Imprimé en risographie bleue et noire, Holy Mountain – projet du duo d’artistes iconographes Lia Pradal et Camille Tallent – est une relecture des peintures religieuses du Musée des Augustins, à Toulouse, conçues selon le principe des effets chromatiques de la perspective aérienne. Cette technique développée à la Renaissance consiste à créer de la profondeur…
Étiquette : Gallimard
En état de panique, par Hugues Jallon, écrivain
« Et moi qui me croyais si fort dans ce monde, je suis là où je n’existe plus, dans une contrée hostile, douloureuse. » Les bien-portants et psychiquement sains m’inquiètent un peu. Comment ne pas angoisser devant le dérèglement général en cours ? Comment croire en un avenir dont on nous répète à l’envi qu’il sera sombre et…
A la gloire des Editions de Minuit, par Mathieu Lindon, écrivain, et fils
Cet été, au Banquet du Livre de Lagrasse (Aude), où était présente également Anne Simonin, spécialiste des Editions de Minuit, Jean Echenoz a donné, reprenant l’essentiel du livre écrit à la suite du décès de Jérôme Lindon (2001), un portrait très contrasté du grand éditeur français, admirable et volontiers autoritaire. Son fils Mathieu complète aujourd’hui…
Le français, fleuve sauvage, par Shumona Sinha, écrivain
« Très vite je me suis aperçue que la langue et l’amour étaient indissociables. L’un s’exprimait par l’autre, l’un était le miroir de l’autre. Leur unisson les rendait plus puissants encore, jubilatoires, suprêmes. » Il y a deux France, antagonistes, radicalement opposées, une France de l’émancipation, de la liberté d’expression, de la tolérance, de la raison, en…
Tout le reste est mensonge, par André Velter, poète
« Je ne peux me passer de ce qui ne passe pas. » (André Velter) Il nous faut la poésie, pas la mièvre, la trompeuse, la sentimentale, mais celle qui mène la guerre au cœur des sensations, de la langue, du mal. Il nous faut cette phrase parfaite de Stéphane Mallarmé (lettre du 27 mai 1867 adressée…
Chansons du temps qui ne passe pas, Aragon vivant
« Reviens de nulle part / N’importe où je t’attends » Je vis une passion amoureuse déçue, très douloureuse puisque j’ai tout quitté pour en accomplir la promesse. Je cherche, j’erre, je m’effondre, j’écris quatre articles par jour (j’en ai une cinquantaine en attente, ne vous inquiétez pas, je peux disparaître un moment), je regarde les murs,…
Frappé(e)(s) à l’âme, par Hélène Cixous, écrivain
Une taupe « Parfois, rarement, il se produit une sorte de court-circuit : on se trouve simultanément dans les deux pays, celui de l’existence et celui de l’au-delà, cette double expérience est la pire des souffrances pour le sujet, le je ne sais pas où donner, de la tête, du sens. » Pour comprendre le drôle de titre…
Croquis de paysages, par Ohran Pamuk, écrivain
©Ohran Pamuk « Je dois écrire sur mon bonheur de caviarder un dessin avec du texte. Voilà ce qu’il faut en dire : entre 7 et 22 ans j’ai cru que je serais peintre. A 22 ans le peintre en moi est mort et j’ai commencé à écrire des romans. En 2008, je suis entré dans une…
Nadja, ses yeux de fougère, par André Breton, et Martine Chapin, écrivains
« Pour André Breton et ses amis surréalistes, le sentiment demeure pourtant que c’est dans la rencontre que sonne l’Heure et se profile la Merveille. » (Georges Sebbag) Dans l’esprit des précédents et très beaux catalogues d’exposition consacrés à une œuvre littéraire (Salammbô, Giono, Joris-Karl Huysmans, Genet), les éditions Gallimard publient, sous la direction de Sylvain Amic…
Le rire majeur de Carlo Emilio Gadda, par Philippe Bordas, écrivain
La casquette de Gadda © Philippe Bordas « Carlo Emilio Gadda est ce passant discret, invisible au piéton français comme aux foules italiennes abandonnées à la stupeur de l’après-Berlusconi. Né en 1893, avant le déferlement des radios, mort en 1973, avant le déchaînement numérique, Gadda a brûlé sa vie à l’élaboration d’un verbe souverain, comme s’en…
Ecrire, à perdre la tête, par Michel Leiris
« l’érotisme « épouvantable en même temps que si beau », tel qu’il m’apparaît : je ne puis plus penser à des seins, à des gestes érotiques sans avoir envie de pleurer. Tant de candeur, tant d’espoir pour en arriver là ! Quelle mécanique ! Haine de ma mère… Pourquoi – jamais – n’ai-je été réellement amoureux » (Michel Leiris, 29 janvier…
Une vie en musique, par Philippe Cassard, pianiste
Le jardin du Luxembourg, 1905, Félix Vallotton « Je pourrais, aujourd’hui encore, décrire le son et la couleur de chaque note des deux récitals que Vladimir Horowitz a donnés à Paris à l’automne 1985. » Pour la belle collection de récits autobiographiques dirigée par Colette Fellous au Mercure de France, « Traits et Portraits », le pianiste, musicologue, critique,…