The love poems of Marichiko, l’amour en Extrême-Orient par Kenneth Rexroth

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« Je ne peux oublier / Le crépuscule parfumé sous le / Dais de ma chevelure noire, / Lorsqu’on se réveillait pour faire l’amour / Après une longue nuit d’amour. »

Les poèmes d’amour de Marichiko est une séduisante mystification littéraire imaginée par Kenneth Rexroth (1905-1982), essayiste, poète et traducteur américain, connu notamment pour son rôle majeur dans la « Renaissance de San Francisco », mouvement du milieu du siècle qui accueillit Jack Kerouac et Allen Ginsberg sur la côte ouest.

« Tu me réveilles, / Ouvres mes cuisses et m’embrasses. / A toi la rosée / Du premier matin du monde. »

Présenté comme la traduction en anglais de textes écrits par une amie Japonaise, ce recueil de soixante courts poèmes – présenté ici dans une édition bilingue très soignée – dit en mots précis et crus la volupté d’une rencontre amoureuse aussi physique que spirituelle.

« Chaque matin, je / Me réveille seule, rêvant que mon / Bras est ta chair douce / Qui presse mes lèvres. »

Ponctués de dessins de Katsushika Hokusai, nourris de références implicites aux maîtres du haïku (poème quarante-neuf), ces fragments d’amour sont construits comme de petits tableaux à la fois piquants et mélancoliques.

« Interminable la nuit pour qui ne dort pas. / Interminable la route pour qui est las de marcher. / Interminable la vie pour une femme / Que la passion a rendu folle. / Pourquoi ai-je croisé un guide retors / Sur les sentiers tortueux de l’amour ? »

Que reste-t-il quand le bel amant s’en va ?

Des cheveux gris.

Une chair abandonnée.

Une maigreur accrue.

Un grand froid de solitude.

Un Bouddha brisé.

Précision du traducteur-auteur : « Les poèmes de Marichiko sont profondément influencés par les soutras Theravada, par le Shingon Tachikawa, par les chants traditionnels, par Yosano Akiko et les femmes poètes de la période Heian – Ono no Komachi, Murasaki Shikibu et Izumi Shikibu. »

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Kenneth Rexroth, Les poèmes d’amour de Marichiko, traduit de l’anglais par Joël Cornuault, dessins de Katsushika Hokusai, Erès, 2016.

Découvrir les éditions Erès

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