D’une poétique photographique du Nord polaire, par l’Inuit Juliette Agnel

Munie d’une caméra obscura numérique, machine de vision conçue en 2011 à la MGI (Maison du Geste et de l’Image), Juliette Agnel parcourt le monde en artiste, en aventurière, en ethnologue poétique, travaillant au Mali, en Espagne, en Norvège, en Islande, dans les Pyrénées, un peu partout où les étoiles, le cosmos et l’être humain…

L’être humain n’est pas une île, par la photographe Léa Habourdin

Léa Habourdin photographie à l’heure de l’anthropocène et de la sixième extinction de masse des animaux. Son regard est hanté par le sentiment d’une catastrophe que nous ne parvenons pas à arrêter. Son dernier livre, Survivalists (Fuego Books, 2017), se fait l’écho d’un mouvement aujourd’hui non négligeable d’individus pour qui se préparer à la fin…

Chroniques d’un absolu, par le photographe Frédérick Carnet

Repéré immédiatement en 1999 pour sa série Eclipses (Bourse du FRAC Ile-de-France, Finaliste du prix HSBC et Mention Spéciale du Jury du Prix Kodak de la Critique Photographique), Frédérick Carnet, passé par l’école des Gobelins, ne se consacre depuis janvier 2015 qu’à ses travaux photographiques, ayant abandonné la béquille d’activités alimentaires dans la publicité. Installé…

Naître, souffrir, mourir, naître, par la photographe Anouk Deville

Publié par les éditions Zoème, le premier livre d’Anouk Deville (titre éponyme) impressionne par la puissance des affects qu’il met en scène. De nature à la fois doloriste et fraternelle, le travail de la jeune photographe questionne de façon stupéfiante, et parfois insupportable, les limites de la jouissance et de la cruauté. S’abandonner à ce…

La corne acérée du taureau, une iconographie de la corrida, par Ozvan Bottois

Dans un texte intitulé « De la littérature considérée comme une tauromachie » constituant la préface de son maître livre autobiographique, L’Âge d’homme (1939), Michel Leiris écrit : « Ce qui se passe dans le domaine de l’écriture n’est-il pas dénué de valeur si cela reste « esthétique », anodin, dépourvu de sanction, s’il n’y a rien, dans le fait d’écrire une œuvre…

Je suis le roi du bois, le Zeus, le criminel, par la photographe Anne-Lise Broyer

Anne-Lise Broyer pratique l’acte photographique comme un dessaisissement, une tentative d’éblouissement et de perte. La dramatisation des instants participe chez elle d’une poétique de la voyance, d’une volonté d’opérer une sorte d’archéologie du présent permettant de relier espaces et temps dissemblables, pourtant profondément unis. Passant par la littérature et l’érudition pour interroger notre façon d’être…

Les autoportraits baroques d’Angelica Liddell

  Qui a déjà vu sur scène Angelica Liddell sait que l’Espagnole ne triche pas avec le don de soi, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à l’extase, jusqu’au malaise de qui la contemple, souvent fasciné ou indigné. Auteur, metteur en scène, comédienne jouant/performant ses propres textes, Angelica Liddel met à nu la violence régissant le corps social en…

L’heure du loup, par la photographe Aurélia Frey (1)

Il y a dans la poétique photographique d’Aurélia Frey une recherche d’atemporalité et de solitude très précieuses en notre époque de bavardage continuel et de lumières aveuglantes. Apprendre à voir dans le noir, ne pas craindre de se perdre, accueillir la présence de ce qui approche, sont des attitudes physiques, mais avant tout morales. Aurélia…

La vie traversée comme un funambule, lettres d’un photographe à ses fils

copyright : © Photographies : Fouad Elkoury / Signatures Trente mails, trente photographies, une correspondance entre un père photographe, Fouad Elkoury, et son fils Zeyd, entre février et avril 2015. Un jour, le fils demande à son père de lui montrer les livres qu’il a publiés : « C’était la première fois que tu me les réclamais….

La photographie comme théâtre des apparitions, par Marie Maurel de Maillé

Pier Paolo Pasolini distinguait un cinéma de prose d’un cinéma de poésie. A bien des égards, le travail photographique de Marie Maurel de Maillé se rattache à cette deuxième catégorie. Epanchement du songe dans la vie réelle, ses images relèvent à la fois de l’intime et de la création d’une contre-allée, désirable, habitable, sortes d’hallucinations…

Des crabes violonistes dans la boue de Rock Harbor Creek, Sylvia Plath dessinatrice

Depuis une trentaine d’années, l’œuvre de Sylvia Plath (1932-1963) est méthodiquement redécouverte (La Cloche de détresse, Le Jour où Mr. Prescott est mort), exhumée (Ariel, La traversée), commentée (le beau volume Œuvres, Quarto/Gallimard, 2011). Diariste, épistolière, romancière, et surtout poète, cette Américaine vivant à Londres fut aussi dessinatrice, développant « une sorte de style primitif » qui…