Vanités glaciaires, par Aurore Bagarry, photographe

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©Aurore Bagarry 

« Ce travail commencé en juin 2012 et achevé en juillet 2017, a pour objet la photographie des principaux glaciers du massif du Mont-Blanc. Inventaire symbolique, il présente 74 photographies et 67 glaciers. Il est suivi d’une série réalisée en 2011 dans le massif du Chablais, reflet de l’histoire glaciaire qui a formé les Alpes. » (Aurore Bagarry)

J’ai exprimé à plusieurs reprises déjà tout le bien que je pense de l’œuvre photographique d’Aurore Bagarry, méthodique, poétique, écosophique.

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©Aurore Bagarry 

Rigueur du travail à la chambre, silence, inspiration, respiration, déclic.

Beauté, danger, conscience.

Changement climatique, fonte des glaces, mutation.

Art, méditation, pensée juste.

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©Aurore Bagarry 

La première publication consacrée à la série Glaciers, éditée en deux volumes (2015 et 2017), étant épuisée, les Editions Hartpon ont eu l’excellente idée de les réunir en un livre unique, complété de la série réalisée dans le massif du Chablais.

A mon tour de revisiter mes archives, et d’en extraire quelques phrases et propos – issus d’un entretien avec l’auteure effectué en novembre 2016 – concernant ce projet remarquable.

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©Aurore Bagarry 

  • « à la croisée de la photographie documentaire allemande et d’une démarche plasticienne dominée par la volupté des abstractions » (F.R.)
  • « des champs de bataille baroques et doux » (F.R.)
  • « Quelle place accorder à l’histoire, au souvenir, à la trace photographique, au témoignage ? Quelle place donner à l’oubli, au rêve, à la contemplation, au romantisme ? » (A.B.)
  • « Cette lumière d’aube ou crépusculaire m’a permis d’avoir beaucoup de douceur, très peu d’ombres et de mettre en valeur chaque détail de la roche et de la glace. Cela permet aussi de révéler toutes les variations et les richesses colorées de la haute montagne. » (A.B.)
  • « La photographie procède ici de l’expérience de l’espace. » (A.B.)
  • « La montagne est un endroit fascinant, dangereux, terrifiant et inépuisable. C’est un espace en perpétuelle transformation. Cette absence de stabilité crée de nouvelles formes, dont les interprétations sont multiples et contradictoires : exaltation des forces naturelles ou stigmates d’une modernité aveugle et destructrice. » (A.B.)
  • « Les romantiques allemands fusent dans ce travail, comme Carl Gustav Carus. J’admire énormément le travail de la couleur de William Turner. Les panoramas aquarellés de Paul Helbronner ainsi que les paysages de Cuno Amiet et d’Ernst Willers m’ont influencée dans la composition de mes cadrages. » (A.B.)
  • « Il s’agit peut-être d’une ode à la pratique de l’alpinisme, qui, par métaphore, pourrait être comparée à une démarche artistique : chercher des formes, des indices, se confronter à son propre corps, aux contingences extérieures, apprendre dans le faire et dans sa relation à l’autre, parcourir, se dépasser et se perdre, sans jamais vraiment atteindre une satisfaction ultime, pour enfin redescendre, sans filet. »
  • « véritable jubilation » (F.R.)
  • « L’acte esthétique se fait ainsi geste de veille face à la disparition progressive des surfaces glaciaires. » (F.R.)
  • « Si le sublime est ainsi le retournement de la terreur en célébration, la geste photographique de la regardeuse obstinée rejoint ce point où paraissent s’abolir les antinomies morales dans une juste concordance entre paysage extérieur et confins intimes. » (F.R.)
  • « On recherche une île, un refuge, un abri de hauteur, quand ici-bas tout paraît sale, insuffisant, et l’on trouve finalement un autre soi-même en des blocs d’êtres incompréhensibles et particulièrement mouvants sous des atours de fausse immuabilité. » (F.R.)
  • « La montagne fond, flotte, dérive, et c’est un vaste océan où nous nous diluons, comme le vieux Wang-Fô de Marguertite Yourcenar dans la mer de jade qu’il invente pour ne pas trépasser. » (F.R.)
  • « Le granit s’oxyde, des parois s’effondrent, l’auge glaciaire perd de son épaisseur, les moraines morigènent, des crevasses se créent. » (F.R.)
  • « La photographie ne serait-elle après tout qu’une discipline thanatopraxique ? » (F.R.)

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Aurore Bagarry, Glaciers, édition intégrale, textes de Michel Poivert, Luce Lebart, Sophie Justice et Vincent Chanson, légendes rédigées par Luc Moreau, édition Caroline Perreau, conception graphique Patrice Renard, photogravure Guillaume Fleureau, La Chambre Noire, Editions Hartpon, 2022, 208 pages

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©Aurore Bagarry 

Editions Hartpon

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©Aurore Bagarry 

Commander le livre chez Hartpon

Exposition Aurore Bagarry à la Maison des Arts du Léman (Thonon-les-Bains), jusqu’au samedi 4 juin 2022 – signature du livre le 6 mai 2022 en présence de la photographe et de l’éditeur

Maison des Arts du Léman

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©Aurore Bagarry 

Aurore Bagarry est représentée par la galerie Sit Down (Paris)

Galerie Sit Down

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Se procurer le volume Glaciers

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