Belgiques, par les frères Dardenne, et la revue Les Moments littéraires

©Guy Jungblut « Si l’introspection protestante est rarement le fait des Belges, la recomposition autobiographique est plus prégnante en France – avec la forme de fictionnalisation qu’elle implique. » (Marc Quaghebeur) Un numéro de la revue Les Moments littéraires (direction Gilbert Moreau) entièrement consacré aux diaristes belges, accompagné de deux portfolios confiés à la photographe Anne De…

Parme, théâtre des souvenirs, par Michèle Lesbre, romancière

« Mon voyage se transformait, le théâtre l’avait envahi. » Il me faut aller en Italie, plusieurs fois par an, par mois, par semaine, par jour. Il me faut des cartes routières, les détails des horaires des trains et des avions, des adresses d’hôtels et d’appartements. Il me faut à chaque instant, c’est le plus simple, la…

La passion Jacqueline Risset, par Michel Surya, écrivain

Jacqueline Risset, fin 2013 ©Catherine Hélie Je ne veux cesser de transmettre avec L’Intervalle la mémoire de ceux qui comptent, et de ceux qui ont compté dans le domaine de la sensibilité, de la pensée, de l’art, de la littérature. Ainsi celle de la poétesse et éminente traductrice – de Dante et Machiavel notamment -,…

Essai sur le Mystérieux, par Victor Segalen, écrivain

« Notons que le ROMAN, seul de tous les genres, possède ledit personnage haïssable : l’Auteur à tout faire, obstiné, importun, polymorphe, plat, vil, qui flatte son lecteur, lui donne de petites tapes, parfois l’injurie. Pour moi, c’est là-dedans que réside la définition du Roman que j’exècre. » Je ne sais pas si Victor Segalen (1878-1919), dont on…

Roman, culture et société, par Claudio Magris et Mario Vargas Llosa, écrivains

« Victor Hugo, écrit Claudio Magris, pouvait utiliser la même langue, le même style, la même écriture dans ses romans et dans ses pamphlets contre Napoléon III. Kafka, lui, n’aurait pas pu utiliser l’écriture et le style de La Métamorphose dans une intervention politique, par exemple pour défendre les mineurs de Silésie. » Texte né d’une rencontre,…

Les urgentistes, par Philippe Sollers, écrivain

« Vous revenez sur terre pour apprendre que la biodiversité est gravement menacée. Vous avez à peine le temps de vous identifier aux espèces visibles et invisibles qui, comme vous, vont disparaître ; abeilles, papillons, éléphants, rhinocéros blancs, flamants roses, poissons et plancton. Vous sortez, vous levez les yeux vers le ciel et sa merveilleuse indifférence, et…

Un Tex Avery écrit par Kafka sous LCD, la fin du monde, par Thomas Vinau, romancier

« La vie ce petit inventaire merdouilleux » (Thomas Vinau) L’humour apocalyptique sied bien au philosophe pince-sans-rire de l’accident et des pollutions systémiques, Paul Virilio, cité en exergue du roman (oui, si l’on veut, à la façon du caoutchouc) de Thomas Vinau, Fin de saison (Gallimard, collection Sygne) : « La fin du monde est un concept sans avenir. »…

André Malraux, écrivain d’art, par Jean-Yves Tadié, essayiste

« Je suis, écrit André Malraux, un esprit religieux sans foi. » Universitaire et éditeur, Jean-Yves Tadié est l’auteur, essentiellement chez Gallimard, de biographies et d’essais remarqués sur Marcel Proust, Jules Verne, Claude Debussy, l’art du roman. Son dernier opus sur André Malraux, Histoire d’un regard, collige des textes écrits depuis 2004 – préfaces et introductions –…

La montagne et l’humanité homicide, par Erri De Luca, écrivain

« La loi punit ceux qui impriment de faux billets, mais elle laisse courir ceux qui écoulent des mots erronés. Moi, je protège la langue que j’utilise. » Un homme incarcéré, accusé d’avoir jeté dans le vide, lors d’une ascension en montagne, un camarade de luttes politiques ayant trahi les siens afin d’obtenir une réduction de peine….

Une histoire vagabonde de la littérature romanesque, par Philippe Le Guillou, écrivain

Essai de critique subjective sur l’art du roman à travers les siècles, écrit par un lecteur assumant totalement ses goûts parfois hétérodoxes, Le roman inépuisable, de Philippe Le Guillou, est un éloge de la littérature comme capacité d’émerveillement. Entrée particulièrement enthousiasmante dans un domaine romanesque marqué par sa liberté et sa puissance protéiforme, cet ouvrage…

Le vide et les vacations farcesques,  un premier livre éblouissant de Tiphaine Le Gall (1)

« Quelques jours plus tard, il remit à son éditeur, le fameux Edgar Firmin, deux cent quatre-vingt-trois pages vierges, sans titre, en lui annonçant que son œuvre était achevée, et qu’elle ne souffrirait aucune correction, aucun ajout, aucune modification. » C’est sans contexte l’un livres des plus enthousiasmants de cette rentrée littéraire morose, très certainement l’un des…