Rencontrer la Vie, par Jean-François Spricigo, photographe

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©Jean-François Spricigo

« Heureusement j’écris et j’aime, ce qui me permet de ne pas prêter une oreille absolue à cette morne « musique de l’ennui » qui suinte par tous les pores, désormais sans frontières, du discours contre l’être, le discours de la clôture de cet être. » (Marcel Moreau, Quintes, 1962)

La rencontre de l’œuvre et de la personne de Jean-François Spricigo est pour moi l’une des plus belles surprises de ces derniers mois.

Parce que sa parole est intense, et que la radicalité de sa démarche tend à accueillir le plus simple, le plus vrai, le plus immédiat dans sa dimension de présence et d’inouï.

Son travail photographique procède d’un sentiment de vie irréductible à tout calcul, ou toute manigance égoïque.   

J’ai recueilli ici quelques-unes de ses paroles d’éveil.

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©Jean-François Spricigo

Votre dernier livre, publié à Marseille au Bec en l’air, oraison sauvage, est un grand succès public et critique. Comment le comprenez-vous ?

Je vous remercie pour votre enthousiasme, cependant il faut redonner une juste proportion à l’événement, il s’agit d’un tirage de 800 exemplaires qui s’inscrit dans un marché de niche. Bien sûr, je suis heureux et touché que le livre ait trouvé son audience. Nous l’avons voulu singulier dans sa forme, ainsi est-il d’autant plus appréciable qu’un objet « hors norme » ait pu rencontrer une attention. Pour le reste, comme tout dans la Vie, il n’y a rien à comprendre, simplement accepter inconditionnellement ce qui se produit, les choses sont ce qu’elles sont. Je m’emploie à les accueillir le cœur ouvert.

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©Jean-François Spricigo

Vous avez choisi de joindre à votre livre un texte de Marcel Moreau rédigé en 2004, qui est un éloge de votre travail, ainsi qu’un entretien avec cet auteur belge naturalisé français en 1974. Pourquoi ce nom, cette présence, cette parole ? Comment lisez-vous cet écrivain prolifique n’ayant cessé de se battre contre les cloisonnements et la moraline ?

Marcel est certes un grand écrivain, mais pour moi il est avant tout un ami. Ce fut un privilège de le côtoyer si tôt dans mon existence. Insolent, attentif, radical au sens étymologique : qui va à la racine. Marcel m’a offert une écoute et une bienveillance tellement précieuse dans le chemin d’une vie, d’autant plus que celle-ci fut si souvent aux prises avec l’inquiétude. Marcel est de ceux qui galvanisent la confiance, il inspire à oser. Je l’ai côtoyé régulièrement plus de quinze ans, nos échanges avaient la simplicité nécessaire pour aborder les vertiges du monde, sans inutile dramatisation, avec une écoute des silences pour laisser s’intégrer l’intensité.

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©Jean-François Spricigo

N’y a-t-il pas chez vous une conscience des frontières poreuses du moi ? L’autre n’est-il pas déjà vous et n’êtes-vous pas déjà l’autre ? Ne cherchez-vous pas par votre art un dépassement des vieilles dichotomies ou antinomies humanité/animalité, conscience/déraison, réalité/irréalité ?

J’ai le sentiment que toutes séparations ou hiérarchisations de la Vie participent de sa réduction. J’en comprends bien sûr l’usage en société : c’est un moyen efficace pour la rentabiliser. Perdant sa subtilité, la réification du vivant soumet au vénal toute sa libre dimension.

À travers la création, j’essaie d’être en résonnance avec l’intime de la Vie, l’unicité du vivant.

Mon existence en soi importe peu, ce qui prévaut est la disponibilité à la Vie qui la traverse. Je ne suis pas son intention, j’incarne son expression. Peu importe la forme que la Vie a choisi de prendre, l’essentiel tient à notre discernement à reconnaître la Vie dans la forme.

Ça m’est venu en observant simplement la respiration : deux mouvements en apparence contraire (inspiration / expiration). Cette oscillation paradoxale s’alterne en outre avec l’apnée. Ainsi, dans le seul fait de respirer, nous est offert de vivre consciemment la troisième voie. La Vie est simple, elle n’est difficile que pour l’esprit comptable ou quiconque prétend l’expliquer.

Pour ma part, elle m’émerveille, me comble, m’effare parfois, elle est découverte à chaque instant (du moins quand j’arrête de lui dire ce qu’elle doit être…).

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©Jean-François Spricigo

Qu’attendez-vous du noir et blanc ? Un apaisement ? Une clarté ? Une unité dans la dualité ?

