La cavale de Milo McMullen, par Nicolas Comment, photographe

26-27

© Nicolas Comment

Mon père travaillait dans la pétrochimie. Le commerce de soupapes, de jauges et de testeurs.

Il lisait peu, ou pas du tout, mais emmenait systématiquement lors de ses voyages en terre étrangère, généralement dans quelque raffinerie du pourtour méditerranéen, un SAS.

J’ai dû apprendre à lire en cherchant à toute vitesse les passages où le héros de cette série de plus de deux cents titres, Malco Linge, se livrait à des prouesses érotiques qui me fascinaient.

22-23

© Nicolas Comment

Bien entendu, les couvertures de Magie noire à New York, Escale à Pago-Pago, ou Mission à Saïgon, montrant systématiquement une pin-up en sous-vêtements sexy portant une arme à feu ne me laissaient pas indifférent.

D’un côté la répression des instincts élémentaires, et de l’autre les débondages les plus crus : telles étaient les années 1970, entre jouissances consuméristes et tentatives de réinvention de soi.  

Héroïne d’un photo-roman d’aujourd’hui, inspiré des codes du polar à la française, façon Melville mais sans le puritanisme du maître aux lunettes noires, Milo McMullen, photographiée à Deauville et dans le port du Havre, est dans Cavale, de Nicolas Comment, une femme fatale tirant à balles réelles, ouvrant les yeux et le compas de ses jambes comme on déclenche la guillotine.

28-29

© Nicolas Comment

Encore mieux qu’un SAS, un carnet d’images publié par Filigranes Editions, montrant une James Bond Girl normande en talons aiguilles et gants rouges.   

Une valise, un manteau de fourrure, des bas.

Les villes sont désertes, où traînent quelques fantômes des Années folles.

C’est le Far Ouest et ses tumbleweed.

16-17

© Nicolas Comment

C’est une page de roman où tremblent les rideaux d’un casino.

C’est un livre de solitudes à deux, où le froid rêve de se transformer en feu.

Des espaces vides, du sable, des réverbères, le visage d’une adorable durassienne.

6-7

© Nicolas Comment

Un ciré de skaï noir ouvrant sur un corps nu.

Une femme se maquille, prend sa valise et s’échappe.

Il faut la grâce d’un petit livre d’images pour la garder encore un peu près de soi, dans le jeu et la mélancolie.

52-53

© Nicolas Comment

Les chevaux du temps passent.

Conçu comme un hymne, Cavale est une élégie.

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Nicolas Comment, et Milo McMullen, Cavale, Filigranes Editions, 2021 – 500 exemplaires

  • en vente à partir du 10 juin 2021, mais disponible d’ores et déjà à la librairie La Nouvelle Chambre Claire (Paris) et à la galerie Polka (Paris), où expose actuellement Nicolas Comment (dates à vérifier)

Filigranes Editions

38-39

© Nicolas Comment

Nicolas Comment – site officiel

Galerie Polka

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