Défense des irréguliers, Les Cahiers de Tinbad, par Guillaume Basquin

« C’est bien Vertov qui fut le plus convaincant des activistes du communisme réel ; mais c’est Céline qui fut notre Molière du XXe siècle : il démasqua toutes les tartuferies ; son délire fut aussi un immense éclat de rire ; et sa pitié pour l’homme fut universelle, quoiqu’on en dise aujourd’hui pour empêcher…

Forget me not, le Vietnam du photographe Abbas

Miami, août 1972 : « Les premières Vietnamiennes que je vois sont les jeunes femmes d’un groupe de théâtre, habillées de noir et coiffées du chapeau conique des paysannes. Elles portent chacune dans leurs mains une poupée blessée, afin de protester contre les horreurs de la guerre. Elles marchent devant une haie de policiers casqués…

Gide et Malraux, une amitié capitale

« Les artistes ne viennent pas de leur enfance, mais de leur conflit avec des maturités étrangères. » (Les Voix du silence) Il faut toute la puissance d’une maison d’édition comme Gallimard pour publier, avec la fondation Catherine Gide, un livre aussi dense et richement illustré qu’André Gide, André Malraux, L’amitié à l’œuvre, 1922-1951, quand la curiosité…

Quelques tulipes fraîches pour Hemingway et Hammett, par Gérard Guégan

Les écrivains Ernest Hemingway et Dashiell Hammett sont certes à compter parmi les plus sacrés roublards de la littérature américaine, mais surtout sont deux anciens cocos ne pouvant plus se piffer, du moins avant que l’auteur de Pour qui sonne le glas (1940) ne vienne rendre à l’inventeur du Faucon maltais (1936 pour l’édition française)…

Nos étreintes sont aussi des doutes que nous partageons – une poétique de la fraternité, par Christophe Manon

Christophe Manon conçoit la poésie comme un espace de rencontre, une façon de desserrer les nœuds qui entravent notre respiration et interdisent toute parole véritablement transitive. Fidèle à l’esprit de Villon, comme à celui de Celan, son lyrisme sensible à l’éphémère et à la beauté des gestes obstinés de vie, jusqu’aux échecs éventuels, est un…

La guerre des images selon Daech, par Jean-Louis Comolli

Pour Daech, les images sont des armes de guerre. Jamais la cruauté n’avait été montrée à telle échelle avec autant de détestable volupté (un désir de mort absolu). Que l’image tue les mécréants, qu’elle blesse à l’extrême leur sensibilité, les pétrifie, les épouvante, anesthésie leur sens critique (il y a trop à voir). Nous ferons…