Les Métamorphoses d’Ovide, dix ans de traduction, par Marie Cosnay

La nouvelle traduction intégrale des Métamorphoses d’Ovide par la romancière Marie  Cosnay était attendue depuis longtemps, tant sont rares les occasions de lire à neuf les plus beaux classiques. Sans forçage herméneutique, ou souhait de traduire de manière fantaisiste pour le moderniser (ah, l’horreur de ce mot !) le grand écrivain latin, l’auteur d’Aquero (éditions…

Les Ecritures de plateau, par Bruno Tackels

  Prolongeant les recherches majeures du dramaturge allemand Hans-Thies Lehmann, telles que développées dans le Théâtre postdramatique (L’Arche éditeur, 2002), l’essayiste et théoricien Bruno Tackels étudie avec Les Ecritures de plateau les mutations du théâtre donné à voir en France et en Europe depuis une vingtaine d’années. Après des monographies consacrées aux Castellucci (2005), à…

Eloges des simples et du multivers, par Nathalie Michel

J1, J2, J3, J7, J12, J123, J199. Veille, de Nathalie Michel, est une manière de vie parfaite, un journal de bord, phénoménologique et poétique, composé de 199 fragments. Veille est une boussole, un guide d’anti-égarement, une célébration des jours, des sillons laissés dans le sol ou le ciel, du temps en sa sainte indifférence, et…

Sarcophage, anneaux de pénombres, le premier roman de Rafael Garido

S’il existait encore quelque chose comme une idée d’avant-garde (des solitudes aux yeux de flammes s’avançant dans la nuit), nul doute que le premier roman de Rafael Garido, Sarcophage (Inculte, 2016), s’y rattacherait par sa radicalité formelle, et son désir de frapper du verbe l’enclume de nos représentations dominantes. Repéré notamment pour ses traductions du…

Lieux de sexualité entre hommes, par la photographe Amélie Landry

Les hommes qui draguent sont très souvent de vrais géographes, connaissant intimement les moindres recoins des territoires où abriter leurs amours éphémères. Tels des orants tournant inlassablement dans le cloître d’un monastère, ils savent entrevoir la merveille dans le désert. Stratégie d’approche, leur circumambulation est façon de touiller la terre pour qu’en surgisse la faveur….

Die Mädchen sprach von Liebe, Elina Brotherus, portrait d’une photographe finlandaise surdouée, par Gilles Mora

A l’occasion d’une exposition consacrée à la photographe Elina Brotherus venant d’ouvrir au Turku Art Museum, en Finlande, j’ai souhaité interroger le spécialiste français de son œuvre, Gilles Mora, auteur du premier livre d’importance consacré à son travail (éditions Hazan), La lumière venue du Nord, 1997-2015, et auteur au Pavillon populaire de Montpellier d’une exposition…

La femme enceinte est une alien, par Amandine Dhée

On ne naît pas mère, on le devient, peut-être, ou pas, ou de façon bancale, toujours, dans le tâtonnement des regards, des cris et des silences partagés, dans les nuits de tempête, d’angoisse et d’abandon à ce qui vient, qui est énorme, impossible, terriblement intimidant. Avec Amandine Dhée, petite voleuse, femme brouillon, pas de faux-fuyant….

Les chemins de l’inquiétude, par le dessinateur Louis Soutter

Louis Soutter est né près de Lausanne (Suisse) en 1871. A seize ans, le voici observant à la dérobée le corps des jeunes filles à qui sa mère donne des leçons de piano. A l’école, on remarque qu’il reste souvent à l’écart de ses camarades.Eugène Très bon violoniste, il sera bientôt, au conservatoire de Bruxelles,…

Antoine Vitez, la photographie comme principe d’amitié

Le respect attaché au nom et à la personne d’Antoine Vitez, l’un des grands hommes du théâtre français de la seconde moitié du XXème siècle, est général. Aujourd’hui, à l’initiative des éditions Les Solitaires Intempestifs (Besançon), ses amis se souviennent, dans un bel ouvrage collectif, où, qui n’a pas eu la chance de voir les…

Dado, peintre des atrocités de l’infini turbulent

Le monténégrin Miodrag Djuric, dit Dado (1933-2010), « exilé volontaire » en France en 1956, est un peintre des métamorphoses du corps et du théâtre de la cruauté. Habité par le feu, le bogomile Dado, aux humeurs/humours étranges, n’a cessé de peindre l’infini turbulent, la révolte intérieure, l’anatomie chaotique de personnages grotesques et effrayants, une cosmogonie aux…

Les jardins d’Armide à minuit – conversation avec Annie Le Brun à propos de Radovan Ivsic (2)

Annie Le Brun, poétesse, essayiste, commissaire d’exposition, lectrice de Sade et des grands irréguliers du langage, incarne un principe de subversion qu’elle n’a cessé d’approfondir dans une œuvre au long cours, écrivant notamment, fidèle à la morale surréaliste, Les pâles fiévreux après-midi des villes (1972), Lâchez tout (1977) ou A distance (1985). On peut lire,…