Ne serait-ce que l’ombre, une amitié, par Michaël Ferrier, écrivain

  Il fait beau ce jour-là sur l’île de La Graciosa, dans les Canaries, la mer est calme. Pourtant, bientôt, une vague inexplicable emportera l’ami, François, et sa petite fille, Bahia, qui se promenaient là paisiblement. C’est la fin d’un monde, et le début d’un livre quelques années plus tard pour sauver de l’engloutissement par…

Der Bau, Le Terrier, par Franz Kafka

Le terrier est vivant, il parle, c’est un personnage. La terre bruit de paroles, de bavardages, d’obsessions. Le silence est partout, il est pourtant rare. Une bête a construit son terrier, elle en est fière. C’est un labyrinthe très organisé, une forteresse, car les ennemis rôdent. Il faut calculer, envisager toutes les hypothèses, une catastrophe…

Melville, un auteur pour demain, par Claude Minière, essayiste

« Que d’affront pour quelqu’un qui sent jusqu’à la moelle qu’il a bien été là, et qui voit un paquet d’obtus le mettre en doute ! » Un jour, Melville (1819-1891) sera vraiment quelqu’un, dans cent ans peut-être, et davantage encore que l’auteur important de deux ou trois livres d’aventure, Moby Dick, Billy Budd. Un prophète ? (point de…

Benvenuti a Scampia, banlieue de Naples,  par Davide Cerullo, écrivain, photographe

« C’est ce rôle de passeur d’humanité qu’incarne Davide à Scampia, et les photos qui naissent et témoignent de son action s’inscrivent dans une vision fort proche de celle (de Pasolini), car elles affirment qu’il y a là des trésors de beauté, d’espérance, de générosité, prêts à s’épanouir. » (Ernest Pignon-Ernest) A Scampia, quartier très populaire de…

Viens, ce n’est pas pour toi, par Stéphane Mosès, écrivain

« La marque historique des images n’indique pas seulement qu’elles appartiennent à une époque déterminée, elle indique surtout qu’elles ne parviennent à la lisibilité qu’à une époque déterminée. » (Walter Benjamin, Le Livre des Passages) Agrégé d’allemand, installé à Jérusalem en 1969 après une enfance passée à Berlin et au Maroc – persécutions nazies, puis vichystes -,…

Les mange-pas-cher, ou Thomas Bernhard, l’isolé absolu

Pour analyser comme il se doit les œuvres de l’écrivain autrichien Thomas Bernhard (1931-1967), il faudrait être un fin musicologue, et être capable de transposer ses phrases sur une portée musicale afin de repérer les récurrences de structures, les répétitions de mots, les déplacements savants. La musique bernhardienne n’est nullement un ornement, quand le jeu…

La lumière comme pouvoir de transfiguration, par le photographe Helmar Lerski

« […] notre atelier […] avait […] deux fenêtres, une à l’est et une à l’ouest, qui étaient toutes deux hermétiquement fermées. J’ai carrément ouvert ces deux sources de lumière […]. Et, en poursuivant ce jeu, en laissant couler sur l’objet toutes les sources de lumière de l’atelier, en opposition aux principes de la photographie, j’ai…

Quelques roses pour Zurbarán, par Florence Delay

« Viens ma bien-aimée, ma belle ! La porte du ciel t’est ouverte. » On visite peu la galerie espagnole du Louvre. Il y a bien quelques noms de maîtres, Velázquez, Murillo, Ribera, mais l’impression, relève Florence Delay dans Haute Couture (Gallimard, 2018), est assez décevante. Pourtant, un chef d’œuvre de petite taille (1,34m x 0,67m) nécessite sans…

Lecture d’Erri De Luca, par Henri Godard, critique

« Je contraindrai la vie à être dans les livres, d’abord la mienne, de force, puis les autres sur invitation. » Considérant l’effondrement actuel de la critique littéraire, Henri Godard, éminent spécialiste de Louis-Ferdinand Céline, André Malraux, Louis Guilloux, Raymond Queneau et Jean Giono, a décidé de lire l’écrivain italien Erri De Luca en intégralité, et de…