L’amant arabe, par Patrick Autréaux, écrivain

La femme à barbe, 1631, José de Ribera « Parce qu’il m’apportait quelque chose d’unique, qui ne fut pas l’amour et n’aura pas été seulement le sexe mais une avancée presque chaque fois renouvelée vers une limite imprévue, l’impatience de sa venue, surtout quand il ne venait pas, si elle passait forcément par les étapes…

Esprit de Magritte, es-tu là ? par Rémi Noël, photographe éditeur

Passionné d’images, notamment vernaculaires, le photographe Rémi Noël a créé Poetry Wanted, maison d’édition comprenant deux collections très réussies, « Qui a vu ? », ensemble de livres cartonnés destinés aux enfants à la façon d’un « cherche et trouve » photographique, et « This is not a map », cartes routières sans plan composées uniquement de photographies prises par des photographes…

Prendre l’air, la peinture de Corot à Monet, par Marina Ferretti Bocquillon, historienne de l’art

Thomas Jones (1742-1803) « L’histoire du premier commencement est pour nous en retrait parce que la force d’éclairement de la méditation ne peut être à la hauteur des relations simples de la tonalité fondamentale du questionnement, l’étonnement, et n’est pas non plus capable d’endurer cette tonalité. » (Méditation, Martin Heidegger, traduit par Alain Boutot, Gallimard, 2019) Plein…

Regarder Méduse, par Gérard Macé, écrivain

Chez les écrivains de vérité, la clarté de la phrase s’accorde avec la puissance de vision. Justesse du rythme, justesse du ton, justesse du lexique. Ainsi Gérard Macé écrivant d’après Théodore Géricault, Scène de naufrage, premier titre donné au tableau d’abord déconsidéré Le Radeau de la Méduse. Peinte en 1819, cette œuvre s’assombrissant avec le…

Au bord des précipices, la peinture, par Stéphane Lambert, écrivain

« Que vaudrait sans ça le monde si on le laissait entre les seules mains de la dévastation, si l’essence poétique qui nous y attache envers et contre tout ne l’ouvrait pas à des entendements insoupçonnés qui nous font voir dans la noirceur d’autres nuances que pure noirceur ? » (Stéphane Lambert) Si, pour Alain Jouffroy, le monde…

Matières de Grèce et des images, par Jean-Christophe Bailly, philosophe

Waldemar Deonna « L’oubli fait partie du souvenir et le conserve comme une couche protectrice qui saute dès qu’on revient sur place. Sans cette couche protectrice les souvenirs se toucheraient et ce serait comme devenir fou. » Quel plaisir que de voyager en Grèce avec Jean-Christophe Bailly, dont les carnets et autres textes hellènes paraissent chez Arléa,…

Les cris des torturés, par Najah Albukai, dessinateur syrien

© Najah Albukai  « Une seule œuvre de Najah Albukai suffirait à ouvrir un procès pour condamner les criminels. Il faudrait en ce sens donner des cours aux tyrans. Première leçon : ne laissez jamais sortir de vos prisons les peintres vivants. Ecrasez-les sans attendre. » (Wajdi Mouawad) La publication an août 2018 dans le quotidien Libération de…

L’électricité mentale de la poésie, par Claude Minière et André Velter, poètes

« l’événement à venir / l’air et le monde non cherchés. La vie. » (Claude Minière) J’aime beaucoup l’exergue de Refaire le monde, dernier recueil de poésies de Claude Minière, auteur notamment de Encore cent ans pour Melville (Gallimard, « L’Infini », 2018) et Un coup de dés (Tinbad, 2019), présentés dans L’Intervalle : « La chose paraîtra probablement comique. L’expérience…

Flaubert en ses lieux, par Stéphanie Dord-Crouslé, chercheuse

« […] j’ai au fond de l’âme le brouillard du Nord que j’ai respiré à ma naissance. Je porte en moi la mélancolie des races barbares, avec ses instincts de migrations et ses dégoûts innés de la vie qui leur faisait quitter leur pays comme pour se quitter eux-mêmes. » (Flaubert, lettre à Louise Colet, 13 août…

La panique, le silence, l’amour, par Gérard Berréby, poète

« tel un éclair / le mot se fracasse / contre le mur du doute » Le silence des mots, du poète, plasticien et éditeur Gérard Berréby, est un titre mallarméen pour un livre écrit au cœur de l’angoisse, de la menace, de la mort, et de l’ouverture par le corps, le visage, l’amour. Après Stations des…

Ouvrir le crâne, par Thibault Tourmente, artiste visuel

© Thibault Tourmente Que voit votre cerveau que vous ne voyez pas ? Avec quelles données vous permet-il de vous repérer dans l’espace et le temps ? Comment construit-il des continuités ? Comment se fait-il que nous ne chancelions pas à chaque instant ? Le dernier fanzine de Thibault Tourmente, Aliments pour la mémoire, interroge des formes, des statues…