My chief happiness manager est un salaud, par la revue Lignes, n°62

Le dernier numéro de la revue Lignes (62), consacré aux « mots du pouvoir et au pouvoir des mots », est excellent, qui offre à ses contributeurs la participation à un dictionnaire critique permettant, à la façon de Victor Klemperer, ou de Eric Hazan, de faire un état des lieux des maux langagiers pourrissant notre…

L’œil du revolver et les larmes de sperme, une lecture de Georges Bataille, par Anne-Lise Broyer, photographe

Dans les années 1960-1970 et dans la première moitié des années 1980, la revue d’avant-garde Tel Quel, dirigée par Philippe Sollers et Marcelin Pleynet, a décidé de reclasser l’ensemble de la bibliothèque, remplaçant le mot littérature par celui, bien moins suspect de récupération bourgeoise, d’écriture, et mettant en avant des noms jusqu’alors cachés par la…

La Besogne des mots, Georges Bataille, Cahiers 4

« Bataille a fait de la devise du diable – Non serviam – celle de la littérature. » (Michel Surya) Elégant, intelligent, effervescent. Le numéro 4 des Cahiers Bataille, qui est un dictionnaire critique conçu en hommage à la revue Documents (1929-1930), est un outil de travail formidable pour comprendre et questionner un penseur et…

Depuis la décomposition des choses et des valeurs,  Georges Bataille en majesté, par Georges Didi-Huberman et Léa Bismuth

« L’art, pourrait-on dire très sommairement, existait pour Bataille de deux façons au moins (qui peuvent s’ignorer mais qui peuvent, aussi, former une seule et même inextricable contradiction) : il peut être stase ou extase, objet ou mouvement, institution ou ligne de fuite, monument ou déterritorialité. » Georges Bataille fait partie de ces auteurs qu’on ne cesse de…

Le réel ne suffit pas, par Juliette Agnel, photographe

Il y a chez la photographe Juliette Agnel un émerveillement permanent, premier, face aux paysages extrêmes et à la stupeur qu’ils suscitent. Comprenant l’esthétique comme l’un des domaines majeurs de l’anthropologie, l’artiste aime se confronter à l’inconnaissable, à l’incommensurable. Voilà pourquoi le monde scientifique la passionne, pour ses découvertes, sa rigueur, ses folles ambitions. Il…

D’une poétique photographique du Nord polaire, par l’Inuit Juliette Agnel

Munie d’une caméra obscura numérique, machine de vision conçue en 2011 à la MGI (Maison du Geste et de l’Image), Juliette Agnel parcourt le monde en artiste, en aventurière, en ethnologue poétique, travaillant au Mali, en Espagne, en Norvège, en Islande, dans les Pyrénées, un peu partout où les étoiles, le cosmos et l’être humain…

Un cinéaste au Lac de Némi, entretien avec Yannick Haenel (3/8)

Romancier, essayiste, critique, cofondateur de la revue Ligne de Risque, Yannick Haenel est aussi depuis peu cinéaste. Pensant l’écriture comme une façon de déborder l’espace de la page, il était naturel que son amour du cinéma, et du corps des nymphes qui souvent y trouvent refuge, devienne expérience de réalisation. Nous poursuivons ici un dialogue…

Je suis le roi du bois, le Zeus, le criminel, par la photographe Anne-Lise Broyer

Anne-Lise Broyer pratique l’acte photographique comme un dessaisissement, une tentative d’éblouissement et de perte. La dramatisation des instants participe chez elle d’une poétique de la voyance, d’une volonté d’opérer une sorte d’archéologie du présent permettant de relier espaces et temps dissemblables, pourtant profondément unis. Passant par la littérature et l’érudition pour interroger notre façon d’être…

Qui vive ? stratégie du désenvoûtement, par la revue Possession Immédiate

Au commencement était Edwarda, revue de littérature et d’érotisme fondée par John Jefferson Selve et Sam Guelimi, rassemblant une petite communauté d’écrivains et photographes pratiquant leur art comme on entre en cérémonie. Désireux de poursuivre et d’infléchir cette aventure éditoriale dédiée à l’esthétisation de chaque instant, John Jefferson Selve a créé Possession Immédiate, dont le…

La photographie comme théâtre des apparitions, par Marie Maurel de Maillé

Pier Paolo Pasolini distinguait un cinéma de prose d’un cinéma de poésie. A bien des égards, le travail photographique de Marie Maurel de Maillé se rattache à cette deuxième catégorie. Epanchement du songe dans la vie réelle, ses images relèvent à la fois de l’intime et de la création d’une contre-allée, désirable, habitable, sortes d’hallucinations…