L’Aubrac, pays de Canaan, par Vincent Bengold, photographe

Blanche Aubrac
© Vincent Bengold

Blanche Aubrac, de Vincent Bengold, est un livre de pierres et de terre, d’herbe rase et de vent, de bovins et de ciels immenses.

C’est une totalité de landes, la présence d’une nature souveraine, imposante sans tonitruance.

Sous-titrée « Terre promise », Blanche Aubrac est une œuvre de silences, comme on le dit d’une leçon de musique attentive aux intervalles entre les notes.

Blanche Aubrac
© Vincent Bengold

Des paysages se succèdent aux paysages, et c’est tout simplement très beau, très calme, très obstiné dans le labeur des hommes ayant pris soin de l’espace en le modifiant sans excès.

Peu de clôtures, quelques hameaux, quelques murs de roches très bas pour contenir les bêtes.

Il n’y a rien et il y a tout, aussi quelques bosquets d’arbres étiques, intrépides comme des pionniers, ou regroupés comme des soldats prêts à supporter un assaut.

Blanche Aubrac
© Vincent Bengold

Quelques croix, quelques abreuvoirs, des fermes isolées.

Des matins de brumes et des nuits de loups.

Des moments d’exaltation et le glas.

Blanche Aubrac
© Vincent Bengold

« L’Aubrac, précise en préface Alain Bouldoires, se déploie dans un dépouillement lunaire balayé par les vents, sublimé par le regard. Au cœur des régions volcaniques du Massif Central, ce vaste espace étendu sur trois départements (Aveyron, Cantal et Lozère) et deux régions (Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie) ne se laisse pas enfermer par nos bizarreries administratives. Il forme une espèce de bout-du-monde dénudé et suspendu une haute terre à la chevelure rebelle qui appelle au renoncement. Lorsqu’on s’élève vers le calme lointain de ces montagnes, au bout du chemin, l’altitude se mue en élévation spirituelle. La terre, renforcée par le ciel, offre une sensation à la fois d’espace infini et de retour à soi, comme si l’ampleur déployée devant soi provoquait irrésistiblement l’isolement, le ressourcement. »

Devant tant de solitude, il faut savoir garder raison, ou crier, ou se coucher sur le sol, sagement, comme une vache au repos.

Ces larges plateaux sont un théâtre naturel où jouer avec les ombres et les peurs, l’eau fraîche et les foins, les orages et les épanchements du soleil.

Blanche Aubrac
© Vincent Bengold

Vincent Bengold cadre à hauteur d’herbes folles, les pieds dans la glaise originelle, et comme arrimé à la glèbe.

Pas de spectaculaire, mais le spectacle permanent de ce qui est, les vallons, les crêtes, les chemins sinueux, les bouleversements de pierres abandonnées.

A l’horizon, ce pourrait être la mer frangeant l’Ecosse.

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Vincent Bengold, Blanche Aubrac, Terre promise, texte d’Alain Bouldoires, ARP2 Editions, 2019, 82 pages

ARP2 Publishing

Blanche Aubrac
© Vincent Bengold

Site de Vincent Bengold

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