Fernando Pessoa et Frédéric Pajak, à l’usage de la vie

© Frédéric Pajak « La plupart de ceux qui épousent une cause, écrit Frédéric Pajak, au mieux m’indiffèrent, au pire me répugnent. Plus la cause est honorable, plus ils aggravent leur cas. Ils partagent la même ferveur aveugle que les évangélistes, la même béatitude, la même conviction inébranlable, le même prosélytisme. Parmi eux, les économistes, ces…

L’amour des lettres, par Frédéric Berthet, romancier, épistolier

« Si je ne dormais pas, quels romans n’écrirais-je pas. D’où l’insomnie. » (Frédéric Berthet, 31 janvier 1978) J’avais besoin d’intelligence, de style, de vraie-fausse désinvolture, d’une vie habitée par la nécessité de l’écriture. J’avais besoin de Frédéric Berthet (1954-2003), de me souvenir de ses livres (Simple journée d’été – présenté récemment dans L’Intervalle -,…

Dessiner le silence, apprivoiser le noir, par Anne Gorouben, artiste

J’ai découvert le travail graphique d’Anne Gorouben grâce à Léa Veinstein, ayant choisi pour l’illustration de couverture de l’édition de sa thèse, Les philosophes lisent Kafka, Benjamin, Arendt, Anders, Adorno (Editions de la Maison des sciences de l’homme, 2019), un pastel sec sur carton intitulé Berlin W. Emu par la profondeur de silence et de…

Penser la métamorphose avec Kafka, par Léa Veinstein, chercheuse, écrivain

Comprendre comment l’œuvre d’un écrivain tel que Kafka modifie, inquiète, inspire la philosophie, tel est le sujet de réflexion de Léa Veinstein dans Les philosophes lisent Kafka. Benjamin, Arendt, Anders, Adorno (Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme, 2019), qui fut d’abord l’objet d’une thèse soutenue à l’université de Strasbourg. Lisant, avec ferveur, Kafka…

Ouvrir les portes, Venise à double tour, par Jean-Paul Kauffmann, écrivain

Dans son dernier récit, Venise à double tour, Jean-Paul Kauffmann raconte une obsession : se faire ouvrir les dizaines d’églises fermées de Venise, généralement pour des raisons absconses, mystérieuses, ou tout simplement oubliées par les protagonistes eux-mêmes de la fermeture des portes. A travers un livre mené comme une enquête, placé sous la haute protection…

Un amour au présent perpétuel, par Dominique Rolin et Philippe Sollers, écrivains

Voilà l’un des plus beaux amours du siècle, entre un homme et une femme, deux écrivains, deux sensibilités traversant le temps dans la complicité prouvée par le rire, dans la concentration, l’affection et le bruit neuf, dans l’approfondissement d’une expérience intérieure vécue à deux. Refus du non-être, tout pour l’être, confirmé par la marée bleue…

Jean Paulhan et Henri Pourrat, une amitié en toutes lettres

« Si l’homme ne reste pas en liaison avec les choses naturelles, il se déshumanise. » Effet de la terreur sanitaire actuelle, j’ai reclassé plusieurs pans de ma bibliothèque – celle du bas, deuxième porte à gauche -, et rassemblé en bonne place quelques livres de Jean Paulhan, d’abord Les fleurs de Tarbes (mais attention,…