Quand Rosetta rencontre Tchoury, Xavier Barral parmi les étoiles

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Un film extraordinairement mince : l’atmosphère de la terre, qui abrite la vie.

© ESA/ROSETTA/MPS FOR OSIRIS TEAM MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/ID  – CC BY-SA 4.0

L’homme Xavier Barral n’est plus, mais son nom, associé à l’excellence, continue de rayonner, qui est un vaisseau spatial lancé aux confins de la planète Edition.

En témoigne une nouvelle fois, après le fabuleux Mars (2017), le livre La Comète, Le Voyage de Rosetta, prouvant s’il en était encore besoin la fécondité des liens entre art et science.

En voici le propos, rédigé par Xavier Barral lui-même, comme toujours très précis : « La mission Rosetta marque une nouvelle étape dans l’exploration de nouveaux territoires, avec l’ambition d’aller à la rencontre de la comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko. Un périple de 6,5 milliards de kilomètres, d’une durée de 12 ans, 6 mois et 28 jours, pour y découvrir un objet long de 5 kilomètres qui tend inexorablement à disparaître à chacun de ses passages autour du Soleil, tous les 6 ans et demi. La sonde, équipée de plusieurs caméras, a pris des centaines de milliers de clichés, uniques, qui ont conduit les scientifiques dans ce voyage. Les images collectées font partie du trésor de ces découvreurs. Leur lecture nous invite à reconsidérer nos références terrestres. Sur 67P, ce qui semble solide peut s’avérer d’une grande fragilité. »

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Mars, ciblée pendant la croisière interplanétaire, survolée le 24 février 2007.

© ESA/ROSETTA/MPS FOR OSIRIS TEAM MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA – CC BY-SA 4.0

L’enjeu est ici de savoir ce que renferme le noyau d’une comète, en l’occurrence la dénommée Tchoury, composée de poussière (datant probablement de 4,5 milliards d’années, avant la création du système solaire) et de glace, afin de percer plus avant le mystère de l’apparition de la vie sur terre.

Nous voici donc, avec cette nouvelle publication astrale, embarqués à bord de la sonde Rosetta, que l’écrivain allemand Hanns Zischler appelle « baguette de sourcier », et du petit atterrisseur Philae, laboratoire scientifique miniature ayant été capable de se poser sur la comète, en une sélection cent cinquante photographies prises le long de leur parcours.

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L’astéroïde Lutetia rencontrée le 10 juillet 2010.

© ESA/ROSETTA/MPS FOR OSIRIS TEAM MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA – CC BY-SA 4.0

La prouesse technique concerne aussi les deux caméras optiques à haute résolution ayant réalisé plus de 100 000 images, l’un à petit champ, équipée d’un téléobjectif pour examiner le noyau cométaire, et la seconde à grand-angle pour documenter à la fois la comète et les jets de poussière qui l’entourent.

On peut lire les images exposées dans ce très beau volume au papier glacé, où le noir intense semble contenir une lumière invisible, de manière scientifique, mais il n’est pas exclu que le regard poétique ne les ouvre aussi, autrement, du côté de l’immémorial ou de l’abyssal, à notre compréhension.

« Rosetta, explique en préface Jean-Pierre Bibring, astrophysicien français, a accompagné nos vies pendant plus de trente ans ! Elle fut conçue à la suite des missions de survol de la comète de Halley, en mars 1986. L’ère pionnière de l’exploration spatiale du système solaire, née en janvier 1959 avec Luna 1, première mission interplanétaire, était encore dans son enfance. Des sondes spatiales étaient déjà parties observer les Lune et les planètes, les unes après les autres. L’impatience était grande de pouvoir réaliser une mission vers une comète, tant l’intérêt de caractériser de près de tels objets semblait important. »

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Autoportrait de Rosetta avec la comète Tchoury.

© ESA/ROSETTA/PHILAE/CIVA

Et ce que l’on voit est sidérant : les grains de paille du ciel, la concentration lumineuse sur terre (Golfe du Mexique), la minceur bouleversante de l’atmosphère terrestre (à quoi tient la vie), un lever de lune, l’astéroïde Steins en forme de diamant, des traces de rayonnement cosmique, la noirceur extrême de Tchoury, caillou volant dans l’espace comme une sculpture d’art brut.

Des pics, des crêtes, des balafres, des cratères, des falaises, des blocs épars : nous voyons ce que nul n’a jamais vu, Tchoury, « capsule temporelle protoplanétaire » (Zischler) étant une comète « à la forme d’un trognon de pomme » de 5 kilomètres de longueur.

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Plaquette de l’instrument COSIMA destiné à collecter les particules en suspension autour de la comète Tchoury.

© ESA/ROSETTA/MPS FOR COSIMA TEAM MPS/CSNSM/UNIBW/TUORLA/IWF/IAS/ESA/BUW/MPE/LPC2E/ LCM/ FMI/UTU/LISA/UOFC/VH&S

Forces et fragilité, vulnérabilité et puissance de notre habitat premier : la photographie, prise à une distance de 78 millions de kilomètres, de la terre et de la lune ensemble, séparées d’environ 400 000 kilomètres, procure un vertige ontologique.

Et puis, « après avoir parcouru plus de 6,5 milliards de kilomètres pendant un voyage de dix ans, passé deux années d’observations et de mesure en orbite, et avoir récolté des centaines de milliers d’images, la sonde reçoit un dernier ordre le 30 septembre 2016 : s’écraser lentement sur la comète, et couper le contact. La mission Rosetta est terminée. »

Commence alors l’aventure d’un livre.

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Jean-Pierre Bibring & Hanns Zischler, La Comète, Le Voyage de Rosetta, Editions Xavier Barral, 2019, 216 pages – 150 photographies N & B

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Editions Xavier Barral

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Vue de la comète Tchoury. Au premier plan, le grand lobe avec de haut en bas Ash, Seth et Anubis. En arrière-plan Hathor, région du petit lobe, entre Anuket en bas, et Ma’at au sommet.

© ESA/ROSETTA/MPS FOR OSIRIS TEAM MPS/UPD/LAM/IAA/SSO/INTA/UPM/DASP/IDA – CC BY-SA 4.0

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Se procurer  La comète, Le Voyage de Rosetta

Se procurer Mars

 

 

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