Une histoire de l’œil, un journal annuel, l’esprit Fisheye

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© Evan Jenkins

C’est un volume sans classement alphabétique, sans volonté de hiérarchiser.

« Photographier, écrivait Henri Cartier-Bresson, c’est mettre sur la même ligne de mire la tête, l’œil et le cœur. »

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© Fisheye Photo Review 2020-2021

Le sommaire est impressionnant, qui indique 127 noms de photographes, dont certains particulièrement suivis dans L’Intervalle : Charlotte Mano, Gaël Bonnefon, Gregory Dargent, Dimitra Dede, Christine Delory-Momberger, Jean-Luc Feixa, Vincent Ferrané, FLORE, Benjamin Hoffman, Marine Lanier, Susan Lipper, Rebecca Topakian.

Il est élégant, un peu arty – reliure à la bodonienne -, et propose en 418 pages et 706 images un voyage dans la sensibilité contemporaine.

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© Cheng Huanfa

Il s’agit du nouvel opus Fisheye Photo Review 2020-21, reprenant une sélection de photographies publiées sur le site fisheyemagazine.fr.

C’est une plongée, immersive, dans l’esprit Fisheye, sans glose excessive, dans la force et le mystère des photographies élues – jamais transparentes ou évidentes.

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© Cheng Huanfa

Conçu comme un manuel de navigation en images dans une époque particulièrement désorientée, ce bel ouvrage bourré de propositions demande qu’on le consulte à l’instinct, dans un esprit de recherche et d’ouverture.

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© Cheng Huanfa

S’il le faut, le spectateur curieux ira consulter le site ou/et le(s) livre(s) des artistes qui le touchent ou l’intriguent, libre de s’enchanter, de maugréer, de prolonger l’aventure avec telle ou telle esthétique.

Babel de références particulièrement diverses, Fisheye Photo Review 2020-21 ne fait pas la leçon, mais expose la différence.  

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© Cheng Huanfa

On naît dans le cri, on s’embrasse en gros plan, on recharge le téléphone portable, et l’on se sent tel un iconographe dans une vaste salle remplie d’archives.

Tout commence avec le travail très sensuel de Charlotte Lapalus, sa réflexion sur le genre, les identités, l’inscription du corps dans le paysage.

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© Evan Jenkins

Dialogue ironique avec Shinji Nagabe, et son totem de bananes ficelées avec un couteau.

L’humour est une bombe, et le corps une pulsation d’atomes irradiés, comme chez l’Italien Cristiano Volk.

Emily Graham questionne les notions d’obsession et d’illusion, s’intéressant à la plus grande chasse au trésor jamais résolue au monde, depuis vingt-cinq ans : la découverte de la chouette d’or enterrée quelque part dans le paysage français.

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© Evan Jenkins

Le Hollandais Paul Cupido explore l’imaginaire îlien, Lucie Hodiesne Darras sa relation exceptionnelle avec son frère autiste,  Rosanne Lefeuvre construit ses images comme on invente des caresses inouïes, Maximilian Virgili se promène un peu partout sur la planète, le Guatémaltèque Juan Brenner interroge les conséquences de la colonisation dans son pays, le Chinois Alex Huanfa Cheng photographie sa compagne et la beauté d’une relation complice.

Ça tranche chez la Grecque Mari Masouridou, ça explore la douce folie humaine chez Gaël Bonnefon, ça rigole à fond chez Jasper Declercq et Noortje Palmers, ça surréalise chez Signe Emma, ça travaille aux marges de l’invisible chez l’Espagnole Ana Nunez Rodriguez, ça futurise chez le Canadien Alex Lysakowski, ça explose de couleurs et de rage chez l’Américain Evan Jenkins, ça se contorsionne et fusionne chez l’Ukrainienne Marta Syrko.

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© Fisheye Photo Review 2020-2021

Christine Delory-Momberger interroge la structure même de l’image, sa dimension de persistance malgré tout, alors que Gregory Dargent évoque la contamination du Sahara algérien par les essais nucléaires françaises, créant des images elles-mêmes visuellement contaminées.

Les photographies défilent à la façon d’un diaporama géant, on y est bien, on y perd les yeux, on se laisse dériver.

Pensé comme un flux visuel, Fisheye Photo Review arrête un peu le temps dans le mouvement même du défilement ininterrompu des œuvres choisies.

On ne se baigne jamais deux fois dans la même image, vous pouvez tout reprendre, à l’envers, de travers, et « à l’improvisade » comme disait Cyrano.

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Fisheye Photo Review 2020.21, textes de Benoît Baume et Anaïs Viand, bilingue français/anglais, 2020, 416 pages – livre publié avec le soutien financier de BMW Group

Site Fisheye

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© Cheng Huanfa

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