Yaga, la liberté d’une femme, par Agata Kalinowska, photographe polonaise

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©Agata Kalinowska

Dans les contes russes et le folklore scandinave, le baba Yaga est une figure de sorcière.

De nature ambiguë, elle est à la fois celle qui donne et celle qui retire, la chasseresse et la travestie, l’adversaire et l’amie, l’ogresse et la femme Serpent, la protectrice des puissances archaïques et la dominatrice.

Agata Kalinowska a décidé d’appeler ainsi son premier livre Yaga, comme un cri de colère, comme une revendication de la liberté féminine sans concession.  

Peut-on, en étant femme, se revendiquer garçon sans désirer pour autant posséder un pénis ?

Dans le monde queer, les hommes n’ont-ils pas, ici comme ailleurs, tendance à occuper le terrain ?

Yaga questionne en images la construction sexuelle hétéronormée dans une « sorte d’exhibitionnisme excentrique ».

Etre vue pour être reconnue.

Etre lesbienne et se sentir homme, ou pas.

Avoir souffert d’être regardée comme un monstre, et maintenant en apprécier le pouvoir, déclarer la joie d’être différente, masculine et féminine.

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©Agata Kalinowska

Il faut abandonner le contrôle, accepter d’imposer qui l’on est, passer avec fluidité entre les fourches des intolérants.

La Pologne est un pays complexe, assez furieux, tiraillé entre émancipation et valeurs morales figées, laissant place aux expérimentations, mais cadenassé par les puissances de répression.

Avec Agata Kalinowska photographiant ses ami-e-s, le cadre normatif explose.

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©Agata Kalinowska

Les filles font la fête, boivent, se désirent, jouent, fument, dansent, se couchent tard, le monde leur appartient.

Un bébé grandit entre deux femmes, il est radieux.

Le sang menstruel coule, qu’en pense sa sainteté Jean-Paul II ?

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©Agata Kalinowska

On est déchirées, on est allongées nues sur des matelas de rêves purpurins, on est un homme comme un autre, si l’on veut.

Beauté des amours lesbiennes, corps tatoués, plaisirs de fleurs ouvertes.

Yaga est le visage d’une Pologne nouvelle, queer, libre, violente encore, mais refusant de cacher sa joie de vivre, sa quête identitaire, son goût de la différence.

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Agata Kalinowska, Yaga, curated by Lukasz Rusznica, design Agata Bartkowiak, publisher BWA Wroclaw Galerie Sztuki Wspolczesnei, 2021, 176 pages

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©Agata Kalinowska

Se procurer Yaga

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©Agata Kalinowska

Agata Kalinowska – photographer, writer and bartender affiliated with BWA Wrocław, Ośrodek Postaw Twórczych (Creative Arts Centre), and the Wrocław bar scene. Her interests include the experiences of the precariat, which she documents on her blog relativelyhuman.blogspot.com. Agata’s work has been presented in Poland and abroad. Her exhibition Just Don’t Fall in Love, held at the Miejsce przy Miejscu Gallery in Wrocław in 2015 and curated by Łukasz Rusznica, enjoyed immense popularity. Her dummy SCUM was shortlisted for the Kassel Dummy Award in 2018 and made it to the finals of the Gomma Grant 2019. YAGA, will be released by BWA Wrocław in September 2021. 

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