Honoré de Balzac meurt comme un chien, par Victor Hugo, et Octave Mirbeau, écrivains

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« Il mourra au point du jour. » 

Balzac, mon maître, mon frère, tu écris, tu te sauves, tu te meurs.

Balzac, mon maître, mon frère, on t’adapte, tu t’adaptes, tu te meurs.

Le café te sauve, le café te tue, et tu te sauves une dernière fois dans les bras de ton épouse Mme Hanska, qui abandonne son peignoir pour son amant, le peintre Jean Gigoux.

Le 18 août 1850, Victor Hugo te rend une ultime visite – racontée dans Choses vues -, qui prononcera le 21 août 1850 ton éloge funèbre au cimetière du Père-Lachaise.

Victor Hugo court, tu es atteint d’une hypertrophie du cœur, tu es riche, tu es le plus pauvre.

On te pleure, tu pleures, ta plaie à la jambe gauche est hideuse.

Des bougies, ton râle, l’odeur infecte.

Cinquante-et-un ans, et nul Horace Bianchon à tes côtés pour te sauver comme on se sauve dans la fiction.

Tu étais légitimiste, tu étais révolutionnaire, tu es une ombre qui se tord, tu es l’atroce souffrance, tu te vides par le bout des doigts.

« M. de Balzac, proclame Hugo devant une assemblée endeuillée, faisait partie de cette puissante génération des écrivains du dix-neuvième siècle qui est venue après Napoléon, de même que l’illustre pléiade du dix-septième est venue après Richelieu – comme si, dans le développement de la civilisation, il y avait une loi qui fit succéder aux dominateurs par le glaive les dominateurs de par l’esprit. »

Octave Mirbeau écrit bien plus violemment, indigné, en novembre 1907, dans un texte étrange intitulé La 628-E8, dont les éditions Manucius publient également quelques pages saisissantes : « La vérité vraie est que Balzac est mort abandonné de tous et de tout, comme un chien ! »

Monsieur passe, qui s’en soucie vraiment ?

L’homme est un sale cochon, parfois.

Jeunes journalistes, jeunes auteurs, je ne vous donne que deux livres à lire, mais à fond, Les Illusions perdues et Choses vues, vous saurez tout, vous irez loin.

Mirbeau encore, écoutant Gigoux : « – Ah !… savez-vous ce détail ?… Quand, le lendemain de la mort, les douleurs vinrent pour mouler le visage de Balzac, ils furent obligés de s’en retourner… bredouilles, mon cher… La décomposition avait été si rapide que les chairs de la face étaient toutes rongées… Le nez avait entièrement coulé sur le drap… »

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Victor Hugo, Mort et funérailles de Balzac, suivi de La mort de Balzac, d’O. Mirbeau, Editions Manucius, 2021, 72 pages

Editions Manucius – site

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Se procurer Mort et funérailles de Balzac

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