Journal de deuil et de regard, par Hélène Giannecchini, écrivain

« Ce qui nous tue nous décore aussi. » « Le deuil met le monde en mouvement » (Pierre Fédida), oui, peut-être, sûrement. Une personne que l’on aime meurt subitement, qui interroge l’écriture de nos vies, ses lignes, les signes d’abord inaperçus d’un malheur se préparant, déjà décidé. On interroge les astres, on se retourne la peau,…

Faire l’amour comme on cueille du tilleul, par Denis Roche, écrivain

« I’m completely dead to decency. » On attendait depuis longtemps la parution du journal de Denis Roche, mentionné régulièrement çà et là dans des interventions évoquant son œuvre général. Temps profond, Essais de littérature arrêtée 1977-1984 est à présent publié, et c’est une vraie fête. Une fête de l’intelligence, de l’audace, de l’amour à…

Denis Roche, l’art énergumène et la mort, par Jean-Marie Gleize, écrivain

« J’écris pour être seul, je photographie pour disparaître. » Denis Roche manque, mais il y a ses livres, des dizaines de volumes, des poésies, des récits étranges, troués, des ouvrages de photographie accompagnés d’essais théoriques importants, et maintenant une biographie composée allegro ma non troppo par l’écrivain Jean-Marie Gleize, Denis Roche, Eloge de la…

Une carte du Tendre du corps fantasmatique, par Claire Richard, écrivain

« Les architectes appellent « chemins de désir » les sentiers qui forment progressivement sous les pas des marcheurs, des animaux ou des cyclistes, à côté des infrastructures prévues pour eux. Ils apparaissent dans la neige sale, l’herbe foulée, dans la boue et sur le bitume frais. La plupart du temps, on les voit à…

La photographie, un chant orphique, par Alain Willaume

Il faut imaginer Alain Willaume, enfant, plongé dans la lecture d’un atlas grand ouvert, comme on parcourt d’abord le monde en rêveries et sensations colorées, avant de se frotter physiquement à sa géographie. Photographe de l’inquiétude d’être au monde, Alain Willaume est aussi paradoxalement celui de la dissolution de l’ego dans le paysage, le visage…

La traversée de l’impossible, par Julien Magre, photographe

Je n’ai plus peur du noir est un livre impossible à propos de la mort d’une petite fille, Suzanne. Livre de deuil, de seuil, de mémoire et de reconstruction, cet ouvrage conçu avec la plus grande délicatesse est bien plus qu’un ensemble d’images, c’est un acte de vie considérable. La lumière, ténue d’abord, y apparaît…

Antoine Vitez, la photographie comme principe d’amitié

Le respect attaché au nom et à la personne d’Antoine Vitez, l’un des grands hommes du théâtre français de la seconde moitié du XXème siècle, est général. Aujourd’hui, à l’initiative des éditions Les Solitaires Intempestifs (Besançon), ses amis se souviennent, dans un bel ouvrage collectif, où, qui n’a pas eu la chance de voir les…