici de flâner dans sa vie (1991-1999) en ordonnant les images de son existence passée entre Mâcon, Dijon, Lyon et Paris, moins marquée par le…

La traversée du temps, par René Tanguy, photographe

René Tanguy est un photographe rare, discret, un homme de départs et d’images fixes, une âme ferme et résonnante, ayant besoin de l’art pour comprendre un peu les contours de sa vie, de la vie. René Tanguy est un homme de haute mer ayant besoin de rivages, un enfant africain menant sa vie en Bretagne,…

Lumière, fuite de lumière, temps, par Clara Chichin, photographe

  A l’occasion de sa première grande exposition personnelle à l’Abbaye Saint-Georges de Boscherville (Seine-Maritime) intitulée Le dos des arbres, j’ai demandé à Clara Chichin de poser elle-même quelques mots sur ses images. Deux poèmes m’ont été adressés, que je confie à mon tour aux lecteurs de L’Intervalle. Membre depuis 2012 du studio Hans Lucas,…

L’heure où l’on vacille, par Anne-Sophie Costenoble, photographe

L’heure bleue est cet instant entre jour et nuit où naissent les peurs, les monstres, les formes indécises. C’est l’heure du loup, un moment de trouble, d’effondrement, de métamorphose. Ces longues minutes où tout vous menace, où vous vous rapprochez de votre conjoint, de vos amies, comme des bêtes affolées. Un bébé crie, il a…

Je suis le roi du bois, le Zeus, le criminel, par la photographe Anne-Lise Broyer

Anne-Lise Broyer pratique l’acte photographique comme un dessaisissement, une tentative d’éblouissement et de perte. La dramatisation des instants participe chez elle d’une poétique de la voyance, d’une volonté d’opérer une sorte d’archéologie du présent permettant de relier espaces et temps dissemblables, pourtant profondément unis. Passant par la littérature et l’érudition pour interroger notre façon d’être…

Qui vive ? stratégie du désenvoûtement, par la revue Possession Immédiate

Au commencement était Edwarda, revue de littérature et d’érotisme fondée par John Jefferson Selve et Sam Guelimi, rassemblant une petite communauté d’écrivains et photographes pratiquant leur art comme on entre en cérémonie. Désireux de poursuivre et d’infléchir cette aventure éditoriale dédiée à l’esthétisation de chaque instant, John Jefferson Selve a créé Possession Immédiate, dont le…

La photographie comme théâtre des apparitions, par Marie Maurel de Maillé

Pier Paolo Pasolini distinguait un cinéma de prose d’un cinéma de poésie. A bien des égards, le travail photographique de Marie Maurel de Maillé se rattache à cette deuxième catégorie. Epanchement du songe dans la vie réelle, ses images relèvent à la fois de l’intime et de la création d’une contre-allée, désirable, habitable, sortes d’hallucinations…