On connaît essentiellement Sally Mann pour son livre sublime Immediate Family paru en 1992, dans lequel la photographe américaine née en 1951 dévoilait sans fausse pudeur sa vie de famille, et le corps nu de ses enfants, entre innocence et approche intuitive de la sexualité. Une ferme de cent soixante hectares, une rivière, des arbres…
De l’art comme métanoïa, par Michel Mazzoni, photographe plasticien
Les livres de Michel Mazzoni sont toujours des surprises formelles, non pour le plaisir de l’exploit graphique, mais parce que rendre compte du visible, ténu et fuyant, nécessite d’inventer des dispositifs de capture et de monstration inédits. Après sa très belle exposition de printemps au Botanique de Bruxelles, Other Things Visible, le revoici en grand…
Le génie des formes, par Eric Tabuchi, photographe
L’homme et ses symboles n’est pas le livre le plus connu de Carl Gustav Jung, qui établit son plan à 83 ans et le termina dix jours avant sa mort, la rédaction en étant collective. La thèse en est simple : l’être humain ne peut s’accomplir vraiment que s’il a une connaissance précise de sa…
Brûler les villes endormies, par Sylvain George, poète et cinéaste
« Quelque chose qui ne passe pas, demande à prendre forme, qu’il s’agit de déchiffrer obstinément sur le fil des frontières, de sculpter à l’os jusqu’à la poussière. » Sylvain George écrit et filme à partir de l’ordre du crime formant la substance même de la biopolitique des sociétés de contrôle avancé. « Quelque chose…
Sensations du vivant, par Frédérique Dimarco, photographe
Michaël Serfaty – livre Les Bras du Séquoia présenté récemment dans L’Intervalle – nomme avec beaucoup de justesse « le tendre espace » le travail photographique de Frédérique Dimarco, publié dans la belle collection de format carré Notes que l’éditeur Arnaud Bizalion consacre à des essais poétiques fragiles et risqués. Dans un corpus d’images généralement…
L’Europe capitule, par Joseph Roth, écrivain juif de langue allemande
Les premières phrases glacent parce qu’elles sont définitives, écrites au cœur de la détresse et de l’abandon, publiées en 1933 à Paris dans les Cahiers juifs n°5/6 par l’écrivain juif de langue allemande Joseph Roth (1894-1939). « Peu d’observateurs dans le monde semblent se rendre compte de ce que signifient l’auto-da-fé des livres, l’expulsion des…
La destruction comme Béatrice, par Stéphane Duroy, photographe, et même davantage
« 1956. J’ai 8 ans. Je suis dans le bureau de mon père où j’écoute la radio. Ce jour-là il était question d’affrontements violents dans les rues de Budapest. Le speaker parlait de heurts entre des groupes d’adolescents et des chars soviétiques. C’est mon premier contact direct avec l’Histoire et la violence d’une révolution. Cela…
La musique, l’art minimal, le land art, un entretien avec Walter De Maria
« Mon intérêt pour le jazz était de plus en plus fort. J’y passais de plus en plus de temps, je jouais presque tous les soirs, tous les week-ends, et j’allais à de plus en plus de sessions. J’étais devenu assez bon, je jouais avec des gens de plus en plus costauds. Et j’ai fini…
Sol LeWitt, une passion, une amitié, par Yvon Lambert, galeriste, collectionneur
Sol LeWitt est le premier numéro des Cahiers, qui seront consacrés aux artistes de la Collection Lambert en Avignon. On peut penser bien sûr aux Cahiers du Musée national d’art moderne, à la volonté de mieux faire connaître des œuvres majeures, à des ouvrages faisant date, à l’art pour tous. Il inaugure logiquement une série…
Once Upon a time in the Orne, par Guillaume Zuili, photographe, et Pierre Collier, écrivain
Un rire américain dans un vieux village français. Un rire français dans une interminable banlieue américaine. C’est Guillaume Zuili le cosmopolite accueilli dans une ferme du Perche, sourire d’aise malgré le décalage horaire. La terre est en feu, il est de glace. L’ambiance est à la glace, il est de feu. L’accompagne Christine Ollier qui…
Dilettante face au destin, Trieste, par Giorgio Pressburger, écrivain
« C’est justement l’un des aspects les plus fascinants de Trieste : elle est elle-même un monument à la discrète, paresseuse, turbulente, malheureuse et joyeuse humanité. » Trieste est une ville insaisissable, dont on peut se demander si sa véritable identité n’est pas essentiellement littéraire. Ville-fiction, ville-monde, ville-lisière et laboratoire, où vécurent, parmi tant d’autres…
Claudie Hunzinger, écrivain, et Isabelle Mège, modèle, vivre le nu
« Je suis le lièvre. Je suis la bécasse. Je suis le cerf. » On trouve dans la revue de Gilbert Moreau, Les Moments littéraires, des articles qu’on ne lirait nulle part ailleurs, des dossiers consacrés à des écrivains échappant le plus souvent aux radars germanopratins (Fabienne Jacob, Lydia Flem, Jocelyne François), l’affirmation d’une ligne…