Leonard est un Indien, par Laure Vasconi, photographe

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© Laure Vasconi

Réalisées à Paris pendant le confinement, de mars à mai 2020, les photographies de Leonard at home exposent la relation très tendre et joueuse entre une mère, Laure Vasconi, et son fils, jeune trisomique de 16 ans.

« Leonard, précise l’auteure de cette série artistique, a mis en place un jeu à travers des personnages fictifs qui l’ont aidé à concrétiser et à trouver des réponses à ses interrogations quotidiennes, en réaction à sa propre compréhension de la situation. S’est instauré entre nous un rituel d’une photo par jour, tel un dialogue pendant tout ce temps suspendu à l’intérieur de la maison. »

Le temps s’étirait démesurément, prenait une drôle de géométrie, ouvrait et rétrécissait l’espace.

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© Laure Vasconi

En se déguisant, en se réinventant, en transformant par l’imaginaire des lieux archiconnus, Léonard a ouvert des mondes, des fenêtres de réalités autres.

Regardé par sa mère, le garçon-pirate retourne l’enfermement en puissance de différence, et affirmation d’altérité.

Casque sur les oreilles, écoutant de la musique, Léonard s’absente, comme lors des moments de lecture, physiquement présent, mentalement ailleurs.

Il est à la fois garçon et adolescent, à cet instant très beau du basculement dans un autre ordre de grandeur et de responsabilité.

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© Laure Vasconi

Le regard de l’un à l’autre, de l’autre à l’un, est un contact haptique, un soutien, une pleine reconnaissance.

L’appartement est clair, lumineux, les espaces sont dégagés, redonnant aux volumes leur capacité structurante.

Un selfie avec un masque de singe, de la mousse à raser, de la mélancolie, une danse sur le parquet, un sabre de Jedi.

Où est Léonard ? Dans quelles projections ? Dans quelles lumières et dédales intérieurs ?

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© Laure Vasconi

L’arbre de la cour intérieur apparaît souvent, s’épanouissant avec le printemps venu.

Il ne nargue pas les reclus, mais leur rappelle qu’eux aussi un jour seront de nouveau à l’air libre.

C’est un espoir, alors qu’à l’intérieur de l’immeuble un enfant joue au fantôme.

Apparaît le générique de Pickpocket de Robert Bresson, le geste du vol comme art majeur : vous étiez riches, vous êtes pauvre, vous vous croyiez invulnérables, vous êtes dérobés.

Grâce métaphysique de n’être rien qu’une chorégraphie de doigts dans une veste entrouverte.

Peu à peu, le jeune homme est devenu indien, comme nous tous.

La crainte du virus aura redonné aux poteaux de couleur, à la capacité d’invention, et à la force des liens, une solidité nouvelle.

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Laure Vasconi, Leonard at home, direction artistique Studio Fouinzanardi, 2020 – 200 exemplaires

Laure Vasconi – site

Pour commander le livre, contacter l’artiste sur Instagram

Photographies présentées pour la première fois dans le cadre de l’exposition The World Within au Hangar Photo Art Center et de la cinquième édition du Photobrussels Festival, de novembre 2020 à janvier 2021

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