Art pariétal, art orbital, par Sarah Ritter, photographe

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©Sarah Ritter

La méthode de Sarah Ritter est heuristique.

En effet, l’artiste diplômée de l’Ecole supérieure de la photographie d’Arles ne travaille pas par séries, mais par accumulation d’images trouvant au fil du temps leur ordre et leur logique associative.

Le processus est donc long, permettant aux photographies de mûrir et de s’apparier formellement ou métaphoriquement.

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©Sarah Ritter

Le montage construit des lignes de sens entre des fragments épars, rapprochant des matériaux visuels à la limite de l’effacement ou du miracle d’une apparition ténue.

Dans La nuit craque sous nos doigts, le noir est omniprésent, comme dans un fond de grotte, ou la voûte imaginaire du firmament.

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©Sarah Ritter

La polyphonie des images de ténèbres crée un de profundis propice à la méditation sur le temps, la lumière, et la matière même des édifices de vision.

Sommes-nous sur la planète Terre ou sur la Lune ?

Sommes-nous sur la scène d’un théâtre ou dans une forêt obscure ?

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©Sarah Ritter

Appartenons-nous à l’ordre des vivants ou à celui des spectres ?

Les lueurs là-bas sont-elles d’une ville ou d’une comète ?

Cette forme est-elle une station orbitale ou un réseau d’électrodes dérivant dans la nuit ?

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©Sarah Ritter

Sarah Ritter ne tranche pas, laisse penser ses images, et se déployer leur autonomie.

Les paroles sont ici muettes, quand la bouche se remplit de cristaux de quartz.

La main est de suie, la poussière duchampienne sidérale et le dos nu d’une femme une pointe interrogative.

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©Sarah Ritter

Pluie d’étoiles, mer de lave, danse des nuques dans l’inframince.

Images malgré tout, pourrait dire Sarah Ritter avec Georges Didi-Huberman, ou le cinéaste Jean Paul Civeyrac, qui fait se rencontrer les vivants et les morts.

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©Sarah Ritter

L’architecte photographe organise des chaos de chairs de roches parmi lesquels circulent des zombies (lire en postface la pièce de théâtre en trois actes imaginée par Christophe Fiat).

Son œuvre s’apparente à de l’art pariétal, dans un monde où les traceurs de signes ont troqué la peau d’ours pour le sweat à capuche.

Couv La nuit

Sarah Ritter, La nuit craque sous nos doigts, texte de Christophe Fiat, Editions Loco, 2019, 148 pages – 56 reproductions

Site de Sarah Ritter

Editions Loco

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©Sarah Ritter

main

Se procurer La nuit craque sous nos doigts

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