Aux Champs Elyséens, par Ayline Olukman, artiste visuelle

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©Ayline Olukman

Assez de malheurs, de turpitudes morales, de bassesses, il est temps de rejoindre le Paradis, ou, avec l’artiste multidisciplinaire Ayline Olukman, les Champs Elyséens.

Faut-il un brevet de bonne conduite ? Faut-il mériter l’accès au Suprême Bien ? Non, il faut simplement le décider, le déclarer, comme une prière dite avec conscience.

Photographe – voir La Mue, chroniqué dans L’Intervalle le 15 avril 2020 -, Ayline Olukman est aussi peintre, comme le prolongement d’une même caresse, comme un chemin d’effleurements face à ce qui se donne dans toute sa grâce et sa beauté.

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©Ayline Olukman

L’artiste cite Homère : « Les Immortels t’emmèneront chez le blond Rhadamanthe, aux Champs Elyséens, qui sont tout au bout de la terre. / C’est là que la plus douce vie est offerte aux humains ; / Jamais neige ni grands froids ni averses non plus ; / On ne sent partout que zéphyrs dont les brises sifflantes montent de l’Océan pour donner la fraîcheur aux hommes. »

Entremêlant les techniques, croisant peintures, photographies, dessins, collages et poèmes personnels, Elysian Fields, toujours publié chez Médiapop édition, fait de chaque page ou double-page une proposition édénique.

Un serpent glisse sur la couverture cartonnée, mais il n’est pas inquiétant, faisant davantage penser à l’attribut thaumaturgique du héros thessalien Esculape qu’à l’affreux tentateur de la Bible.

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©Ayline Olukman

Nous ne sommes pas dans le péché, mais dans la guérison, le soin, la paix, l’allègement, tant le double élément de l’air et de l’eau (flottaison de naïades) semble nécessaire à la complexion de l’artiste.

Les tropiques peuvent être tristes, mais elles sont essentiellement de lumière, animées d’un feu intérieur très calme, et d’une sorte de sagesse ardente.

Associant des travaux très différents, dessins, esquisses, toiles peintes, Elysian Fields, dont les personnages ont souvent les yeux fermés, témoigne d’un monde intérieur très riche et d’une introspection sans angoisse.

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©Ayline Olukman

Le mystère est là, mais aussi la beauté – qui est une façon de nous relier au-delà des médiocres calculs du Spectacle cherchant sa rentabilité -, un partage valant acte politique.

La mission de l’artiste selon Ayline Olukman ? témoigner de la liberté, de l’innocence, de l’indocilité.

La sensualité des corps féminins, peints souvent en maillot de bain, relève chez l’artiste strasbourgeoise ayant beaucoup voyagé d’une pudeur de lumière offerte à tous comme un enchantement.

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©Ayline Olukman

Une vibration se lève, s’amplifie, s’épanouit, porteuse d’une ouverture qui ravit l’âme.

Appelle-t-on cela la quarantaine chez une femme, ayant par ailleurs beaucoup regardé Georgia O’Keeffe ?  

On peut ici se souvebir des premiers mots de Paradis, de Philippe Sollers (1981) : « voix fleur lumière écho des lumières cascade jetée dans le noir chanvre écorcé filet dès le début c’est perdu plus bas je serrais ses mains fermées de sommeil et le courant s’engorgea redevint starter le fleuve la cité des saules soie d’argent sortie du papier jute lin roseau riz plume coton dans l’écume » 

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Ayline Olukman, Elysian Fields, poèmes Ayline Olukman, textes Cécile Becker, Elsa Flageul, Bertrand Gillig, Médiapop éditions, 2021, 224 pages

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©Ayline Olukman

Mediapop Editions

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©Ayline Olukman

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