C’est un moyen pragmatique pour rencontrer l’environnement. Je ne lui confère pas d’intérêt particulier, si ce n’est sa praticité à rendre simplement les contours du monde.

Je n’ai pas à demander à un moyen de m’apaiser. C’est plutôt l’inverse même : quand je rencontre en moi le calme, il peut se formuler une photo.

Imposer en système ses névroses dans la création me semble pesant. J’envisage la création comme un catalyseur de légèreté, ainsi l’intensité se vit autrement que dans la souffrance. Il serait bon que quantité de névrosés réalisent leur guérison avec un thérapeute plutôt que d’encombrer les centres d’arts de leurs angoisses.

Célébrer la Vie, communier avec elle, sans l’accaparer, m’inspire davantage.

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©Jean-François Spricigo

Lorsque vous photographiez, vous sentez-vous agi par une sorte d’instinct animal ?

Quelque chose qui s’en approche, sans trop savoir si cette terminologie est adaptée. Ne pas se confondre dans des formulations trop élogieuses pour s’approprier une situation, ce réflexe à visée héroïque est finalement assez infantile. J’essaie de ne pas encadrer la création d’une sophistication rhétorique pour justifier intellectuellement ma pratique. Je ne fais pas les choses « pour », ça se fait « par » l’évidence de l’instant, laisser s’accomplir ce qui se réalise à travers moi, sans m’en revendiquer l’auteur.

Pensez-vous l’utilisation du flou comme une surface de communication supérieure ?

Comme exprimé précédemment, je ne ressens pas le besoin de créer des hiérarchies ou tous systèmes de proportions pour me situer, je fais simplement ce que j’ai à faire. J’incline ataviquement là où penchent les potentialités d’une situation quand elle se présente. Je ne suis pas la main qui dessine sur la vitre embuée de mon existence, j’incarne au mieux la chaleur au bout du doigt.

Le flou est naturel, ce qui me touche dans ma relation à la Vie s’inscrit dans le mouvement de la Vie elle-même. La figer semble contre-nature. Cette légère oscillation liée à la respiration – à commencer par la mienne pour accompagner celle du sujet – participe à ce tremblement.

La mise au point se focalise alors sur l’émotion.

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©Jean-François Spricigo

Concevez-vous vos photographies rassemblées comme des solitudes associées, des mondes à la fois perméables et incompossibles ?

Il est toujours stimulant de les associer à l’approche d’une exposition ou d’un livre. Elles se groupent d’elles-mêmes selon un ordre déraisonnable, mais pas sans raison. Je ne pratique pas la photographie avec une approche sérielle. Les images s’accumulent au petit bonheur, et à la faveur d’un titre – qui tient le rôle de diapason – elles se rassemblent par affinités souterraines pour faire entendre leur portée aérienne.

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©Jean-François Spricigo

Comment avez-vous imaginé le rythme de votre oraison sauvage ?

Le titre jouait pleinement son rôle de diapason. Avec Fabienne Pavia, mon éditrice, notre attention se dévouait à en écouter la musique pour la jouer sur le papier. Nous voulions en outre mettre en avant les photos panoramiques – souvent remisées dans un livre aux dimensions usuelles. Ainsi le format du nôtre [format italien façon panoramique] impose cette spécificité. Chemin faisant, nous avons vu combien il était alors clair de valoriser les doubles pages carrées. Didier Brousse, mon galeriste, a comme toujours été providentiel pour veiller à la cohérence de l’ensemble.

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©Jean-François Spricigo

oraison sauvage est-il un De profundis ?

Ni un adieu, ni un hommage.

Au nom de quoi ferai-je la nécrologie de la nature et qu’en a-t-elle à faire des hommages ?

C’est vraiment la maladie de l’époque : l’hommage.

Face au vertige de ce qui nous fait face, on se borne à l’autorité idéologique de contrôler ce qui nous tourne le dos. Comme si cela changeait l’essentiel, on se noie dans une posture lacrymale pour ajourner ce sur quoi il serait salutaire de poser un regard clair : le présent.

Auparavant, les mièvreries serviles de la plupart des hommages me semblaient la pire insulte faite à la Vie. Énième pudibonderie pour se donner bonne conscience sur notre mémoire sélective (et son imaginaire devoir…) tout en insultant l’instant à ne pas être suffisamment entier pour s’y consacrer totalement. Stratégie abjecte qui se couvre de bienséance, prétendre au bienfait commun quand il est clair qu’on ne sert qu’un intérêt particulier et bien compris.

Le plus grand talent de l’ego est évidemment sa capacité de duplicité, il s’adore sauveur ou victime. La culpabilité sévit encore tellement dans notre quotidien, de toutes les émotions, elle est de loin la plus hypocrite.

