A la recherche de l’amour, par Fabio Miguel Roque, photographe, éditeur

Damien Daufresne (4)

©Damien Daufresne

Conçu à Lisbonne par l’excellent Fabio Miguel Roque, la nouvelle édition du fanzine Preto Magazine réunit des images des non-moins doués Marie Sordat, Gilles Roudiere et Damien Daufresne, comparses ayant déjà plusieurs fois travaillé ensemble et se connaissant bien.

Pas de texte mais de la vision brute, en noir & blanc métaphysique.

Des mains tendues, des ombres inquiétantes et des baignades baptismales.

Damien Daufresne (3)

©Damien Daufresne

Tout est question de regard, de délicatesse dans la distance, d’accueil de ce qui est.

Un couple se forme, s’embrasse, un enfant est né.

Les étourneaux nous réapprennent la géométrie, les chats ont les yeux fous, nous sommes des égarés à la recherche de l’amour.

On a déjà pu voir çà et là les images du trio, mais jamais ainsi, mises en commun, dans un dialogue rendant parfois hommage au maître Daido Moriyama et à la revue Provoke

Gilles Roudiere (3)

©Gilles Roudiere

Un chien loup nous observe, quelque peu désolé de notre manque de certitudes.

Les mains sont très présentes dans cette dernière livraison, mains qui effleurent, mains qui attendent, mains qui caressent une moire liquide, un pied, une cuisse, mains qui se glissent entre les jambes, mains qui dansent et tiennent fermement leur partenaire.

On se cherche, on se boude, on se désire, un cargo a fait naufrage.

Marie Sordat (3)

©Marie Sordat

Dieu est là, dans le mince espace séparant l’épaule de l’un de celle de l’autre, ou l’île de droite de celle de gauche.

Tout est très beau dans la nudité des peaux, des attentes, des exhibitions pudiques.

Les mères nues lovées contre leur enfant endormi sont les plus émouvantes du monde.

Marie Sordat (4)

©Marie Sordat

Il ne reste plus longtemps à la planète Terre pour expulser la démone race humaine, mais il y a encore la chance d’un baiser sur un front, d’une chevelure adorée, d’une jouissance échappant à l’ordre social mortifère, d’enfants courant à perdre haleine vers la forêt.

Preto Magazine Eleven, avec des contributions de Damien Daufresne, Gilles Roudiere et Marie Sordat, 2021, 38 pages

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©Fabio Miguel Roque & Peter Oey

Le bonheur existe aussi en trente exemplaires avec le volume Amor Fati, composé de travaux personnels de Fabio Miguel Roque et Peter Oey.

On entre ici dans un territoire étrange, fait de couleurs grasses et d’images de diverses natures.

Amor fati est un polyptique, une sorte de condensé fantasmatique de notre civilisation, entre portrait de reine et explosion atomique, traces de peinture et écritures scotchées.

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©Fabio Miguel Roque & Peter Oey

L’ensemble est composite, multiple, risqué – comme chez Vincent Delbrouck et Alexandre Furcolin.

On ne sait pas très bien où l’on est, la perte de repères est parfaite.

Art pariétal, solarisation, et attaque de renard.

Grillages et écailles de serpent.

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©Fabio Miguel Roque & Peter Oey

Venin de la politique et espoir de la poétique.

Tatouages, flammes, taches, câbles déroulés.

Quand la mélancolie est trop forte, frottez-vous aux cactus.

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Fabio Miguel Roque & Peter Oey, Amor Fati, texte Monica A. Quijano, 2021, 32 pages – 30 exemplaires

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Fabio Miguel Roque

Preto Magazine

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