Une histoire vagabonde de la littérature romanesque, par Philippe Le Guillou, écrivain

Essai de critique subjective sur l’art du roman à travers les siècles, écrit par un lecteur assumant totalement ses goûts parfois hétérodoxes, Le roman inépuisable, de Philippe Le Guillou, est un éloge de la littérature comme capacité d’émerveillement. Entrée particulièrement enthousiasmante dans un domaine romanesque marqué par sa liberté et sa puissance protéiforme, cet ouvrage…

Les ombres errantes du peintre Léon Spilliaert, par Stéphane Lambert, écrivain

C’est le genre de livres qui m’enchante, dense sans être assommant, cultivé mais de partage, associant images et textes dans un dialogue ouvert avec une œuvre de mystère. Un essai mosaïque, une biographie araignée (à la façon d’Odilon Redon), une monographie légère concernant Léon Spilliaert, peintre ostendais (1881-1946) héritier de James Ensor et des ombres…

Le Greco, égaré absolu, par Jean-Paul Marcheschi, peintre et essayiste

« L’essentiel est de faire durer le désir dont le but nous est souvent obscur. » Dominikos Thetokopoulos, dit Le Gréco, est une bizarrerie dans l’histoire de l’art. Peintre que nul n’attendait – car la société se croit toujours seule -, né à Candie en Crète (possession vénitienne) en 1541, mort à Tolède en 1614,…

Kenneth White, un diable d’Ecossais cosmographe (1)

Ecossais installé en France depuis plusieurs décennies, Kenneth White est un diable d’homme à l’esprit encyclopédique, adepte d’un gai savoir plongeant ses racines dans le vaste espace caucasien et plus généralement dans l’ensemble des mondes premiers. Sa pensée est uniciste, archipellique, deleuzienne, glissantienne, ou plus simplement poétique s’il s’agit de dépasser par là les fausses…

Du taoïsme, par le romancier Lawrence Durrell

A smile is the mind’s eye (Le sourire du Tao) est un texte de l’écrivain britannique Lawrence Durrell (1912-1990) publié une première fois en 1980 – en 1982 pour les éditions Gallimard. La réédition de ce bel ouvrage composé de réflexions taoïstes est une bonne occasion de retrouver dans toute sa sagesse l’auteur du Carnet…

Tout pour la lettre, par Daniel Mesguich, homme de théâtre

Il y a chez Daniel Mesguich, metteur en scène, acteur, auteur, ex-directeur du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD), une volonté de faire théâtre de tout qui est absolument réjouissante, non parce qu’elle serait de l’ordre d’un histrionisme, mais parce qu’elle considère la langue comme scène et monde, et l’ordre des jours comme un plateau…

Psychanalyse du fanatisme

Du fanatisme, le psychanalyste Gérard Haddad connaît les tours et détours, qui fut stalinien intransigeant, heureusement sauvé par Jacques Lacan – lire Le jour où Lacan m’a adopté (Grasset, 2002). Son dernier essai, Dans la main droite de Dieu, développe ainsi une réflexion concernant la genèse d’une maladie contemporaine à tendance proliférante, analysant avec clarté…

De sa vie restera une onde, par Ryoko Sekiguchi

Formulons une hypothèse sous forme de questions : contrairement à ce que l’on croit spontanément, le corps ne provient-il pas de la voix, plutôt qu’il ne la porte ? N’y a-t-il pas, autrement dit, préséance de la voix sur le corps ? Le chant/l’appel/la nomination ne nous précède-t-il pas ? Si la littérature est d’abord voix – el l’on…

Les jardins d’Armide à minuit – conversation avec Annie Le Brun à propos de Radovan Ivsic (2)

Annie Le Brun, poétesse, essayiste, commissaire d’exposition, lectrice de Sade et des grands irréguliers du langage, incarne un principe de subversion qu’elle n’a cessé d’approfondir dans une œuvre au long cours, écrivant notamment, fidèle à la morale surréaliste, Les pâles fiévreux après-midi des villes (1972), Lâchez tout (1977) ou A distance (1985). On peut lire,…