J’ai conscience de la possible violence de mon propos pour celles et ceux qui estiment avoir vécu un traumatisme. Je respecte leur ressenti bien sûr, mais ne partage en rien cette perspective. De mon point de vue, elle aboutit et impose à tous une impasse. Il me semble tellement plus urgent d’être pleinement disponible à l’inattendu plutôt que réactualiser un passé pour le confort ou le masochisme de le commenter, tout en s’inventant un historique glorieux ou misérable.

Une ancienne définition d’« oraison » me plaît infiniment : « Communication de l’âme avec Dieu, sans entremise d’une formule de prières. »

Sans intermédiaire… Alliée au sauvage par une célébration exempte de motif autre que la beauté, immense joie à être partagée.

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©Jean-François Spricigo

Vous avez présenté au 104 à Paris – du 27 janvier au 5 février 2022 –, lieu où vous exposiez en 2014, votre deuxième spectacle intitulé si l’orage nous entend, où vous êtes acteur et coauteur. Qu’attendez-vous des arts de la scène et de cette nouvelle expérience ? Quel est le sujet de votre pièce ? Cherchez-vous là aussi à explorer un chemin par-delà nature et culture, en convoquant par exemple des fantômes ?

si l’orage nous entend est à ce jour mon projet le plus ambitieux, en termes d’implication et de prises de risques. La communion avec le public est de loin ce que j’ai connu de plus vertigineux. La pièce raconte le premier rendez-vous avec un personnage et son analyste, une rencontre où s’envisagera la multiplicité en soi et la beauté du mystère. Je suis tellement ému de bénéficier de la confiance de José-Manuel Gonçalves, le directeur du CentQuatre-Paris. Il articule en même temps une vision et de l’audace pour la révéler, instinct inespéré dans notre société normé. Il m’a tendu la main et je lui en serai pour toujours reconnaissant.

Je remarque que vous convoquez de nouveau l’écriture intense de Marcel Moreau, ainsi que les textes de Henry David Thoreau, dans une création où vous comptez faire entendre les voix de Philippe Jaroussky, Anna Mouglalis, Jacques Bonnaffé, Philippe Grimbert et Edwige Baily. Comment avez-vous composé ce moment de théâtre ? 

La plupart de la structure est venue assez spontanément une fois au plateau avec mon équipe. Les textes de Marcel Moreau et Henry David Thoreau apparaissent en brefs extraits, j’assume la majorité de l’écriture du spectacle. Les voix des interprètes sont là pour donner son souffle au propos, incarner merveilleusement les personnages que je leur ai proposés.

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©Jean-François Spricigo

Continuez-vous à réaliser des clips vidéo, comme par exemple La Fuite, pour Albin de la Simone, avec Alexandre Tharaud ?

Cela fait plus de deux ans que je n’en ai pas tourné, mais je suis toujours aussi enthousiaste à le faire. Il est stimulant d’être au service d’autres projets que les siens.

J’ai la chance de collaborer avec une magnifique équipe qui m’accompagne sur l’ensemble de mes élans personnels et professionnels. Ils s’en fichent, mais je les cite quand même tant ils sont indispensables : Baptiste Druot, Fabrice Naud, Pierre Colomer, Nicolas Crombez, Charles Devoyer, Alexandre Piron, Alban Sautour ; la loyauté est essentielle dans ma vision des choses.

Vous êtes en quelque sorte un multiinstrumentiste. Quelles nouvelles techniques aimeriez-vous expérimenter ?

Pour l’heure, les langages qui me traversent (photo, écriture, vidéo, mise en scène, interprétation) me comblent, d’autant que je suis loin d’en avoir exploré toutes les possibilités.

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©Jean-François Spricigo

Vous allez exposer bientôt, sur une grande surface, au Botanique de Bruxelles. Comment prévoyez-vous cet événement ? Qu’allez-vous montrer et explorer ?

La base sera constituée de l’exposition toujours l’aurore présentée au CentQuatre-Paris en 2014, je vais y ajouter de nombreuses nouvelles photos, pour la plupart inédites. Pour le reste, yallah !

Que vous reste-t-il d’essentiel de votre Belgique natale ? Un climat ? Une lumière ? Des ciels ?

La lumière, assurément, une lumière à la fois peu flatteuse et tellement touchante. Pour ce qui concerne la culture, j’espère honorer le sens de l’absurde de mes origines.

Vous êtes très ami avec le photographe Benjamin Deroche, aimez comme lui la gent canine, et pratiquez comme lui le yoga. Que vous apporte cette voie corporelle ? Une sagesse ? Une plasticité ? Un éveil ? Un surcroît de disponibilité ?

