La Fabrique du signe, une nouvelle maison d’édition en Occitanie

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© André Mérian

La publication d’un nouveau livre du photographe André Mérian, Occasions, m’a fait découvrir une nouvelle maison d’édition, La Fabrique du signe, ancrée sur le territoire toulousain.

J’ai souhaité en savoir davantage, en interrogeant sa fondatrice, Evelyne Coillot, dont chacun pourra se rendre compte ici de la solidité de l’entreprise.

Bâti selon un principe sériel conduisant à l’abstrait, Occasions est un livre étonnant, une présentation sur socle d’objets issus de la plus grande banalité, resacralisant ainsi le rebus, la remise, le déchet.

Il y a chez André Mérian une volonté de ne surtout pas s’enfermer dans une forme, de déjouer les pièges de l’identification, et de risquer le vide contre le plein.

Avec Occasions, il entre entièrement dans le domaine de l’art contemporain.

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© André Mérian

La Fabrique du signe est une nouvelle maison d’édition de livres-objets d’artistes. Pourquoi ce choix de création d’une structure éditoriale ? Quelles en sont les lignes de force et les ambitions ?

La maison d’édition associative naissante, La Fabrique du signe, se veut passeur de talents. Elle a fait les choix d’éditer la photographie contemporaine autour de deux lignes éditoriales, l’intime, et le territoire, de préférence axée sur le Sud, essentiellement autour de la Méditerranée, de diffuser des photographes à parité, reconnus et émergents, de promouvoir mixité culturelle (origine culturelle) et interculturalité, dans le sens d’une mixité des écritures photographiques.

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© André Mérian

Comment comptez-vous valoriser votre ancrage dans le territoire toulousain ? Qui sont vos relais et soutiens ?

Tout comme l’’autodiffusion pour une relation privilégiée avec les lecteurs et les libraires, l’éco-conception dans le respect des conditions environnementales et du développement local sont priorisés. Je sais où sont photogravés, imprimés et brochés les livres – dans la région d’Occitanie – dans quelles conditions de travail, avec quelles encres.

Etant impliquée sur le territoire d’Occitanie, tout a commencé avec la création d’un livre photo, une monographie à la demande d’une photographe toulousaine, conjointement à la création de mon association, Bokeh Maison de la Photo, où, deux ans de suite, j’ai fait le passeur comme commissaire-priseur assimilé, à la DRAC Toulouse, de dix photographes pendant les JEP (journées européennes du patrimoine).

L’autodiffusion est prévue en Occitanie, en France et en Europe. Toulouse et sa région ont une forte tradition photographique et un fort potentiel en photographes.

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© André Mérian

Quel est votre parcours professionnel ?

Designer graphique de formation, j’ai dans une autre vie parisienne travaillé sur des budgets nationaux et internationaux avec des équipes de création (directeur de création, concepteur-rédacteur) et sur des techniques de travail structurées. C’est par ma passion de la photographie depuis l’adolescence – quand j’ai le temps, je travaille sur l’intime – et l’amour du papier-support – à visée plasticienne sensible, peut-être politique et sociale en cherchant bien -, que je boucle la boucle avec cette nouvelle aventure passionnante.

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© André Mérian

La maquette de vos livres est-elle amenée à changer en fonction des projets ? Comptez-vous toujours associer un texte d’auteur à chaque ouvrage ? Quel rythme de publication avez-vous prévu ?

Le livre d’artiste est un livre-objet, un objet intime à l’inverse de l’exposition, une véritable histoire à regarder et lire à l’envi. C’est un moyen de renforcer la communication du sensible de l’auteur vers un plus grand nombre par un objet qui lui ressemble. L’édition est numérotée et limitée à 400ex, 40 ex signés, en bilingue français et anglais, toujours accompagnée d’un texte.

La fabrique du signe considère le livre-objet comme un espace spécial, qui peut transmettre des rêves, des idées, des messages à fort potentiels pour une communauté fédérée autour de la photographie et pour tous via la sensibilité.

De même que La Fabrique du signe est évolutive, je compte éditer quatre à huit photographes par an, avec une direction artistique affirmée, mais dans le respect des écritures photographiques des auteurs et la bienveillance, autour du process suivant : brief et échanges réguliers autour des photos, cahier des charges, concept de l’ouvrage. Prendre le temps de recherche ensemble, il faut que cela infuse, pour que l’objet ressemble au sensible de son auteur. Cela exige de repenser à chaque fois format, papier, typos, à chaque paramètre de construction du livre, donc pas de système de collection, pas de « Less is more ».

Les auteurs sont rémunérés en à-valoir et pourcentage, l’édition est totale et réelle. Je proposerai bientôt une possibilité de rescrit fiscal mécénat.

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© André Mérian

Votre premier ouvrage, Occasions, est consacré à l’œuvre du photographe André Mérian. En quoi est-ce symbolique de votre démarche esthétique générale ? Comment comprenez-vous le travail de cet artiste inventoriant le monde à la limite de l’abstraction ? Vous avez décidé ici de présenter une part moins connue de son travail, beaucoup plus plasticienne.

Pourquoi André Mérian ? Je voulais un point de départ fort pour un ouvrage exigeant, sortir du déjà-vu autant en écriture photo qu’en création de livre. Cet auteur, toujours en remise en question, est à mi-chemin entre l’intime et le territoire, notamment sur le sujet des objets abandonnés récoltés au cours de ses déambulations. Il travaille sur ce thème en filigrane, mais c’est la première fois qu’il photographie spécifiquement des objets, qui relèvent toujours du paysage. C’est une chance pour moi car c’est un sujet exclusif, me permettant une prise de risque assurée.

Ce livre d’artiste donne à voir de nouvelles images faites par André Mérian, une facette différente de son approche d’auteur. Ces photographies-là, faites à Marseille, vont à l’essentiel, prises en partie dans des containers à poubelles près de chez lui. André Mérian collecte des objets, et par son procédé de prises de vues, au cadrage précis, distant, épuré, les soustrait à la banalité qui nous les cache chaque jour. En auteur total, il en fait des objets iconiques, sculpturaux, des signes de notre époque. Le texte qui accompagne les photographies est de Brice Matthieussent.

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© André Mérian

Quels sont vos projets actuels et qui sont les prochains artistes pressentis pour une publication ?

En projet, une rencontre au Château d’Eau et à l’Espace Saint Cyprien autour de l’édition, ma présence au festival FICTIONS DOCUMENTAIRES à Carcassonne.

Dans le futur, je montrerai le travail de Théo Renaut, photographe, et Bake, écrivain, deux artistes prometteurs, signés. Le livre SCHIZOPHRENIc THERAPY sera autrement différent que celui d’André Mérian, plus dans le foisonnement. Passionnant !

Propos recueillis par Fabien Ribery

COUVPRESS

André Mérian, Occasions, texte de Brice Matthieussent, éditions La Fabrique du signe, 400 exemplaires numérotés

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Page Facebook de La Fabrique du signe

André Mérian

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