Mon Oncle, chantier interdit au public, par Corentin Fohlen, photographe

Mon Oncle est un primate primitif...
Mon Oncle est un primate primitif… © Corentin Fohlen/ Divergence

Mon Oncle (… est un génie) n’est pas mon oncle, mais un dieu lare.

Mon Oncle (… est un génie) n’est pas mon oncle, mais un démon, un grotesque, un bouffon.

Mon Oncle (… est un génie) est l’oncle de Corentin Fohlen, adepte du carnaval cubain et des grandes extravagances.

MON ONCLE (...est un genie)
 Mon oncle est un élan vital… © Corentin Fohlen/ Divergence

C’est le portrait d’un anticonformiste, d’un dément, d’un être suprêmement doué de raison.

Mon Oncle est un film de Jacques Tati sur l’aliénation moderne, mais c’est aussi un livre vitaliste, qui rue dans les brancards, éructe, se roule par terre, grogne, gratte, gémit, rit, ripaille.

Corentin Fohlen cadre son parrain, mais il est incadrable, sort par la fenêtre quand vous fermez la porte, vous frappe sur l’épaule quand vous le croyez loin devant vous.

MON ONCLE (...est un genie)
 Mon oncle a tout compris à l’Art… © Corentin Fohlen/ Divergence

Mon Oncle ne vous laissera pas dormir en paix, le repos éternel, ce n’est pas pour maintenant.

Mon Oncle est nietzschéen, dionysiaque, orgiaque.

Dans la production calibrée des livres de photographie chichiteux, Mon Oncle est un principe d’anarchie, un cri de rage, une boule d’énergie.

Pas de cinéma, ou alors tout le temps, et en grand, façon volcan indonésien.

MON ONCLE (...est un genie)
Mon oncle est un polymamoureux contrarié… © Corentin Fohlen/ Divergence

C’est l’anti-Vidocq, la terreur des familles, un dément bon pour Sainte-Anne.

Le visage collé à la porte-fenêtre, c’est un papillon monstrueux, un danseur de butô d’un style nouveau, écoutant en boucle Joe Zawinul ou Psycho killer de Talking Heads.

Il ne respecte rien, ou tout, allez savoir.  

MON ONCLE (...est un genie)
Mon oncle est un fusionnel… © Corentin Fohlen/ Divergence

« Au-delà de raconter l’amour et l’admiration que je porte à cet homme hors du commun – l’original de la famille -, confie Corentin Fohlen, il s’agit ici de narrer les aventures d’un véritable démiurge fascinant. Parce que j’ai toujours vu ce parrain – qui petit me terrifiait par sa carrure et sa grande gueule de brute mal dégrossie – un être fantastique. »

Ode à la liberté, Mon Oncle invite chacun à se débarrasser des conventions pour découvrir la vérité enfouie en lui, à se démasquer, à faire marrer les mamies comme les pucelles en se foutant à poil dans les champs en dansant comme un forcené ou un sale gros cochon dans la boue.

Accompagné de légendes drolatiques, ironiques, décalées, Mon Oncle fait le potrait d’un artiste de l’amour brut, un phénomène, « une civilisation à lui tout seul ».

Star des soirées underground parisiennes, se pavanant en robe jaune fluo dans les défilés des (Gilbert et) Gilets jaunes, il est aussi « chasseur-cueilleur », « darwiniste surréaliste », « mère poule », chaman incontrôlable.

Bref, il faut le voir pour le croire.

mononcle-corentin-fohlen

Corentin Fohlen, Mon Oncle (… est un génie), texte de Julien Blanc-Gras, direction éditoriale Elisa Hebert, Photopaper, 2020

Corentin Fohlen – site

Photopaper

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