Benjamin amène de la légèreté dans la profondeur, et réciproquement. Benjamin est un ami vivifiant, ancré et intense.

Bien sûr, j’aime aussi inconditionnellement les chiens et l’ensemble de ce que la nature offre de beauté.

En yoga, Benjamin est autrement plus avancé que moi pour en parler.

Ce que vous appelez la voie corporelle, je l’envisage comme un lien concret avec la Vie. Nous ne sommes pas des purs esprits, la dimension incarnée est même essentielle pour donner à l’esprit son amplitude. Sans cela nous passerions notre temps aux prises avec un imaginaire qui, sous sa formulation prétendument angélique, fait souvent passer les manques pour des désirs et les impose à l’environnement.

Le corps et l’esprit sont évidemment non-séparée, quand vous parlez de l’un, il s’agit toujours aussi de l’autre. Élan et puissance s’inspirant chacun pour créer le mouvement qui nous rassemble.

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©Jean-François Spricigo

Lisez-vous le maître des réalités psycho-physiques, Carl Gustav Jung ?

Mon dernier livre lu remonte à mes trente ans (j’en ai actuellement 43)… Il s’agissait de chien blanc, de Romain Gary. Je n’ai à peu près rien lu. Néanmoins, concernant la spiritualité, j’ai récemment eu le privilège de rencontrer Marguerite Kardos. Magnifique… avec Éric Baret, dont l’enseignement me touche, rarement j’ai échangé auprès de quelqu’un à ce point libre d’elle-même (ce que je ne suis évidemment pas).

Quel lien feriez-vous entre silence intérieur et déclenchement du désir de photographier ?

C’est un même mouvement, impensable et inexplicable, il s’impose comme une fleur éclot.

Simplement dire « oui », et danser.

Que devez-vous à la galeriste Agathe Gaillard dans votre parcours de photographe ?

La légitimité du commencement, rien de moins. Elle occupe clairement la place d’une Grande Dame dans ma Vie, je lui porte un immense respect et tout autant de gratitude.

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©Jean-François Spricigo

Comment avez-vous travaillé lorsque vous étiez résident à la Casa Vélasquez ?

Si je me prête une qualité, c’est avant tout celle d’envisager que je possède les mêmes défauts que tout le monde. Ainsi avais-je anticipé combien rester dans un cadre idyllique, nanti d’une piscine, avec une rémunération pharaonique, n’allait pas participer à me rendre très efficace dans ce qu’il y avait à réaliser. J’ai donc pris les devants en engageant un guide de montagne avec lequel j’ai arpenté tous les reliefs espagnols mon séjour durant. L’ambition était simple, être au sommet de chacun des lieux au levant et au couchant. Certes très romantique à formuler, j’ai sué pour être à la « hauteur ».

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©Jean-François Spricigo

Avez-vous photographié aujourd’hui ? Qu’espérez-vous du futur ?

Je photographie très peu, je dois faire au plus vingt pellicules 120 (4, 10 ou 12 vues en fonction du format panoramique, 6×7 ou carré) par an.

J’essaie de cesser de souscrire à l’illusion du futur. De mon point de vue, l’état le plus optimiste et enthousiaste est précisément celui qui n’espère plus rien : pas d’attente dans le désespoir. Il porte en lui une insolence propice à vivre dans l’accueil de ce qui se produit, plutôt que dans la prédation d’assouvir ce que l’on croit être un besoin.

Que pensez-vous de cette parole du Credo chrétien : « Je crois à la vie et à la mort, aux mondes visible et invisible » ? 

Je ne suis pas sûr de la comprendre, alors je vous répondrai par un autre passage du Nouveau Testament découvert par hasard, je le garde proche de mon cœur : « J’apporte le feu sur la Terre, et qu’ai-je voulu sinon qu’il brûle ? »

Propos recueillis par Fabien Ribery

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Jean-François Spricigo, oraison sauvage, textes de Marcel Moreau et Jean-François Spricigo, édition Fabienne Pavia et Céline Quéric, Le Bec en l’air / La Fondation des Treilles, 2021, 132 pages

Le Bec en l’air – Oraison sauvage

Jean-François Spricigo – site

Voir le superbe teaser de si l’orage nous entend

Instagram – Jean-François Spricigo

Benjamin Deroche – site

Eric Baret – site

Marguerite Kardos – site

CentQuatre – Paris

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©Jean-François Spricigo

Jean-François Spricigo est représenté par la galerie Camera Obscura (Paris)

galerie Camera Obscura

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Merci pour cet article. Je suis totalement dans cette écriture photographique graphique, incertaine, indécise et poétique et le noir et blanc apporte sa patte de profondeur et d’intemporelle.

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