Fassbinder, prenez garde au saint putain, par Guillaume de Sardes, écrivain

« L’argent est fait pour être dépensé, et même dilapidé. » (Dieter Schidor à propos de RWF) – comme la vie ? Premier titre chez Louison éditions d’une collection dédiée aux artistes dissidents, subversifs, pionniers, Fassbinder, clap de fin, de Guillaume de Sardes est un livre vif, rapide, aussi fort que la mort qu’a constamment côtoyée l’ogre germanique….

Le gel de la parole, et l’esprit de conversation, par Chantal Thomas, essayiste

Ah, chers amis, qu’avons-nous fait de l’art de la conversation ?8 La vulgarité mass-médiatique, le langage journalistique bas, la novlangue administrative, les mauvais livres, ne l’ont-ils pas tué, aussi bien que l’incapacité à écouter finement ce que l’autre ne dit pas – parce qu’il n’ose pas, parce qu’il ne veut pas, parce qu’il se méconnaît –…

Essai sur le Mystérieux, par Victor Segalen, écrivain

« Notons que le ROMAN, seul de tous les genres, possède ledit personnage haïssable : l’Auteur à tout faire, obstiné, importun, polymorphe, plat, vil, qui flatte son lecteur, lui donne de petites tapes, parfois l’injurie. Pour moi, c’est là-dedans que réside la définition du Roman que j’exècre. » Je ne sais pas si Victor Segalen (1878-1919), dont on…

Une histoire vagabonde de la littérature romanesque, par Philippe Le Guillou, écrivain

Essai de critique subjective sur l’art du roman à travers les siècles, écrit par un lecteur assumant totalement ses goûts parfois hétérodoxes, Le roman inépuisable, de Philippe Le Guillou, est un éloge de la littérature comme capacité d’émerveillement. Entrée particulièrement enthousiasmante dans un domaine romanesque marqué par sa liberté et sa puissance protéiforme, cet ouvrage…

Les ombres errantes du peintre Léon Spilliaert, par Stéphane Lambert, écrivain

C’est le genre de livres qui m’enchante, dense sans être assommant, cultivé mais de partage, associant images et textes dans un dialogue ouvert avec une œuvre de mystère. Un essai mosaïque, une biographie araignée (à la façon d’Odilon Redon), une monographie légère concernant Léon Spilliaert, peintre ostendais (1881-1946) héritier de James Ensor et des ombres…

Le Greco, égaré absolu, par Jean-Paul Marcheschi, peintre et essayiste

« L’essentiel est de faire durer le désir dont le but nous est souvent obscur. » Dominikos Thetokopoulos, dit Le Gréco, est une bizarrerie dans l’histoire de l’art. Peintre que nul n’attendait – car la société se croit toujours seule -, né à Candie en Crète (possession vénitienne) en 1541, mort à Tolède en 1614,…

Kenneth White, un diable d’Ecossais cosmographe (1)

Ecossais installé en France depuis plusieurs décennies, Kenneth White est un diable d’homme à l’esprit encyclopédique, adepte d’un gai savoir plongeant ses racines dans le vaste espace caucasien et plus généralement dans l’ensemble des mondes premiers. Sa pensée est uniciste, archipellique, deleuzienne, glissantienne, ou plus simplement poétique s’il s’agit de dépasser par là les fausses…

Du taoïsme, par le romancier Lawrence Durrell

A smile is the mind’s eye (Le sourire du Tao) est un texte de l’écrivain britannique Lawrence Durrell (1912-1990) publié une première fois en 1980 – en 1982 pour les éditions Gallimard. La réédition de ce bel ouvrage composé de réflexions taoïstes est une bonne occasion de retrouver dans toute sa sagesse l’auteur du Carnet…

Tout pour la lettre, par Daniel Mesguich, homme de théâtre

Il y a chez Daniel Mesguich, metteur en scène, acteur, auteur, ex-directeur du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique (CNSAD), une volonté de faire théâtre de tout qui est absolument réjouissante, non parce qu’elle serait de l’ordre d’un histrionisme, mais parce qu’elle considère la langue comme scène et monde, et l’ordre des jours comme un plateau…

Psychanalyse du fanatisme

Du fanatisme, le psychanalyste Gérard Haddad connaît les tours et détours, qui fut stalinien intransigeant, heureusement sauvé par Jacques Lacan – lire Le jour où Lacan m’a adopté (Grasset, 2002). Son dernier essai, Dans la main droite de Dieu, développe ainsi une réflexion concernant la genèse d’une maladie contemporaine à tendance proliférante, analysant avec clarté…