Tientos, présence et tremblements, par Inigo de Satrustegui, écrivain

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©Frédéric Lefever

« On ne remonte jamais assez haut. Il faut envisager ce qui commença de se manifester dans l’activité humaine lorsqu’un néandertalien rapporta, tout au fond de sa grotte, un coquillage, un polypier fossile et un bloc de pyrite de fer. »

J’ai découvert grâce à Serge Airoldi une voix, celle d’un écrivain rare, scrupuleux, attentif à chaque phrase, à chaque formulation de pensée, Inigo de Sartrustegui, auteur d’articles sur l’art médiéval et l’art contemporain, ainsi que des livres Trois Cahiers (William Blake & Co, 2011) et Car les grandes villes, Seigneur (Fario, 2013).

Les éditions Fario publient aujourd’hui un recueil de proses brèves, Tientos, soit l’art du toucher, de la caresse, de l’effleurement, de la grâce andalouse exprimée dans le flamenco.  

L’écrivain basque s’interroge sur le fragile et puissant sentiment d’être au monde, et sur les nécessités de l’art face à un tel constat.

Avec Mi Salamanca, Inigo de Satrustegui revient sur ses études dans l’historique ville universitaire espagnole, et le goût de l’école buissonnière pour un jeune homme préférant les enseignements de la fête et de la flânerie plutôt que ceux des savoirs abstraits.

La pêche à la truite dans le sud-ouest de la France ou dans le Montana ne vaut-elle pas plusieurs masters dans les affreusement dites sciences humaines ?

Atteindre la présence, et ne pas la perdre, n’est-il pas la quête des vies les plus ambitieuses, si ce n’est les plus réussies ?

 L’art peut aider, qui est un gong, une frappe de réveil dans un dojo zen, un pari sur l’aura comme chaleur de vérité.

Recherche de la lumière et éloge du philosophe-ami Bernard Mabille (1959-2014) : « car je n’ai pas connu d’amitié plus ardente et plus fraîche, ni plus profonde, ni plus noble – et la juste distance qui permet au cœur de battre plus fort. »

Au début était la stupeur de l’être, notre tremblement face à ce qui apparaît sur fond de néant, l’opacité du rien.

Visuel-FRONTONS

©Frédéric Lefever

Les dieux sont peut-être morts, mais pas le sacré, du langage comme de l’entièreté de ce qui est.

Nous pouvons prier, le tympan de la cathédrale d’Autun indique des directions spirituelles, l’art n’est pas un décor mais une entrée privilégiée du Royaume.  

On peut aussi – texte à propos du livre Frontons, de Frédéric Lefever – s’agenouiller devant un mur transfiguré, cette surface de projection fantasmatique.

Tientos ouvre la joie.

Inigo de Satrustegui, Tientos, suivi de L’image la plus grave de la joie, éditions Fario, 2021, 56 pages

Editions Fario – Tientos

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Frédéric Lefever

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