« Ne serait-ce pas délicieux, écrit Thoreau, de rester plongé jusqu’au cou dans un marais solitaire pendant tout un jour d’été, embaumé par les fleurs du myrica et de l’airelle ? Disons douze heures de conversation familière avec la grenouille tachetée… » Lire Kenneth White ne lave pas de tous les péchés – on en…
Kenneth White, nomade calédonien, cosmomaniaque, poète
Il y a depuis 1822 Le Mémorial de Sainte-Hélène, récit écrit par Emmanuel de Las Cases à partir de conversations quotidiennes avec l’Empereur Napoléon Bonaparte lors de son exil sur la lointaine île anglaise. Il y a maintenant, loin de la grandiloquence de l’Histoire, dans la nudité d’un lyrisme conscient de la force et de…
Politique et amitié, Panaït Istrati-Romain Rolland, une correspondance
On peut s’effrayer quelquefois de la grosseur des volumes des correspondances, 700 pages pour les lettres inédites (1804-1828) de François de Chateaubriand à Delphine de Custine et Claire Duras (Gallimard, 2017), 1950 pages pour la Correspondance 1854-1898 de Stéphane Mallarmé (Gallimard, 2019). Pourtant, la perspective de s’approcher de la matière même des écrivains (la vie,…
Loisirs de la carte-photo, Photo Poche n°159
A la différence de la carte postale, destinée à tous les publics, la carte-photo, représentant des groupes sociaux homogènes, s’adresse davantage à des particuliers et à un cercle intime ou de reconnaissance immédiate. Par centaines de milliers sont produites à l’aube du siècle des totalitarismes des photos de groupe, qu’elles soient le fait d’amateurs ou…
Yvonne Kerdudo, magnifique et discrète photographe de campagne
Ce sont dix-sept cartes sous boitier cartonné, publiées par Patrick Le Bescont (Filigranes Editions) avec le soutien de l’Union Européenne. Dix-sept images ayant une haute valeur patrimoniale, et témoignant du regard de ladite « Madame Yvonne », soit Yvonne Kerdudo (1878-1954), photographe ambulante ayant parcouru le Trégor (Côtes d’Armor) à vélo pendant plus de quarante…
The butt is rising, par Melani De Luca, chercheuse en culture visuelle
« In the last chapters we saw the butt rising, becoming a zone of empowerment. » Post-Butt est le livre d’une sale gosse, d’une impertinente, d’une petite effrontée, mais c’est surtout le travail de fin d’étude très sérieux d’une étudiante, Melanie De Luca, inscrite à la Design Academy d’Eindhoven, aux Pays-Bas. Il s’agit ici de…
Il peso della farfalla, par Erri De Luca, conteur
C’est une histoire d’hommes et d’animaux se passant en montagne. Une histoire de chasse et de survie. Une histoire d’unité et de prédation. Une traque, un défi métaphysique. C’est un conte dans le simple où chaque mot touche. C’est un parti pris de silences, et un combat à la Jack London. Je n’en dis pas…
Le théâtre du fouet, par Christophe Dabitch, scénariste, et Jorge Gonzalez, dessinateur
« Laisse-moi t’appeler mon chou. Ça fait pute, ça doit te plaire. » Il est temps de compléter La Légende dorée, ouvrage retraçant la vie d’environ cent cinquante saints, saintes et martyrs chrétiens, écrit par le dominicain Jacques de Voragine au milieu du XIIIe siècle. En effet, la liste hagiographique est loin de s’arrêter…
Eloge du corps vivant, par Bernard Andrieu, philosophe (2)
Philosophe et professeur de Staps à l’université Paris-Descartes/Université de Paris, Bernard Andrieu élabore une pensée parmi les plus stimulantes qui soient, proposant une réflexion d’ampleur sur le lien entre le corps vivant et la conscience que peut en avoir le corps vécu. Le chercheur appelle ainsi émersiologie l’éveil du corps vécu par l’intelligence du corps…
Eloge du corps vivant, par Bernard Andrieu, philosophe (1)
Philosophe et professeur de Staps à l’université Paris-Descartes/Université de Paris, Bernard Andrieu élabore une pensée parmi les plus stimulantes qui soient, proposant une réflexion d’ampleur sur le lien entre le corps vivant et la conscience que peut en avoir le corps vécu. Le chercheur appelle ainsi émersiologie l’éveil du corps vécu par l’intelligence du corps…
Nous ne sommes pas les derniers, par Sébastien Van Malleghem, photographe
« Je regarde toujours en face ce qui me révolte et me terrifie. » C’est un livre noir qu’il faut extirper d’une pochette tout aussi noire (enveloppe japonaise), fermée par une cordelette. C’est un livre difficile, impossible, que les enfants ne doivent surtout pas voir, et peut-être pas tous les adultes. Mexican Morgues, de Sébastien…
Art pariétal, art orbital, par Sarah Ritter, photographe
La méthode de Sarah Ritter est heuristique. En effet, l’artiste diplômée de l’Ecole supérieure de la photographie d’Arles ne travaille pas par séries, mais par accumulation d’images trouvant au fil du temps leur ordre et leur logique associative. Le processus est donc long, permettant aux photographies de mûrir et de s’apparier formellement ou métaphoriquement. Le…