©Antoine d’Agata / Magnum Photos « La sottise, l’erreur, le péché, la lésine / Occupent nos esprits et travaillent nos corps, / Et nous alimentons nos aimables remords, / Comme les mendiants nourrissent leur vermine. » Avez-vous remarqué comme les éditions scolaires des Fleurs du Mal, de Charles Baudelaire, sont de plus en plus laides, et/ou outrageusement…
Étiquette : Littérature
Hep mes mains l’abeille, un chant d’amour, par Stacy Doris, poète
©Anne-Sophie Costenoble « Hep mes mains l’abeille / rends-les moi je t’aime / – temps qui passe ? Mince / temps n’est pas voulu / pas manger veux pas / dis tiens pour prends, va » Ecrits peu avant sa mort à cinquante ans, en 2012, adressés en premier lieu à son mari aimé Chet et ses deux…
Portrait de l’aimée en amie, par Bernard Bonnelle, écrivain
Pietà, 1475, Ludovico Brea « Gênes est loin d’être la plus belle ville italienne, mais c’est pour moi la plus fascinante, avec ses rues resserrées entre la montagne et le port, ses immeubles qui prennent appui les uns sur les autres, ses degrés, ses terrasses, ses passages. La passion des Italiens pour les murs de soutènement,…
Roma, Amor, par Laurent Bolard, historien de l’art
La Vasque de la Villa Médicis, vers 1898, Maurice Denis « Comment, se questionne Laurent Bolard, si l’on goûte ces visions sublimes, ne pas en savourer les couleurs ? S’il est au monde une capitale colorée, c’est bien celle-ci – et c’est la seule raison pour laquelle vous avez acheté Aux couleurs de Rome de Valery Larbaud….
L’écriture comme bacille, par Michel Surya, écrivain, philosophe
On lit cela chez Michel Surya, tel un chorus d’Albert Ayler, rageur, beau et presque fou à la fois : « La littérature n’est grande qu’à la condition de (se) représenter une femme belle et morte comme la queue d’un rat (Bataille) ; et le putain à l’état bébé chérissant la bouillie de charogne de rat dont on le…
Ecrire, peindre, créer, par Paul Nizon et Frédéric Pajak, écrivains
Friedrich Kuhn « Les employés sont mes ennemis. Je les déteste de tout mon cœur. (…) Et les profs ne peuvent se permette d’écrire ni sur la baise ni sur la politique, sinon ils perdent leur boulot. » (Paul Nizon) Menée par l’écrivain, photographe et journaliste Amaury da Cunha, la conversation entre Paul Nizon et Frédéric Pajak,…
Honoré de Balzac meurt comme un chien, par Victor Hugo, et Octave Mirbeau, écrivains
« Il mourra au point du jour. » Balzac, mon maître, mon frère, tu écris, tu te sauves, tu te meurs. Balzac, mon maître, mon frère, on t’adapte, tu t’adaptes, tu te meurs. Le café te sauve, le café te tue, et tu te sauves une dernière fois dans les bras de ton épouse Mme Hanska,…
Jusque dans les pores des choses, par Sylvia Ney, photographe
©Sylvia Ney « Pas si rêveur encore que l’on pense, je sais voir et voir comme voient les myopes jusque dans les pores des choses, parce qu’ils se fourrent le nez dessus. » (Lettre de Flaubert à Louise Colet, Croisset, 16 janvier 1852) De l’autre côté de l’eau, livre merveilleux de Sylvia Ney, relève-t-il du genre –…
Le crime, la sainteté, la littérature, par Yannick Haenel, écrivain
La porte de l’Enfer, 1880-1917, Rodin « Des journées comme celle qui venait d’avoir lieu, nous allions en avoir beaucoup d’autres, et non seulement il était impossible de s’y soustraire, mais il fallait endurer les scènes de crime de janvier 2015, celles de Charlie Hebdo, de l’Hyper Cacher de Montrouge ; il fallait soutenir l’insoutenable afin que…
Veiller, par Xavier Bazot, écrivain
Edouard Vuillard, La petite fille au volant, circa 1899 « Savez-vous quelle est la différence entre le communisme et le capitalisme ? Sous l’un ou sous l’autre régime, l’écrivain gagne sa vie en étant veilleur de nuit. » Je ne connaissais pas Xavier Bazot, pourtant auteur chez P.O.L., Le Serpent à Plumes et Champ Vallon de six livres…
La peinture comme désir, par Yannick Haenel, écrivain
La Mort de Sardanapale, 1827, 3,9 x 4,9m, Eugène Delacroix Pour Baudelaire célébrant Delacroix le poëte en peinture – contre Hugo l’académicien – dans son fameux Salon de 1846, le tempérament, voluptueux, violent, voire la naïveté géniale, est le secret de la préservation de l’âme. « Delacroix, écrit-il, est le seul aujourd’hui dont l’originalité n’ait pas…
Une logique au chaos, Paul Klee, par Stéphane Lambert, écrivain
« Paul Klee écrivait de la main droite et peignait de la main gauche. Une légère distorsion fait trembler la ligne d’horizon sur laquelle nous marchons. Le trait ouvre une porte dans la couleur. Qui allume une énigme dans la raison. En chaque témoin, il y a un devin qui dort. L’œuvre, elle, demeure un chemin…