Terres obsidiennes, champs magnétiques, par Guillaume Noury, photographe

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© Guillaume Noury

En 1974, peu après la mort de Pablo Picasso, paraît La tête d’obsidienne, d’André Malraux : il s’agit de relever les traces que laisse le peintre après sa disparition, de noter des souvenirs, des rencontres.

La tête d’obsidienne serait une œuvre aztèque qui se trouverait au musée national d’anthropologie de Mexico, mais c’est une fiction.     

Ainsi, comme un rêve éveillé, la très belle suite photographique de Guillaume Noury, publiée à Nantes par les éditions Sur la Crête, Terres obsidiennes, livre ponctué d’images de montagnes envahies par la brume, les nuages, le mystère des tempéraments naturels.

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© Guillaume Noury

Cet ouvrage au principe musical, constitué de variations, de notes réitérées parmi des phrases nouvelles, est une méditation sur le toucher et l’absence, la juste distance et l’étreinte, le souvenir et la recréation.

Il y est question de naissances, de mondes flottants, d’initiation.

Il ne faut pas chercher à enfermer le sens, mais garder ouverts les pores et portes de l’esprit.

Les photographies suggèrent, inspirent, troublent, il faut les lire en les reliant, construire des chemins, franchir des gués, entendre des résonances.

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© Guillaume Noury

Brassage du feu, de l’eau, de la terre et de l’air.

Les montagnes sont des déités, des champs énergétiques, océans retournés, ou entrés en révolution.

On marche dans la mer comme on remue l’univers, la vie nous boxe, la lumière nous sauve.

Terres obsidiennes se regarde comme on écoute du Bill Evans, avec mélancolie et joie levée par la grâce du swing.

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© Guillaume Noury

Des silhouettes, des façades striées d’ombres, des jeux de cernes, des conversations de gestes.

On s’agite, on essaie de vivre, de se parler, de s’aimer, dans la noble indifférence des sommets, garants d’un ordre supérieur.

Nous sommes probablement trop sentimentaux, trop fragiles pour affronter les rocs qui nous déchirent, nous sommes friables.

Eux, elles, s’érodent en silence, lentement, avec une majestueuse révérence.

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© Guillaume Noury

Tandis qu’il agonise, Agamemnon déclare à Ulysse, au chant XI de L’Odyssée : « Je cherchai à lever les mains et les laissai retomber à terre, mourant, percé du glaive ; et la chienne s’éloigna, sans avoir le cœur, quand je m’en allais chez Hadès de me fermer les yeux de ses mains et de me clore les lèvres. »

La chienne n’est autre que la vie elle-même, si belle et si terrible, transparente et coupante comme une pierre opaline révélant sa menace.

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© Guillaume Noury

Terres obsidiennes est un berceau, est un tombeau, est un lied romantique.

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Guillaume Noury, Terres obsidiennes, texte/poème Amélie Samson, éditions Sur la Crête (Nantes), 2021 – 300 exemplaires

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Sur la Crête – site

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© Guillaume Noury

Guillaume Noury – site

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© Guillaume Noury

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