La cicatrice intérieure, par Hannamari Shakya, photographe

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©Hannamari Shakya and Journal

« My father used to call me a sparrow. But he says he doesn’t recall saying that. To me, his words felt like they were carved in marble. »

Comment dire la blessure, la cicatrice intérieure, la déchirure intime ?

Comment reconnaître que notre souffrance est aussi celle, très enfouie, de nos parents ?

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©Hannamari Shakya and Journal

Les traumatismes apparaissent rarement seuls.

L’art, la photographie, n’ont-ils pas ce pouvoir d’être les témoins de l’invisible ?

Avec He Called Me a Sparrow, publié à Stockholm par les éditions Journal, l’auteure finlandaise Hannamari Shakya tente d’aborder le continent particulièrement mouvant des traumas intergénérationnels.

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©Hannamari Shakya and Journal

Son livre, dessiné avec beaucoup de soin (pages à rabat, qualité du papier et de l’impression, poétique des blancs alternant avec celle des pleines pages), propose une lecture menant vers la sérénité, ou tout au moins l’apaisement.

Ce sont d’abord des ruines, des destructions, des arasements.

Où sommes-nous ? Ce pourrait être Berlin en 1945.

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©Hannamari Shakya and Journal

Un immeuble s’effondre sur plusieurs pages, on essaie de bâtir du neuf, mais on n’efface vraiment rien.

La mémoire est un tas de cailloux rempli d’autres mémoires formant des tas de sable.

Il faut des années, mais une vie ne suffit pas toujours, pour approcher ne serait-ce qu’un peu ce qui nous traverse, nous agit, nous détermine.

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©Hannamari Shakya and Journal

Il faut de la chance, des rencontres, des chutes, des crises, des amours.

He Called Me a sparrow est un livre de réconciliation intrafamiliale, une œuvre d’acceptation, une forme de pardon.

Notre identité est faite de bris, qu’il faut tenter de regarder comme tels sans trop les remuer.

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©Hannamari Shakya and Journal

Les paroles entendues durant notre enfance sont destinales, mais aussi ambivalentes, destinales dans l’ambivalence.

Des méandres de rivières, des sentes tortueuses, des éclaircies.

En regardant une nouvelle fois l’album de famille, Hannamari Shakya tente de comprendre qui était vraiment son père, cet homme amoureux de son berger allemand.     

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©Hannamari Shakya and Journal

Peut-on préférer un chien à un enfant ? Est-ce si simple ? Qui était d’ailleurs vraiment le père de notre père ? Qui saura trouver les lignes de faille dans les lignes de force ?

Et la mère ? Et le temps voilant ses yeux ?

He Called Me a Sparrow se présente comme une enquête introspective, amenant à la surface de la conscience des éléments (images récentes ou anciennes, familiales ou de pure création) dont l’association ne recouvre jamais le mystère fondamental de ce qui les troue.  

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©Hannamari Shakya and Journal

La table est mise, une petite fille est née, la vie est un cadeau empoisonné, mais un cadeau.

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Hannamari Shakya, He Called Me a Sparrow, text (english) Hannamari Shakya, graphic design SYB, editor Gösta Flemming, Journal, 2021 – 300 copies

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Journal Photobooks

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Hannamari Shakya – site

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Joan Gannij dit :

    J’aime le livre par Hanamark. Et le text par Fabien Ribery–quel complement—si poetique, si juste.

    J’aime

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