Poétique des brumes, par Corinne Atlan, écrivain

Et si la vie était un choix entre brume et brouillard, légèreté et opacité, délicatesse et inconnaissable, rêverie et effroi ? Dans son Petit éloge des brumes, texte inédit de Corinne Atlan publié directement en collection Folio, l’auteure du très beau Un automne à Kyôto (Albin Michel, 2006) évoque quelques moments déterminants de sa vie…

Visages de la suédophilie, par Olivier Barrot, romancier

« A l’instar du Québec ou de la Russie, la Suède doit être considérée en son hiver, sa saison principale. Le froid, le blanc, le silence. » L’après-midi s’annonçait ouverte : aller un voir un match de Ligue 2 de football non loin de chez moi pour supporter l’équipe locale, et la passion de mes…

Der Bau, Le Terrier, par Franz Kafka

Le terrier est vivant, il parle, c’est un personnage. La terre bruit de paroles, de bavardages, d’obsessions. Le silence est partout, il est pourtant rare. Une bête a construit son terrier, elle en est fière. C’est un labyrinthe très organisé, une forteresse, car les ennemis rôdent. Il faut calculer, envisager toutes les hypothèses, une catastrophe…

La force du fragile, par Kate Barry, photographe

Le travail photographique de Kate Barry, artiste d’une grande délicatesse décédée en 2013, s’est déployé dans deux directions principales, moins antagonistes que dialogiques : des portraits de célébrités et des paysages de peu, issus de l’infra-ordinaire. Des fissures dans le sol, des herbes folles, des traces infimes, des organisations formelles inattendues nées du hasard de la…

Frapper contre la coquille, par la philosophe Simone Weil, aimée de Dieu

Dans le flux des livres qui arrivent chaque jour, certains titres, certains noms vous arrêtent immédiatement, comme une possibilité d’espoir, d’éveil, d’apaisement. Ainsi celui de la philosophe Simone Weil, dont la vie fut si absolue qu’elle la perdît en août 1943, à Londres, à trente-quatre ans, après avoir rejoint la France libre du Général de…

On avait des yeux, ou la Beat Generation reformulée par son inventeur même

Il y a, chez les protagonistes de la Beat Generation, une volonté d’enregistrement permanente – faits et gestes, visages, voix, enfantillages, nudités, dérives, colères, beautés, déposés sur tous les supports possibles, du microsillon au magnétophone, de la photographie au film expérimental, accompagné du staccato d’une machine à écrire frappée jusqu’à l’épuisement – symptomatique d’une jeunesse…