Vivre, entre dons et épreuves, par Charles Juliet, écrivain

« J’ai l’impression que mon adolescence n’a jamais pris fin. Au long des années, elle s’est enrichie d’un accord avec ce que je suis, d’une force calme, d’une vision sereine de la vie. Et la faim est toujours là. Insatiable. » Charles Juliet est de ces écrivains qui touchent par leur constant souci d’authenticité, en poésie ou…

Vers la clarté, par Charles Juliet, poète

« si tu n’as pas / connu / le naufrage / impossible / de gagner / la haute / mer » Il est rare de gagner le combat contre l’Obscur. Il est rare, à force d’obstination, d’ascèse, d’écriture de nudité, de marches incessantes dans le silence, de s’accorder à la lumière, et de ne pas la perdre….

Le commencement de la terreur, par Patrick Bogner, photographe

« Je voudrais me contenter d’une seule parole, écrit Maurice Blanchot dans L’écriture du désastre (1980), maintenant pure et vive dans son absence, si, par elle, je n’avais à porter tout l’infini de tous les langages. » Dans une adresse à l’ethnologue et écrivain Jean-Yves Loude (Un Cargo pour les Açores, Actes Sud, 2018), reproduite en préface…

La couleur des yeux de Paul Gauguin, par Serge Airoldi, écrivain

« Dionysos est parfois mis en scène chevauchant des juments bleues. » Parce qu’elles sont le fruit d’une culture libre et sauvage – et non en pot, comme le disait ironiquement Nicolas Bouvier -, certaines œuvres sont immédiatement des fêtes pour l’esprit. Ainsi Rose Hanoï, de Serge Airoldi, herbe folle poussée entre les pavés de…

Nettoyer notre œil, Noto, une certaine idée du contenu

  Charles Juliet (Trouver la source, 1992) : « Voilà. J’ai nettoyé mon œil. Ce fut long, un immense travail. » On le sait, Noto est une revue culturelle gratuite de grande qualité. Publier le numéro 11 ne fut pas une évidence, mais quand la maison brûlait les contributeurs/donateurs affluèrent via une campagne de financement participatif…

En désespoir de cause

Dans un livre majeur publié en 1956, L’Obsolescence de l’homme, sous-titré Sur l’âme à l’époque de la deuxième révolution industrielle, le philosophe allemand Günther Anders écrit : « Nous vivons désormais dans une humanité pour laquelle « le monde » et l’expérience du monde ont perdu toute valeur : rien désormais n’a d’intérêt, si ce n’est le fantôme du…